Croissance contre «décroissance», la guerre est déclarée

slate.fr, Thomas Legrand, le 8 décembre 2009

Croissance contre «décroissance», la guerre est déclarée

Le consensus autour du sommet de Copenhague dans la classe politique française est un leurre. Il existe un vrai clivage.

Depuis la signature du pacte de Nicolas Hulot, pendant la campagne de 2007 et le Grenelle de l’environnement, on a pris l’habitude d’entendre des accents écologistes dans le discours du président. C’est relativement nouveau (2007) et ça représente une virevolte idéologique assez spectaculaire, si l’on y réfléchit bien. Elle est soudaine mais personne ne peut dire (et finalement peu importe) si elle est due à l’analyse de l’évolution des rapports de force politique ou à une véritable prise de conscience de l’ampleur de la catastrophe annoncée. Un peu des deux sans doute.

Alors au fur et à mesure que se généralise l’idée de l’urgence écologique, on assiste aussi, et tout naturellement, à la naissance d’une écologie dite de droite et d’une écologie dite de gauche. La différence entre ces deux versants de l’écologie se cristallise autour de la définition de la croissance. Après avoir affirmé qu’il était écologiste et qu’il œuvrait pour le sauvetage de la planète, Nicolas Sarkozy, à l’approche des élections régionales, a dû réadapter son discours pour ne pas valider trop ouvertement les thèses des écologistes et risquer de subir la fameuse règle (qui ne se vérifie pas toujours d’ailleurs), la règle du «quand on a la choix entre l’original et la copie, on préfère toujours l’original»… donc il s’est démarqué. Ce n’est pas une démarcation que tactique, elle correspond d’abord à une différence idéologique.

Le chef de l’Etat développe l’idée d’une écologie qui ne fustige pas la croissance, qui, de ce fait, accepte et même promeut le nucléaire, présenté comme une énergie propre, non émettrice de CO2. En réaffirmant sa foi en la croissance, l’écologie dite de droite peut également se présenter comme une idéologie du progrès qui fait le pari que les avancées technologiques apporteront les solutions de remplacement à la raréfaction et au danger des énergies fossiles. Ces idées sont par exemple défendues par le philosophe Luc Ferry. C’est ce que le Président appelle la «croissance verte»... Réconcilier croissance et écologie correspond à un positionnement assez confortable. Il comporte une forme d’optimisme qui tranche avec les analyses déprimantes et catastrophistes des écologistes classiques. Il permet, en plus (et pour une fois), de mettre la droite dans le parti du mouvement, de la foi en l’avenir.

Un positionnement qui promet enfin de ne pas trop bouleverser nos modes de vie consuméristes, voilà pour l’aspect conservateur nécessaire pour rassurer l’électorat de ce côté du spectre politique. De l’autre côté, les Verts et Europe écologie se classent, eux-mêmes, à gauche. C’est assez cruel pour le PS parce que, en gros, la vision de l’écologie, telle que la développe en ce moment Nicolas Sarkozy, n’est pas éloignée de ce que peut dire un PS qui place aussi la croissance au pinacle. Mais le PS doit éviter l’affrontement idéologique avec les écologistes avec lesquelles ils comptent construire une alternance ! Ils sont donc, en quelque sorte, squeezés du débat !

Parce que de l’autre côté, les Verts et Europe écologie ont aussi un discours spécifique sur la croissance. Contrairement à la caricature que veut en faire Nicolas Sarkozy qui dénonce leur penchant pour la décroissance, les écologistes (la plupart d’entre eux en tout cas) refusent d’employer ce terme qui reprend Lire la suite

Etes-vous prêts à voter décroissant ?

terra-economica.info, Karine Le Loët, le 9 novembre 2009

Etes-vous prêts à voter décroissant ?

Habitués aux caricatures, les décroissants s’efforcent de se montrer sous un jour plus sexy. A quelques mois des élections régionales, les voilà qui donnent de la voix. Mais qui sont-ils et que veulent-ils vraiment ? Ont-ils une chance, enfin, de rassembler des voix autour de leur projet ? Zoom sur un mouvement politique qui se cherche encore.

La force du capitalisme c’est de s’être rendu désirable grâce à la publicité et à des mensonges. Il a donné l’illusion que l’accumulation des biens apportait le bonheur. La décroissance aura gagné quand elle sera devenue désirable”, martèle Vincent Liegey. Avec Rocca Simon, il est porte-parole de l’association des objecteurs de croissance. Dans l’ombre d’un café parisien, devant un thé à la menthe, ces deux-là rembobinent l’histoire de leur mouvement. “Les gens pensaient qu’on ne se lavait pas, qu’on n’utilisait pas de coupe-ongles, qu’on communiquait par pigeons voyageurs ou signaux de fumée”, énumèrent les deux compères. De grossières caricatures qui, pendant des années, ont “savonné la planche” sous leur pied.

Mais depuis leur image a changé. Grâce à la crise et à l’effondrement des valeurs capitalistes notamment. “Les gens ont pris conscience de l’impasse dans laquelle on se trouve. Aujourd’hui, les médias et les partis politiques nous écoutent. Ils nous disent qu’ils ont besoin de nos idées”, souligne Vincent Liegey. Du coup, ils ont dépoussiéré leurs slogans. Loin de l’image austère et castratrice des premiers jours, les voilà marchands de bonheur et distributeurs d’optimisme. “Il faut une décroissance sereine, conviviale, souligne Rocca Simon. Aujourd’hui avec la récession, les gens sont malheureux, frustrés de ne pas pouvoir s’acheter une nouvelle télé. Il faut leur montrer qu’on peut adhérer à un autre modèle de société. Décoloniser son imaginaire.”

Occuper le terrain politique

Et pour ça, les décroissants ont des idées plein la caboche. D’abord réduire le temps de travail, donc la production et la consommation, fixer un revenu maximum ou instituer la gratuité du bon usage. “Est-ce que c’est vraiment normal que l’eau ait le même prix quand elle est utilisée pour boire ou pour remplir une piscine ?”, s’interroge Vincent Liegey qui prône l’idée d’une eau essentielle gratuite à la consommation et d’une eau superficielle payable par un travail à la communauté.

Des idées certes mais peu nouvelles, avance Yves Frémion, député européen Vert. « Nous déjà, en mai 68, on avait un discours contre la consommation, un de frugalité. On roulait dans de vieille 2CVs et on se faisait traiter de petits bourgeois ». Bien sûr, la décroissance ne date pas d’hier. Né dans les années 70, après la publication d’un texte de Nicholas Georgescu – Roegen (1), mathématicien et économiste roumain, le courant a ressuscité dans les années 2000, autour de quelques intellectuels comme Paul Ariès ou Serge Latouche.

La nouveauté se trouve plutôt du côté de la politisation du mouvement. Celle-là date de 2006 quand Vincent Cheynet, le leader des Casseurs de pub, lance le parti pour la Décroissance (PPLD). Celui-là vacille assez vite. Problème de “fonds, de personnes aussi”, confie Vincent Liegey. Un an plus tard, c’est Lire la suite

La décroissance, une idée qui chemine sous la récession

bloguez.com, Eric Dupin, le 5 septembre 2009

La décroissance, une idée qui chemine sous la récession

Avec la crise écologique s’impose peu à peu la nécessité de définir le progrès humain autrement que par le productivisme et la confiance aveugle dans l’avancée des sciences et des techniques. En France, les penseurs et militants de la décroissance, qui prônent un mode de vie plus simple et plus riche de sens, voient ainsi croître leur audience, tant auprès des partis de la gauche antilibérale que parmi le grand public. Ils représentent pourtant des sensibilités politiques et philosophiques très diverses.

Il fallait voir l’air interloqué de M. François Fillon. Ce 14 octobre 2008, M. Yves Cochet défendait les thèses de la décroissance du haut de la tribune de l’Assemblée nationale. Diagnostiquant une « crise anthropologique », le député Vert de Paris affirmait, sous les exclamations de la droite, que « la recherche de la croissance est désormais antiéconomique, antisociale et antiécologique ». Son appel à une « société de sobriété » n’avait guère de chances d’emporter l’adhésion de l’hémicycle. Toutefois, l’idée provocatrice de « décroissance » avait forcé les portes du débat public.

La récession est passée par là. Bien sûr, la décroissance « n’a rien à voir avec l’inverse arithmétique de la croissance », comme le souligne M. Cochet (1), le seul homme politique français d’envergure à défendre cette idée. La mise en examen de la croissance apparaît toutefois comme une conséquence logique de la double crise économique et écologique qui secoue la planète. Les penseurs de la décroissance sont subitement écoutés d’une oreille plus attentive. « Je suis beaucoup plus sollicité », se réjouit Serge Latouche, l’un de ses pionniers. « Les salles sont pleines dans nos débats », lui fait écho Paul Ariès, un autre intellectuel de référence de ce courant de pensée.

Le mot même de « décroissance » est de plus en plus repris, bien au-delà des cercles restreints de l’écologie radicale. « Au moment où les adeptes de la décroissance voient leur argumentaire conforté par la réalité, y a-t-il une alternative entre la décroissance subie ou non dite, comme l’est la récession actuelle, et la décroissance conduite (2) ? », s’interrogeait, pendant la campagne européenne, Nicolas Hulot, pourtant régulièrement qualifié d’« écotartuffe » par les objecteurs de croissance. Soutien d’Europe Ecologie, l’animateur avouait douter de la « croissance verte » et envisageait plutôt une « croissance sélective doublée d’une décroissance choisie ». « Seule la décroissance sauvera la planète », lâcha même le photographe Yann Arthus-Bertrand, dont le film Home, au demeurant largement financé par le groupe de luxe Pinault-Printemps-Redoute (PPR), semble avoir contribué au succès électoral printanier des écologistes (3).

Certains partisans de la décroissance sont convaincus que la crise actuelle constitue une formidable opportunité pour leur cause. « Que la crise s’aggrave ! », s’exclame Latouche, reprenant le titre d’un ouvrage du banquier repenti François Partant. « C’est une bonne nouvelle : la crise est enfin arrivée, et c’est l’occasion pour l’humanité de se ressaisir (4) », explique ce tenant de la « pédagogie des catastrophes » jadis développée par l’écrivain Denis de Rougemont.

Sans aller aussi loin, M. Cochet estime que c’est en butant sur les limites de la biosphère que l’humanité sera contrainte de devenir raisonnable. « Il n’y aura plus de croissance pour des raisons objectives. La décroissance est notre destin obligé », prévient le député écologiste, « géologue politique et profond matérialiste ». Ne reste alors qu’à espérer que la crise accélère les prises de conscience, et à « préparer la décroissance afin qu’elle soit démocratique et équitable ».

Mais ce point de vue optimiste est loin d’être partagé par tous. « Cette pédagogie des catastrophes, on n’est pas du tout là-dedans », se démarque Vincent Cheynet. Le rédacteur en chef du journal La Décroissance estime que, « si la crise offre une opportunité de s’interroger et de se remettre en cause, elle risque aussi Lire la suite

Le point de vue de Lutte Ouvrière et de l’UCI sur la décroissance.

revoltunited.canalblog.com, NC, le 16 août 2009

Le point de vue de Lutte Ouvrière et de l’UCI sur la décroissance.

Je connais assez mal l’idéologie de la décroissance, je ne peux donc que publier ce qu’en dise les camarades de LO. Pour ce que j’en sais, cela ressemble assez à l’idéologie des petits propriétaires terriens du début du XXème siècle vis à vis du capitalisme industriel naissant. Mais je vous laisse juger.

La décroissance, un point de vue parfaitement réactionnaire

Si les années quatre-vingt-dix ont vu émerger et se développer les idées de l’altermondialisme, ce courant est aujourd’hui concurrencé, chez un certain nombre de jeunes et moins jeunes plus ou moins contestataires, par un courant qui s’est baptisé : la décroissance. Refus de la croissance économique, « antiproductivisme », lutte contre la consommation, volonté de revenir à une économie locale, rejet du progrès technique, démarche de « sobriété » ou de « simplicité volontaire », sont les piliers de ce nouvel évangile.

Il est difficile de savoir si le relatif succès de ce courant sera un phénomène durable. Mais il est incontestable qu’il est, pour l’instant, à la mode. Certes, cela ne s’est pas vu lors des récentes élections européennes, où les listes Europe Décroissance n’ont recueilli que des scores insignifiants – entre 0,02 et 0,04 % suivant les circonscriptions. Mais la percée électorale des listes Europe-écologie reflète, en partie du moins, cette tendance, car nombre de partisans de la décroissance ont apporté leurs voix, au nom d’une sorte de « vote écologique utile », aux listes menées par Daniel Cohn-Bendit.

L’intérêt pour la décroissance d’une partie de la petite bourgeoisie intellectuelle, d’une frange de la jeunesse étudiante, paraît indéniable. En témoigne entre autres le relatif succès du journal La Décroissance, qui tire à quelque 50 000 exemplaires – ce qui est conséquent pour un journal politique.

Il est clair que le glissement vers la décroissance d’une partie des partisans de l’altermondialisme serait un recul, du point de vue des idées.

L’altermondialisme en effet, malgré ses limites et son caractère profondément réformiste, se situe au moins sur le terrain de la dénonciation des inégalités, et prétend vouloir mieux répartir les richesses entre les différentes régions de la planète.

La décroissance, elle, ou plutôt la nébuleuse d’organisations, de journaux et d’individus qui se réclament d’elle, se situe sur un tout autre terrain : celui des idées franchement réactionnaires. Ses partisans ne le nient d’ailleurs pas vraiment : Serge Latouche, le principal porte-parole de la décroissance en France, dénonce par exemple, dans l’introduction de son Petit traité de la décroissance sereine, « le totalitarisme développementiste et progressiste ». Le « totalitarisme progressiste » ! Il faut se pincer pour y croire. Il est peu probable que les femmes africaines qui font des dizaines de kilomètres à pied pour trouver un peu d’eau potable, ou les centaines de milliers de gens dans le tiers-monde qui meurent du sida faute de trithérapies, se réjouissent de ne pas être victimes du « totalitarisme progressiste ». On retrouve le même type de propagande anti-progrès dans un numéro de la revue décroissante Silences, qui a publié en Une un dessin montrant trois personnages monstrueux, mi-humains mi-reptiles, sous la légende : « Ils veulent détruire le monde ». Ces trois personnages étaient ainsi présentés : « La trilogie maléfique : croissance, consommation, progrès. »

Le décor est planté. Le courant décroissant affiche clairement non seulement son refus Lire la suite

Paul Aries sur France-Inter – La décroissance : nouvelle mode ou phénomène durable

France-Inter, Isabelle Giordano, Service public, le 3 juin 2009

La décroissance : nouvelle mode ou phénomène durable

Paul Ariès, politologue, auteur de « Apprendre à faire le vide » (éditions Milan) et directeur du Sarkophage, nouveau journal des gauches antiproductivistes (en kiosque depuis le 14 juillet 2007)

Philippe Frémeaux, Directeur des publications d’Alternatives économiques

Eric Allodi, directeur de Integral Vision, conseils en stratégie alternative

Martine Picouet, Journaliste Le Monde pour son article sur le boom des campings à paraître dans l’édition datée du jeudi 4 juin.

Le reportage

Ils s’appellent Christian et Monique. Ils habitent un pavillon à Bondy, en Seine Saint Denis. Depuis les années 70, ils pratiquent une forme de simplicité volontaire, ou une forme de décroissance, ou attention au développement durable… bref, ils font attention, notamment aux matières premières, sans pour autant se revendiquer d’un mouvement particulier, et encore moins militant. La première action qu’ils ont menée, c’est quand ils ont agrandi leur maison, c’est de faire une isolation parfaite. Résultat : ils ont divisé par deux leur consommation de fuel. (et ont la même chaudière depuis les années 70). Je suis donc allé chez eux, voir comment simplement, on peut faire un geste. Thomas Chauvineau Ré-écouter l’émission Lire la suite

Paul Ariès : « Rendre la décroissance désirable »

environnement.blogs.liberation.fr, Laure Noualhat, le 4 mai 2009

Paul Ariès: « Rendre la décroissance désirable. »

Voici une interview de Paul Ariès, politologue et écrivain, directeur de la publication Le Sarkophage. Elle est parue samedi 2 mai dans le journal, à l’occasion du Contre-Grenelle de l’environnement, organisé à Lyon.

Comment un partisan de la décroissance traverse-t-il la période actuelle, frappée par une crise financière, économique et sociale ?

D’un côté, cette crise repousse toujours plus loin le sentiment d’urgence écologique… L’heure est à défendre le pouvoir d’achat et les emplois. On repousse à demain l’idée qu’il faille non pas seulement mieux partager les richesses, mais aussi changer la recette du gâteau car ce gâteau est totalement indigeste socialement et écologiquement. La meilleure preuve en est la relance de l’industrie automobile. On sait que la voiture est condamnée écologiquement mais on continue à la favoriser. Cette crise risque aussi de renforcer le sentiment d’impuissance : chacun sait bien que le ciel risque de nous tomber sur la tête mais on ne sait pas quoi faire. D’un autre côté, la crise actuelle montre que nous avons vécu sur des mensonges depuis des décennies. Non, il n’est pas possible d’avoir une croissance infinie dans un monde fini. Non, on ne peut pas toujours accélérer sans que cette vitesse ne finisse par être insupportable. Non, l’avenir n’est pas au village planétaire mais à une Europe où chaque pays aurait ses propres moyens de vivre. Les gens ne croient plus en des lendemains radieux pour leurs enfants et leurs petits-enfants.

Les jeunes ont aussi ce sentiment d’être les laissés-pour-compte de cette société d’abondance. Ils parlent avec colère de leur appartenance à la génération des bac + 5 à 1 000 euros. Les idées de la décroissance sont donc beaucoup plus facilement compréhensibles. Il va falloir apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins. Il faut organiser le ralentissement de la société et sa relocalisation. Il faut retrouver individuellement et collectivement le sens des limites.

La crise apparaît-elle comme une bonne nouvelle pour les objecteurs de croissance ?

La crise n’est pas une bonne nouvelle, ni une revanche, pour la décroissance. Je n’ai cessé de combattre l’idée d’une pédagogie des catastrophes chère à l’économiste Serge Latouche. Les crises accouchent en effet plus souvent d’Hitler et de Staline que de Gandhi. Les crises nous font oublier ce que nous savons, comme le prouve la relance du nucléaire. La crise est génératrice de misères matérielles mais aussi morales. Hannah Arendt disait qu’il n’y a rien de pire qu’une société fondée sur le travail sans travail. J’ajouterai qu’il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. La crise est donc porteuse à la fois du pire et du meilleur.

A quoi ressemblerait ce meilleur ?

La crise peut être l’occasion de démentir tous ceux qui rêvent d’une société d’abondance. Elle peut être l’occasion Lire la suite