Changer de modèle de développement économique

projetdeterritoire.com, Bertrand Mary, le 28 janvier 2009

Changer de modèle de développement économique

Les 5èmes Assises du Développement Durable, organisées par la Région Rhône-Alpes, en partenariat avec l’ARF, la Ville et la Communauté urbaine de Lyon se sont déroulées du 19 au 21 janvier.

Intitulé “Trouvons la richesse : qu’est-ce qui compte vraiment pour vous ?”, le thème des Assises était placé cette année sous le signe de la crise de la croissance et de “la fin de partie pour le modèle productiviste”, selon les termes de Didier Jouve, vice-président à l’aménagement, à l’animation des territoires et au développement durable du conseil régional Rhône-Alpes.

Rencontres-débat autour d’enjeux majeurs

Représentants de collectivités, d’entreprises et d’associations, syndicalistes, chercheurs et consultants, mais aussi simples citoyens, ont participé à des dizaines de tables-rondes, débats et ateliers. En mettant au coeur des travaux la thème de “la richesse”, ces journées ont permis de traiter sous des angles multiples la question – trop rarement abordée dans les territoires – d’une meilleure prise en compte de la dimension économique du développement durable.

Plusieurs sujets majeurs, fondateurs d’une approche renouvelée de l’économie ont été abordés : la définition des valeurs données aux biens, le choix de la bonne échelle pour articuler l’économie, l’homme et son territoire ou encore un mode de partage des savoirs favorable à une économie plus démocratique … Les échanges et témoignages ont permis d’apporter un éclairage sur des avancées – certes progressives, mais parfois très concrètes – vers une économie plus respectueuse des ressources et du facteur humain, conduites souvent avec des entreprises : dans le domaine du management environnemental, de l’”éco-conception”, de l’économie de fonctionnalité (remplaçant la vente d’un bien par la vente de son usage) , de l’implication des salariés dans des démarches de “responsabilité sociétale” des entreprises, etc.

Synthèse des propositions

Parallèlement aux rencontres-débat, les participants étaient invités à contribuer à l’élaboration de propositions. Les travaux issus de cet exercice de construction collective ont été présentés au cours d’une séance finale de restitution, devant près de 500 personnes.

Pour le thème “Changer de cap”, l’accent a été mis sur la notion de “sphère publique”, permettant de maintenir des services tels que l’eau, la santé, les transports ou le logement social sous le contrôle de l’autorité publique, afin de les soustraire à la seule loi du marché. Le territoire fut par ailleurs évoqué comme le cadre d’organisation de l’offre de l’ensemble de ces services, mais aussi des activités économiques elles-mêmes – dans une démarche de “relocalisation de l’économie”…

Pour le thème “Changer de repères”, il a été proposé de faire évoluer les indicateurs économiques de référence ; en élargissant la mesure de la création des richesses mesurées par le PIB et sa croissance à celle de l’”évolution du niveau de bien-être”. D’autres repères ont été mis en avant pour appuyer la transformation du modèle de développement dans un sens plus durable : Lire la suite

Aquitaine et agrocarburants : carence des études existantes

Sud-Ouest, le 10 septembre 2008, Jacques Ripoche

AGROCARBURANTS. Présentée aujourd’hui à Paris, une étude financée par la Région Aquitaine pointe les carences des études existantes et propose une autre approche

Les insuffisances des études

Existe-t-il une vérité en matière d’agrocarburants ? À l’évidence, non. Une analyse réalisée par le laboratoire Armines (1) pointe les insuffisances des études conduites jusqu’à présent et met en perspective toute la complexité du dossier.

Dirigée par Dominique Dron, chercheur au Centre énergétique des mines de Paris, cette « Analyse critique des études existantes sur la production et l’utilisation des carburants végétaux » révèle leur caractère « partiel ». Selon les rapporteurs, la majorité des études qu’ils ont analysées ne cherchaient qu’à « mesurer les impacts sur l’indépendance énergétique et l’effet de serre ». Sans prendre en compte les éléments tout aussi déterminants que sont « la consommation d’eau et l’usage des sols ».

Blé et betterave. Pour mener à bien leur travail, les chercheurs ont revisité les études existantes à l’aune de « l’analyse de cycle de vie », un outil méthodologique qui permet d’évaluer l’empreinte écologique d’un objet ou d’un procédé. « Du berceau jusqu’au tombeau », résume de façon imagée Assaad Zoughaib, l’un des participants.

Le concept repose sur la qualité des données d’entrée, la précision des frontières de l’étude, la méthode d’affectation des impacts entre différents produits et coproduits, les impacts mesurés et quantifiés. Les auteurs du rapport se montrent critiques sur la qualité des données des différentes études considérées qui pécheraient globalement par « négligence des effets de stockage ou de déstockage de carbone du sol » L’approche « cycle de vie » les a ainsi conduits a réviser certains résultats. Lire la suite