Jacques Masurel – Climat : « Un risque de perte de contrôle du réchauffement »

rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le  3 septembre 2009 

Climat : « Un risque de perte de contrôle du réchauffement »

L’embardée médiatique a démarré. A trois mois du sommet sur le climat de Copenhague, le WWF publie un rapport totalement alarmiste où il est écrit qu’« un quart de la population mondiale est menacée par les eaux ». Est-ce aussi grave et aussi imminent que l’ONG le présente ? Décryptage avec Jacques Masurel, président de Sauvons Le Climat, association indépendante regroupant parmi les plus grands experts.

Rue89 : Que sait-on des effets en chaîne du réchauffement de l’Arctique que le WWF (World Wild Fund for nature) décrit comme deux fois plus rapide que celui du reste de la terre ?

L’Arctique est un lieu privilégié d’observation du réchauffement de la planète car ce qui se joue aux pôles permet de vérifier le bien fondé des alertes lancées par la communauté scientifique, qui constate en effet avec effroi que le phénomène est plus rapide que ce qu’elle avait prévu notamment dans le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) de 2007.

Mais ce qui inquiète le plus les scientifiques c’est le risque de perte de contrôle du réchauffement climatique rendant vains tous les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être accomplis.

Si la température de la planète se réchauffait de 5 degrés, scénario envisagé en 2100 (si l’on ne réduit pas drastiquement nos consommations de carburants fossiles), alors surviendraient des rétroactions, c’est-à-dire que des effets amplificateurs s’accéléreront ou s’enclencheront, pour transformer la planète en poêle à frire. Citons quelques uns de ces effets :

– la diminution du pouvoir réfléchissant des pôles (autrement appelé l’effet d’albédo) ;

– la disparition définitive des forêts ;

– le dégazage du permafrost (également appelé pergélisol, un sol gelé en permanence) qui va libérer des quantités considérables de méthane, un gaz à effet de serre 24 fois plus puissant que le CO2 ;

– le réchauffement des océans qui alors cesseront d’absorber, comme ils le font aujourd’hui, près de la moitié du CO2 que nous émettons…

Est-il vrai que le niveau des océans aura monté de plus d’un mètre en 2100 et provoquera l’inondation d’une partie de la planète ?

Pour le moment la montée des océans résulte d’abord de la dilatation des eaux suite à l’élévation constatée de leur température. Pour l’instant, le niveau moyen global mesuré est de l’ordre de trois milimètres par an sur la dernière décennie.

Le phénomène touche plus gravement les pays constitués de plaines maritimes, comme Lire la suite

Nous fonçons vers l’abîme : La fonte des glaces pourrait menacer un quart de la population mondiale

lemonde.fr, Propos recueillis par Hugo Lattard, le  3 septembre 2009

« La fonte des glaces pourrait menacer un quart de la population mondiale »

« Nous fonçons vers l’abîme »

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est alarmé jeudi 3 septembre à Genève de l’accélération du réchauffement climatique. « Nous avons le pied collé sur l’accélérateur et nous fonçons vers l’abîme« , a lancé M. Ban devant la 3e Conférence de l’ONU sur le climat, réunie à Genève depuis le début de la semaine. Le secrétaire général des Nations Unies, qui revient de l’Arctique où il a constaté les ravages du changement climatique, a averti que « ce qui se produit maintenant » devait arriver bien plus tard, selon les prédictions des scientifiques. « Les scientifiques ont été accusés pendant des années d’être des alarmistes. Mais les vrais alarmistes, ce sont ceux qui disent que l’on ne peut engager une action pour le climat car cela ralentirait la croissance économique« , a-t-il déclaré.

Alors que se tient, jusqu’au 4 septembre, à Genève, la Conférence mondiale sur le climat, le WWF a publié, mercredi 2 septembre, une étude sur les conséquences du réchauffement de l’Arctique.

Elise Buckle, coordinatrice du programme énergie climat du WWF

L’étude conduite par le WWF s’est penchée sur le rôle de l’Arctique en matière de changement climatique. En quoi l’Arctique est-il déterminant pour le climat ?

L’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la Terre. C’est quelque chose qui est observé aujourd’hui et à propos duquel on n’a pas forcément tous les éléments d’explication. On sait néanmoins que du fait de l’inclinaison de la Terre, c’est une zone particulièrement exposée au Soleil, surtout pendant la période d’été. Elle se réchauffe plus vite parce que, jusqu’à présent, les glaces avaient un rôle de miroir et réfléchissaient les rayons solaires. Or maintenant que la glace se réduit comme peau de chagrin au profit de l’océan Arctique, ce dernier, de par sa couleur plus sombre, n’a plus ce rôle de réflexion des rayons solaires. De plus, la raréfaction des glaces, du permafrost et des glaces sous-marines provoque un rejet accéléré du méthane et du gaz carbonique qu’ils contiennent. Cela joue aussi comme un accélérateur du changement climatique.

Enfin, l’océan Arctique a lui aussi un rôle de régulateur climatique, qui est remis en cause dès lors que la fonte des glaces modifie sa salinisation, parce qu’il contient de plus en plus d’eau douce. Cela perturbe complètement le fonctionnement des écosystèmes et les grands courants marins, comme le Gulf Stream, qui permet notamment d’adoucir le climat en Europe. Si le Gulf Stream ralentit de 25 à 30 %, comme cela se profile, les hivers pourraient devenir beaucoup plus froids en Europe.

Les données scientifiques que le WWF a collectées indiquent qu’une hausse des océans de plus d’un mètre est à craindre. Quelles en seraient les conséquences ?

Sous une hypothèse de hausse des températures de quatre degrés d’ici à la fin du siècle, les océans pourraient monter de plus d’un mètre et menacer jusqu’à un quart de la population mondiale. Une hausse des températures de quatre degrés est le pire des scénarios envisagé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) en 2007. Tout montre que c’est ce scénario qui se profile si rien n’est fait. Lire la suite

Le réchauffement climatique dépassera le seuil des 2°C

actualites-news-environnement.com, Sandra Besson, le 8 avril 2009

Le réchauffement climatique dépassera le seuil des 2°C selon des scientifiques du GIEC

D’après certains scientifiques du Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC), le réchauffement climatique sera plus rapide que prévu et pourrait dépasser le seuil 2°C, considéré comme un seuil dangereux par l’Union Européenne notamment.

Le réchauffement climatique est susceptible de dépasser une augmentation de 2°C, qui est considérée par l’Union Européenne et de nombreuses autres nations en développement comme un seuil « dangereux », d’après ce qu’un sondage réalisé par Reuters auprès de plusieurs scientifiques a montré mardi.

Parmi un groupe de onze experts, qui faisaient partie des auteurs du rapport final publié par le Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC) en 2007, ont également déclaré que les preuves montrant que le genre humain était à l’origine du changement climatique étaient de plus en plus nombreuses ces deux dernières années.

En donnant leur interprétation personnelle de recherches récentes, la plupart ont prévu en moyenne une fonte plus rapide de la glace en Arctique et une augmentation accélérée du niveau de la mer par rapport à ce que prévoit le rapport de 2007, qui est le fruit du travail de 2500 experts du GIEC.

 « Un grand nombre des impacts que nous voyons actuellement vont bien au-delà de ce à quoi nous nous attendions » a déclaré William Hare de l’Institut Postdam pour la Recherche sur l’impact climatique.

Dix des onze experts interrogés ont indiqué qu’il était « improbable » -c’est-à-dire avec moins d’une chance sur trois- que le monde arrive à limiter le réchauffement climatique à 2°C (par rapport aux niveaux préindustriels).

 « Scientifiquement, c’est possible. Mais c’est improbable étant donné le niveau de volonté politique actuel » a déclaré Salemeel Huq de l’Institut International pour l’Environnement et le Développement à Londres.

De son côté David Karoly, de l’Université de Melbourne, a déclaré qu’il était « très improbable » que le monde atteigne cet objectif.

 « La concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est déjà assez importante pour provoquer un réchauffement de plus de 2°C au niveau des niveaux préindustriels et nous continuons à émettre toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère » a-t-il déclaré.

Les responsables de 175 nations sont réunies à Bonn en Allemagne, pour onze jours de négociations qui s’achèveront le 8 avril, et qui concernent un nouveau traité climatique des Nations Unies qui devrait être conclu en décembre à Copenhague.

L’Union Européenne, de nombreuses nations en développement et les groupes de défense de l’environnement, affirment qu’une augmentation de 2°C au dessus des niveaux préindustriels est le maximum que le monde puisse se permettre s’il veut éviter les pires conséquences du réchauffement climatique, dont une augmentation du niveau des mers, des inondations, des sécheresses ou encore des canicules.

Les températures ont déjà augmenté de 0,7°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Une alliance de 43 petites îles-états, qui craignent d’être rayées de la carte par l’augmentation du niveau de la mer, demande que les températures soient limitées à une augmentation de 1,5°C. Elles affirment que les nations riches pourraient réduire considérablement leurs émissions de gaz à effet de serre, qui proviennent principalement de la combustion des carburants fossiles.

Le GIEC a déclaré en 2007 Lire la suite

Climat : Le feu à la banquise

La dépêche, O.A., le 13 Septembre 2008

Climat. Le feu à la banquise

Les glaces de l’Arctique fondent plus vite que prévu. Pour la première fois, le pôle Nord n’est plus relié à la terre ferme.

On se réjouit souvent des premières fois. Premier baiser, première voiture, première fois sur la lune…

Mais il en est certaines qui sont inquiétantes, comme celle de ce début septembre : le pôle Nord est pour la première fois en eau libre. On peut désormais faire le tour complet de cette calotte en bateau.

Jusqu’à présent, la couche de glace de la banquise n’avait jamais cédé simultanément le long des côtes sibériennes et canadiennes. Le Centre national américain de la neige et de la glace (NSIDC) vient de révéler que c’était chose faite.

Selon Étienne Berthier, glaciologue au CNRS (Legos) de Toulouse, « ce phénomène est une réponse au changement climatique global, et on peut être pessimiste ». Certains experts prédisent la disparition complète de la banquise aux alentours de 2020.

« On avait depuis 20 ans une décroissance linéaire » de la banquise, témoigne le chercheur toulousain. « 2007 avait été très déficitaire (NDLR : le record absolu de fonte des glaces, 40 % de moins que la superficie moyenne des vingt dernières années) on ne s’y attendait et on pensait à un artefact. Force est de constater que 2008 confirme cette accélération. Ceci noircit le tableau pour l’avenir ».

La fonte de la banquise du pôle Nord ne joue pas de rôle direct dans la montée du niveau des océans (l’eau occupe la même place que lorsqu’elle était glace). En revanche, elle intervient dans le réchauffement climatique. « Il renvoie l’énergie solaire, alors que l’eau la garde. Donc en remplaçant la banquise par des mers, on amplifie le réchauffement général ».

Pour Étienne Berthier, la disparition des glaces au pôle Nord « doit être prise comme un signal d’alarme. Lire la suite

OUVRAGE « Climat Code Rouge »

Contre Info  le 13 février 2008

Climat Code Rouge, co-signé par les écologistes australiens David Spratt et Philip Sutton et publié par les Amis de la Terre, lance un cri d’alarme. Le changement climatique a d’ores et déjà franchi un seuil dangereux. La disparition accélérée des glaces arctiques et la fragilisation des glaciers du Groenland qui se déroulent sous nos yeux, des dizaines d’années avant la date prévue par les projections du GIECC, prouvent que les concentrations actuelles de carbone dans l’atmosphère sont déjà suffisantes pour provoquer des chocs systémiques dans les équilibres climatiques. Les politiques actuelles de lutte contre le réchauffement ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Pire encore, les objectifs des maxima de température et de CO2 qu’elles considèrent comme acceptables sont en fait à des niveaux qui peuvent nous conduire à des catastrophes et enclencher des processus irréversibles et incontrôlables.

Nous proposons ci-dessous une sélection d’extraits de ce document d’une centaine de pages, qui reprend largement les thèses développées par James Hansen Lire la suite