Vélorution à Bordeaux : le retour. Rencontre le 5 février

velorution.org/bordeaux, le 3 février 2009

Après les grandes heures de la vélorution bordelaise, où des centaines de cyclistes envahissaient la chaussée pour faire reculer la société du tout-automobile, le mouvement a quelques difficultés à retrouver une dynamique. On pourrait espérer que c’est parce que la vélorution n’a plus lieu d’être, et que la situation s’est arrangée dans nos villes et dans nos vies…

Il n’en est rien, et les questions d’énergies, de pollution, de réchauffement climatique, d’aménagement du territoire deviennent un peu plus préoccupantes chaque jour, sans que la place de la voiture ne soit remise en cause.

C’est pour cela qu’il nous semble pertinent et nécessaire de continuer cette lutte !

Rassembler les vélos, rollers, fauteuils, trottinettes, pieds… pour rendre visible la place habituelle et omniprésente de la voiture, et profiter de ces moments pour se réapproprier la rue et l’espace public dans un cadre festif. Mais pour que cette action ait un sens, il faut être nombreux-ses à lui en donner un.

Nous proposons donc une rencontre jeudi 5 février Lire la suite

L’étalement urbain est-il inévitable ?

eco-life.fr, Cris Beauchemin propos recueillis par Diana Semaska, le 2 février 2009

Chercheur à l’Institut national d’études démographiques (Ined)

« L’espérance de vie va atteindre une limite »

En 2005, les démographes de l’ONU annoncèrent une population de 9 milliards d’êtres humains pour 2050, dans leur rapport intitulé « Projections démographiques mondiales (1950-2050) ». Un modèle de calcul prospectif parmi d’autres, mais qui reste toujours d’actualité.

(ECOlife) Comment peut-on évaluer la population humaine sur Terre ?

(Cris Beauchemin) Un chiffre comme 9 milliards d’humains est le résultat d’un modèle. Pour se projeter dans l’avenir, on doit en effet faire des conjectures sur l’évolution de la mortalité et de la natalité. Autrement dit, on fait des paris sur les évolutions à venir, ce qui nous permettra de faire une projection de la population sur plusieurs années.

Selon le contexte dans chaque pays, on imagine dans quel sens et à quel point la mortalité et la natalité – ou la fécondité – vont évoluer. Comme personne ne peut prédire l’avenir précisément, on fait plusieurs hypothèses. En général, c’est l’hypothèse moyenne qui est retenue… En fait, les démographes tiennent compte de la lancée sur laquelle se trouvent les populations actuelles.

Mais c’est un exercice difficile et sans garantie de résultats. Des chiffres à prendre avec précaution, donc !

Vivra-t-on toujours de plus en plus vieux, comme ce fut la tendance jusqu’à présent dans les pays développés ?

Oui et non. Oui, parce que même dans les pays où l’espérance de vie est déjà très élevée, comme en France, elle tend encore à reculer. L’espérance de vie a presque doublé au cours du XXème siècle. En 2004, elle dépassait 80 ans. Sauf quelques exceptions dramatiques liées à la dégradation des conditions de vie (guerre, désastre économique…), dans tous les pays, on vit de plus en plus vieux.

Non, parce qu’il y a un moment où l’espérance de vie va atteindre sa limite, car celle-ci ne peut pas reculer indéfiniment.

Les démographes tiennent cependant toujours compte des évolutions récentes. S’il y a une épidémie de grande ampleur dans un pays où l’espérance de vie était jusqu’alors élevée, ils changeront leur modèle pour l’année en cours en incluant ce facteur.

A 9 milliards sur la planète, nous ne tiendrons pas tous dans les villes actuelles. L’étalement urbain est-il inévitable ?

Non, puisque d’une part, l’étalement urbain est une forme spécifique d’urbanisation qui consiste à consommer beaucoup d’espace pour peu de personnes. Une ville peut être conçue sans étalement urbain, c’est-à-dire en permettant à chacun d’avoir un espace vital à proximité. L’étalement urbain n’est pas une fatalité : avec un peu de volonté et des moyens, les municipalités, les régions peuvent décider de favoriser la construction de quartiers denses. Et la densité n’est pas forcément désagréable. C’est un problème d’aménagement.

D’autre part, l’urbanisation ne galope pas autant qu’on le croit. Rien ne dit que les humains vivront tous en ville. Mais il est certain que la population augmentera dans les campagnes également. Même si un rapport récent de l’ONU déclare que le monde est de plus en plus urbanisé, la vitesse de développement des villes ralentit. Nous sommes très en-deçà des projections faites il y a 20 ou 30 ans.

Ce qui signifie qu’il existe un exode urbain ? Lire la suite

La réflexion est engagée pour mieux protéger les forêts

libebordeaux.fr, 30 janvier 2009

Parmi les chercheurs la réflexion est engagée pour mieux protéger les forêts

PREVENTION – Après avoir essuyé deux tempêtes majeures en neuf ans, la forêt française réfléchit à modifier ses pratiques pour survivre. D’autant qu’en 1999, les leçons avaient été tirées, mais peu suivies. En 2000, devant l’ampleur des dégâts causés par les ouragans Lothar et Martin, l’INRA avait en effet lancé un ambitieux programme de recherches, doté d’1,5 million d’euros. Depuis, beaucoup des travaux ont été abandonnés «avec le sentiment que ça ne se reproduirait pas. Et les enseignements tirés ont été peu suivis par la profession», regrette Christophe Plomion, l’un des experts forêts de l’INRA (Institut national de recherche agronomique). Pourtant, aujourd’hui, la question se pose : ce qui était perçu comme un incident de parcours est-il en train de devenir la norme? «Les propriétaires s’inquiètent de perdre leur patrimoine tous les dix ans», constate le spécialiste.

Pour lui, une première mesure doit concerner la révision de l’aménagement du territoire. Comme cela avait fait après les grands incendies de la fin des années 40 qui avaient ravagé près d’un tiers du massif landais. A l’étranger, plusieurs pays exposés à des vents violents se sont déjà lancés dans de telles démarches. La Nouvelle-Zélande a ainsi dressé des haies de thuyas aux lisières de ses forêts en guise de paravents. Autre exemple, en Ecosse les peuplements sont organisés graduellement du plus petit au plus grand, de façon à ce que le vent «glisse» sur les arbres plutôt que de les forcer. «Cette réflexion a été peu conduite en France. Mais cette fois, la donne est différente», juge le chercheur.

Les experts préconisent également de raccourcir les rotations pour limiter la casse. «Il faut gagner 10 ans, pour une longévité maximale des arbres de 35 ans», estime notamment Laurent Piermont, président de la société forestière de la Caisse des dépôts qui gère 70% des forêts institutionnelles. «On aura des arbres moins grands, et donc statistiquement moins de chances de les perdre». Dans les Landes, cette tendance est déjà en cours. Beaucoup de propriétaires tournent autour de 40 à 50 ans depuis 99 avec l’idée de ne pas dépasser les 25-35 mètres de haut. Idem dans le nord, où des hêtreraies suivent le même raisonnement, et commencent à réduire les révolutions – de 180 ans pour les plus vieilles – à 80 ou 100 ans.

Mais Bernard Gamblin, Directeur Technique et commercial du bois à l’Office national des forêts (ONF) nuance ce parti pris : «Il faut trouver le bon équilibre entre produire plus et protéger mieux», explique-t-il. «La rotation est une réponse possible, mais alors on ne produit plus tout à fait les mêmes arbres. On fait notamment moins de bois d’oeuvre, alors que c’est justement celui qui paie les investissements».

D’autres, cependant, aimeraient aller beaucoup plus loin, et ne voient de salut que dans la diversité. Comme François Lefèvre, animateur du réseau Forêts de la fédération France Nature Environnement, pour qui «il faut admettre l’introduction d’autres essences et accepter la baisse des rendements». Argument : «les feuillus sont moins vulnérables, puisqu’ils offrent moins de prise au vent que les résineux: même s’ils sont peu productifs et pousseront mal, ils produiront toujours du bois de chauffage». Et le réseau précise qu’une circulaire d’août 2000 «recommandait la diversification». «Mais passé le temps du débat, tout le monde a repris ses habitudes», regrette-t-il, évoquant aujourd’hui «un rendez-vous manqué».

Reste surtout que les sylviculteurs de la forêt des Landes sont plutôt hostiles à cette solution. Lire la suite

Bordeaux : Partenariat Police nationale et Vélo-Cité

Sud-Ouest, Christine Morice, le 20 Janvier 2009

EN TANDEM.

Police et cyclistes se mettent d’accord

Ils se sont connus sur un terrain glissant : la verbalisation des cyclistes circulant sur les voies du tramway, cours Gambetta à Talence. Et ont amorcé le dialogue. Même s’ils ne sont pas toujours du même avis, Albert Doutre, directeur départemental de la police et Didier Feneron, président de Vélo-cité, ont officialisé un partenariat hier, à l’hôtel de police de Bordeaux, en présence du procureur de la République, Claude Laplaud.

Pour Vélo-cité, « 30 ans d’histoire du vélo dans l’agglomération et plus de 1 000 adhérents », il existe deux freins au développement de cette pratique urbaine de la bicyclette : la peur de l’accident et celle du vol. C’est donc sur ces deux axes que cette entente est construite.

1 722 vélos volés l’an dernier

Elle va se concrétiser par plusieurs initiatives communes : contrôle technique, sans contravention, le 22 janvier à 10 heures, sur les bicyclettes des élèves du collège Cheverus. Un débat (le 2 février à 9 heures, au commissariat central), une séance de formation/éducation des cyclistes (le 3 février à 10 heures quai Richelieu), une rencontre sur les aménagements cyclables, le 3 février à 14 heures, à l’hôtel de police.

Hier, la collaboration entre la Police nationale et Vélo-cité a débuté par une démonstration de marquage. Cette technique, destinée à identifier les deux roues, permet de les restituer à leurs propriétaires lorsqu’ils sont retrouvés, à la suite d’un vol. Cela évite qu’ils soient détruits au bout d’un mois comme cela a lieu régulièrement.

Il en coûte 3 euros, à la Maison du vélo de Bordeaux. Mais Vélo-cité a offert hier la prestation à une vingtaine de fonctionnaires de police qui se rendent au travail à bicyclette ! Leurs vélos ont été gravés sur place. Il est vrai que la méthode mérite d’être généralisée : 1 722 vélos ont été volés en 2008 sur l’agglomération bordelaise pour un taux d’élucidation peu élevé : 63 affaires.

Deux morts en 2008

Côté sécurité des utilisateurs, deux cyclistes (dont un venait de griller un feu rouge) ont perdu la vie en 2008, sur le Grand Bordeaux. On a dénombré 157 accidents pour 154 blessés.

Hier, Albert Doutre s’est insurgé contre « ces cyclistes qui se croient tout permis et ne respectent pas le code de la route Lire la suite

Agenda 21 de Talence, 55 actions, 3 ans : ça c’est durable !

Sud-Ouest,  Patrick Faure, le 20 Janvier 2009

TALENCE, ENVIRONNEMENT. La municipalité va présenter son Agenda 21

55 actions, trois ans : ça c’est durable !

Demain à 20 heures, salle François-Mauriac, la population talençaise est invitée par la municipalité à une réunion de présentation de son projet d’Agenda 21 pour les trois années à venir.

« Nous avons entrepris la démarche de réflexion après une délibération prise voilà trois ans », explique le maire Alain Cazabonne. « L’objectif était celui d’une très large concertation, que nous avons réalisée grâce à la mise en place d’une dizaine d’ateliers thématiques ouverts à tous et dont le travail a été supervisé par Yoann Bénard, notre chargé de mission développement durable. »

Parenthèse électorale

Ces travaux ont cependant été ralentis par trois élections successives (entre mars et septembre 2008), dans lesquelles la commune se retrouvait chaque fois territorialement impliquée : municipales bien sûr, mais aussi cantonales et sénatoriales.

Ce qui, durant une petite année, a obligé à une réduction de la voilure, explique en substance le maire, du fait de la réglementation limitant les actions municipales susceptibles d’être considérée comme « promotionnelles ». Pendant cette période de « publicité restreinte », le travail s’est concentré sur l’information et la formation des services municipaux, auxquels il va être demandé une application particulière au « développement durable ».

Ateliers

Cette longue parenthèse électorale terminée, les ateliers ont parachevé leurs travaux avec 55 actions définies sous trois chapitres : 15 actions pour la préservation des ressources naturelles et l’amélioration du cadre de vie ; 27 actions sous le chapitre « d’une ville écocitoyenne, qui renforce les solidarités ». Enfin, 13 actions tournées vers l’économie durable.

« Nous avons effectué une large concertation dans les ateliers car nous voulions aussi que les habitants se prennent en main et n’aient pas tout à attendre de la collectivité, » ajoute le maire. Des soirées d’information-débat avaient aussi été organisées avec projection de films documentaires.

Les quatre conseils communaux seront représentés demain soir, salle François-Mauriac, pour ce que le maire souhaite « une validation du projet engagé pour trois ans, avec bilan annuel. »

Trois chapitres

Parmi les 55 actions définies, on retrouvera sous le chapitre « ressources », la préservation et la connaissance du patrimoine naturel, la promotion d’aménagements respectueux de l’environnement, mais aussi les transports alternatifs, les économies d’eau, d’énergie et la prévention de production de déchets.

Le deuxième chapitre est le plus fourni. Sous l’angle du mieux-vivre ensemble – sachant que le développement durable vise à un développement harmonieux de l’homme dans son environnement -, on trouve ainsi la lutte contre les incivilités, l’aide à la parentalité, la santé, l’information des jeunes.

Le troisième chapitre, visant à favoriser l’économie durable, inclut le soutien au commerce de proximité et l’insertion professionnelle des personnes handicapées. « Pour le suivi, Lire la suite

Le temps de l’économie durable est arrivé

Le Monde le 22 août 2008, Corinne Lepage

En matière économique, la méthode Coué n’a guère d’efficacité. La récession à laquelle nous devons faire face devrait être l’occasion de mettre en place une révolution économique comparable à celle qu’a pu être, au moment de la crise de 1929, le New Deal. Certes, on pourrait objecter que ce n’est pas dans les périodes de récession que l’on peut changer les orientations, puisqu’il faut au contraire tout faire pour relancer la croissance, et par voie de conséquence privilégier les secteurs industriels traditionnels qui sont les plus conséquents en termes d’emplois.

Mais c’est précisément parce que nous sommes dans une récession dont l’origine est due aux comportements « anti-durables » des acteurs économiques (« anti-durable » étant compris comme l’antithèse de ce qu’une démarche globale et intégrant le long terme aurait induit) que le moment est venu de faire notre révolution.

Révolution énergétique d’abord, en tournant délibérément le dos à la société du pétrole. Lire la suite