Observatoire des pesticides : un bilan des actions 2006-2008

journaldelenvironnement.net, Sabine Casalonga, le 13 mars 2009

Observatoire des pesticides : un bilan des actions 2006-2008

L’Observatoire des résidus de pesticides, placé sous l’égide de l’Afsset depuis 2005, a présenté les résultats de son plan d’actions 2006-2008, à l’occasion d’un colloque qui s’est tenu à Paris les 11 et 12 mars. Le plan 2009-2011 appuiera quant à lui la mise en œuvre du plan Ecophyto 2018.

Après l’annonce en septembre du plan Ecophyto 2018 –qui vise la réduction de 50% de l’usage des pesticides d’ici 10 ans (1)-, l’adoption du paquet Pesticides par le Parlement européen en janvier dernier (2) signe le renforcement du contrôle de leur usage. Il était temps. Surtout en France, premier consommateur de pesticides en Europe (77.300 tonnes utilisées en 2007, soit plus de 5 kg/ha/an). La présence de pesticides dans l’environnement et les aliments est en effet attestée par de nombreuses études. Cette contamination généralisée expose tout un chacun à des doses infimes de résidus divers potentiellement toxiques et pose la question de l’impact sanitaire pour la population. De fait, l’exposition à long terme à de faibles doses, bien que difficile à évaluer, est suspectée d’être à l’origine de cancers, de neuropathologies et de troubles de la reproduction ou du développement (3). C’est dans ce contexte qu’est né l’Observatoire des résidus de pesticides (ORP) en 2001, à l’initiative des 4 ministères chargés de l’écologie, de la santé, de l’agriculture et de l’économie. L’ORP a pour mission de caractériser les expositions aux pesticides de la population et des écosystèmes en exploitant les données existantes, et d’identifier les besoins de recherche complémentaires. L’ORP avait notamment vocation à mettre en œuvre deux actions (4) du Plan national santé environnement (PNSE I: 2004-2008). Coordonné depuis 2005 par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), l’ORP rassemble 25 agences sanitaires, instituts, et organismes de recherche.

Le premier plan d’actions (2006-2008), doté d’un budget de 4 millions d’euros, était structuré autour de 22 actions, dont 19 seront finalisées début 2009, les trois autres étant achevées. Des constats et des propositions ont déjà pu être établis. En premier lieu, afin de mieux valoriser les informations existantes, des listes prioritaires en fonction des milieux ont été créées, totalisant 70 substances. Ensuite, plusieurs travaux ont permis de mettre en lumière la présence de pesticides dans des milieux jusqu’alors peu investigués (sols, mer). Ainsi, une étude-pilote menée sur le grand nord de la France par l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Sols, a montré la présence de lindane, un insecticide interdit depuis 1998, dans 100% des échantillons de sols analysés. L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) et l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) ont également montré l’importance des dépôts aériens de pesticides dans la mer et sur le littoral.

Parmi les autres résultats marquants figurent ceux d’une étude de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) sur l’exposition aux pesticides via des aliments réellement consommés, c’est-à-dire après préparation ou cuisson. «On constate que la transformation des produits ne fait pas disparaître les résidus», relate François Veillerette du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), présent au colloque et plutôt insatisfait. «Plusieurs projets intéressants ont été présentés mais leur financement n’est pas encore garanti. En outre, nous n’avons toujours pas la moindre idée de l’exposition de la population générale», souligne-t-il. Face à la lenteur des recherches, MDRGF prône Lire la suite

Rhône-Alpes : Et si l’on mangeait écolo à la cantoche

libelyon, Alice Géraud, le 20 janvier 2009

Et si l’on mangeait écolo à la cantoche

ENVIRONNEMENT – Parmi les initiatives présentées lors des 5èmes Assises du Développement durable qui se tiennent cette semaine à Lyon : le développement des circuits courts pour l’approvisionnement de la restauration collective.

Cette semaine, au menu de la cantoche chez Agrapôle (un regroupement lyonnais d’entreprises et d’organismes du secteur agroalimentaire), il y a de la saucisse aux herbes de l’Ardèche, du nerveux de gite façon osso-bucco et de la truite de l’Isère aux amandes. Sur les menus, sont mentionnés les références producteurs. Pourtant, comme la plupart des entreprises, ce site de bureaux fait appel à un prestataire de restauration collective, aux prix  comparables aux autres. Mais à l’état d’esprit nettement plus original. Agrapôle se fait livrer par Prestal, un traiteur de restauration collective qui a décidé s’approvisionner le plus possible (et de plus en plus) chez des producteurs locaux. Une démarche écologique qui a aussi l’ambition, presque révolutionnaire, de faire de la cantoche d’entreprise, un lieu où l’on mangerait sain et bon. Où le boeuf bourguignon, pour ne citer que le classique des classiques du self, ne serait pas cuit en deux heures top chrono avec les pires morceaux des pires bovins venus de l’autre bout du monde…

« Un boeuf bourguignon, cela prend du temps. Et puis surtout, on peut choisir ses morceaux, prendre la gîte par exemple », explique Ludovic Ligneau, directeur de site chez Prestal. Car, selon lui, rechercher à privilégier les circuits courts, c’est aussi privilégier les produits. Et la manière de les préparer. Avant Prestal, Ludovic Ligneau travaillait pour l’un des leader de la restauration collective en France. Et avait quelques idées toutes faites. « Il me semblait impensable par exemple d’acheter du lapin autrement que chinois et pré-découpé ». Il a depuis changé d’avis. Le lapin que l’on retrouve dans les assiettes des cantines de Prestal vient de Rhône-Alpes. Et ne coûte pas vraiment plus cher. « La seule différence, explique Ludovic Lagneau, c’est qu’il faut avoir du personnel qui sache préparer ces produits ». Ici, le chef est un ancien de la grande restauration lyonnaise. Il sait donc découper un lapin. Mais, ce n’est pas le cas partout en restauration collective. « S’il y a un surcoût, c’est sur les compétences et le personnel que cela se ressent. Il y a une véritable révolution des savoir-faire à opérer dans ce secteur« , prévient Ludovic Lagneau.

Le « modèle » valorisé par Prestal est encore minoritaire en restauration collective. Les quelques centimes supplémentaires sur le coût matière d’un repas (1 à 5 centimes par couvert) est rédhibitoire pour les très grandes structures. Par ailleurs, la complexité des circuits et la nouveauté fait que les gros acheteurs n’ont pas forcément envie de se lancer dans pareille démarche. D’où l’idée de Chambre d’Agriculture et de la direction de l’agriculture et des forêts (DRAF) de monter en Rhône-Alpes une plate-forme, sous la forme d’un simple portail internet, destiné à mettre en contact plus facilement acheteurs et producteurs locaux. Pour les premiers, ce site permet de connaître les produits disponibles et de se les procurer facilement. Pour les seconds, c’est une opportunité pour proposer leurs produits en maitrisant mieux la demande et les prix. Sur des grosses quantités, la plate-forme peut mutualiser différentes productions.

Reste à convaincre les acheteurs de changer leurs habitudes. Ce qui n’est pas gagné. « Il y a encore un très gros problème avec les marchés publics », Lire la suite