Prochaine réunion mensuelle de Gironde en transition le mardi 1er février 2011 à 19h00 à la MNE Bordeaux-Aquitaine – L’après-pétrole a commencé… en 2006 ! C’est confirmé !

Prochaine réunion mensuelle de Gironde en transition le mardi 1er février 2011 à 19h00 à la Maison de la nature et de l’environnement Bordeaux-Aquitaine, 3 rue de Tauzia à Bordeaux, suivi d’un pique-nique partagé tiré du sac. Ouvert à toutes et à tous.

EDITO [imagine 83 – janvier & février 2011]

http://www.imagine-magazine.com/lire/spip.php?article1287

La Transition

L’après-pétrole a commencé… en 2006 ! C’est confirmé !

2006 fut l’année du pic pétrolier. Et maintenant, que fait-on ? Le mouvement de la transition a lancé un séduisant plan B : il propose une renaissance économique, culturelle et sociale, par une relocalisation de l’économie. En se passant progressivement du pétrole et, surtout, en valorisant tous les talents. Une piste à découvrir !

Le pic pétrolier a eu lieu en 2006 ! C’est l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui l’annonce dans le World Energy Outlook 2010, son rapport annuel publié le 9 novembre dernier [1] Le pic pétrolier, c’est ce moment où la production commence à plafonner et puis à décroître, et cela à l’échelle de la planète entière. Dans une économie mondiale fondée sur le pétrole, le temps est donc venu de se poser des questions de civilisation !

La fin du pétrole abondant et bon marché

Dans les années 40, le géophysicien Hubbert suggéra que la production d’une matière première donnée, et en particulier du pétrole, suivait une courbe en forme de cloche (voir ci-contre). L’extrapolation de la première partie de la courbe devait permettre de la dessiner complètement. Et donc de déduire les réserves de pétrole d’une région donnée, ainsi que le maximum de sa production. Pour confirmer son hypothèse, Hubbert annonça que la production de pétrole des Etats-Unis atteindrait son niveau maximal en 1970. Sa présentation fut oubliée… jusqu’en 1971, année où la production américaine atteignit effectivement son maximum, puis déclina, confirmant l’hypothèse du pic de Hubbert. Depuis lors, si la communauté internationale s’est trouvée d’accord pour dire que ce pic allait arriver pour toutes les réserves pétrolières de la planète, il restait à en déterminer la date.
Les spécialistes de l’Aspo [2] annonçaient comme imminente l’arrivée du pic pétrolier, et depuis peu, les plus clairvoyants n’hésitaient pas à affirmer que nous étions « déjà dedans ».
La confirmation est aujourd’hui apportée par le secteur lui-même : le « pic historique » a été franchi en 2006 et la production de pétrole conventionnel n’augmentera « plus jamais  », précise le rapport 2010 de l’Agence internationale de l’énergie.

Cette importante nouvelle n’a pas vraiment fait les grands titres de l’information internationale. « Il y a bien eu quelques papiers plus ou moins inquiets », relève Matthieu Auzanneau, un journaliste indépendant, sur son blog spécialisé [3]. L’AIE prévoit que « la production de pétrole brut se stabilise plus ou moins autour de 68-69 Mb/j (millions de barils par jour) à l’horizon 2020, mais ne retrouve jamais le niveau record de 70 Mb/j qu’elle a atteint en 2006 », relève pour sa part Hervé Kempf, dans un petit article du journal Le Monde marquant l’événement [4].

Pas de panique toutefois : on ne verra pas les stations-service à sec dès demain. Les prix, par contre, risquent bien de monter progressivement. La surconsommation de biens en tous genres, dont beaucoup fabriqués à partir ou consommant des produits pétroliers (avions, autos, plastiques, agriculture intensive, chimie…), continuant à être présentée comme « le » moyen d’accéder au bonheur, chacun revendique – bien légitimement – sa part d’or noir. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que demain, par on ne sait quel coup de baguette magique, nos économies dépendantes puissent se passer de pétrole bon marché.

Le début d’un pétrole encore plus polluant ?

Le déclin rapide de la production de pétrole bon marché risque de ne pas être une sinécure pour les populations, si on ne s’y prépare pas dès aujourd’hui. Les plus pauvres seront les premiers à souffrir de la pénurie. Et les risques de conflits, notamment pour les ressources, sont évidents. Il semble que, pour les politiques, soumis aux échéances électorales tous les quatre ou cinq ans, le pic pétrolier soit une question à trop long terme pour être véritablement prise en considération. Se saisir de cette question à bras-le-corps serait en effet choisir de ramer à contre-courant des grandes industries du secteur (pétrole, gaz, automobile…), qui disposent de la puissance de la propagande publicitaire, et qui font tout pour nier l’évidence, dans le but de prolonger autant que possible le business as usual. Car, malgré l’arrivée du pic, le secteur pétrolier prévoit – ce qui est un comble – une augmentation de la production de pétrole et de gaz d’ici 2035 ! Pour y arriver, les pétroliers comptent sur l’exploitation des ressources non conventionnelles, comme les sables bitumineux du Canada, et sur une augmentation de la production de gaz liquide, notamment pour les transports. Mais le secteur table surtout sur l’exploitation de nouveaux gisements situés dans les zones maritimes à grandes profondeurs, ainsi que dans l’océan Arctique (voir le graphique ci-dessous dans l’article d’origine).

L’important à noter dans ce graphique est bien sûr le déclin rapide de la production des champs pétroliers actuellement en cours d’exploitation. Et donc la place accordée à la zone bleu azur, qui figure les champs « encore à exploiter et à découvrir », lesquels présentent de grands risques de pollution, comme on a pu le constater l’été dernier dans le golfe du Mexique. Précisons encore que cet espace bleu, très imprécis, reflète également la confiance placée dans la capacité de l’Arabie saoudite (la plus grande réserve du monde) à accroître encore sa production de pétrole dans les années à venir. Peu crédible…

Créer le monde de l’après-pétrole

Les résultats de la conférence de Cancún sur le climat (lire l’encadré ci-dessous) montrent surtout que les accords internationaux, lourds, lents à mettre en œuvre, et faisant beaucoup de concessions aux opposants, ne suffisent pas, et qu’il faut agir chacun à son niveau, afin d’accélérer le processus. Et les politiques suivront.

Sachant que les scientifiques évoquent la nécessité de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 10 ans, et que le pic pétrolier nous place dans une situation radicalement nouvelle, des groupes de citoyens ont décidé de s’organiser pour aller de l’avant. Pour eux, il ne s’agit pas de prêcher le repli sur soi, la fermeture des frontières et la haine des étrangers, comme le fait l’extrême droite, mais de se donner les capacités de faire face progressivement à une modification radicale des conditions de vie. En se concentrant sur des solutions positives permettant de développer une société où l’on prend soin à la fois de la Terre et des gens et où le partage des ressources est équitable.

Ces « Initiatives de transition », c’est ainsi que s’appelle ce mouvement, sont en train de gagner des centaines de villes, de villages ou de quartiers, sur plusieurs continents. Elles ont pour objectif de passer peu à peu de la dépendance au pétrole à la résilience, c’est-à-dire à la capacité de résister au choc que la fin prochaine du pétrole abondant et bon marché risque d’engendrer, et cela par le lancement de « plans d’action de descente énergétique ».
Comment ? En faisant appel aux talents de tous, qu’ils soient manuels ou intellectuels, en s’organisant sur une base locale ou régionale, en réveillant les savoir-faire oubliés ou dévalorisés, en réorganisant les transports, en réapprenant à cultiver un potager même en ville, en créant des coopératives dans le secteur de la construction écologique ou de la production d’énergie, etc. Des dizaines de pistes différentes sont déjà explorées sur le terrain, en Europe, en Amérique, en Asie, toujours avec le souci de penser globalement et d’agir localement. Et en y mettant la tête, le coeur et les mains !

Parties en 2006 de Totnes, une petite ville du sud-ouest de l’Angleterre, les Initiatives de transition sont encore très modestes par leur taille. Mais la transition recèle de multiples atouts – sa souplesse, son caractère profondément démocratique et ludique, la capacité de s’adapter à toutes les situations locales – qui en font l’un des mouvements sociaux parmi les plus novateurs apparus ces dernières années (lire notre dossier p. 8 à 27).

Ne perdons plus trop de temps ni d’énergie à combattre le monde dont nous ne voulons pas. Organisons-nous pour construire nous-mêmes, à notre mesure et sans attendre, le monde dont nous voulons. Participons activement au changement de modèle de société. Imaginons le monde de l’après-pétrole en mobilisant nos potentiels et nos talents. Et créons-le de nos mains. Cela donne une énergie folle et rend heureux !

Tous nos vœux de bonheur pour 2011 !

André Ruwet

[1] www.worldenergyoutlook.org

[2] Aspo : Association for the study of peak oil and gas (Association pour l’étude du pic du pétrole et de gaz). Elle tiendra sa neuvième conférence internationale du 27 au 29 avril 2011 à Bruxelles.

[3] « Oil man, le début de la fin du pétrole », sur petrole.blog.lemonde.fr/. Parmi les organes de presse qui ont parlé du pic survenu en 2006, Matthieu Auzanneau cite l’agence Reuters, ainsi que The Christian Science Monitor, le New York Times (blog), The Huffington Post et The Globe & Mail.

[4] 24 novembre 2010.

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Une Réponse

  1. VIVE LEPEN NTM MOULOUDE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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