Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables

cdurable.info, David Naulin, le 17 octobre 2010

http://www.cdurable.info/Ecovillages-laboratoires-modes-de-vie-eco-responsables-Jonathan-DAWSON,2939.html

Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables

Déjà fortement implanté aux Etats-Unis, en Allemagne ou encore en Ecosse notamment à Findhorn, les écovillages – des communautés locales visant à réduire leur impact écologique tout en optimisant le bien-être et le bonheur des hommes – prolifèrent chaque jour un peu plus partout dans le monde. Voici un des premiers ouvrages publiés en français décrivant l’histoire ainsi que l’énorme potentiel que représente ce mouvement qui intègre une multitude d’idées et d’approches radicales qui remontent à Schumacher, Gandhi, l’éco-féminisme et le mouvement de l’éducation alternative.

Dans une période de pénuries et de crises multiples, ce livre examine les leçons que nous pouvons tirer d’ecovillages qui nous montrent comment vivre dans un monde plus écologique et durable :

– Tirer un apprentissage du meilleur des cultures traditionnelles et indigènes ;

– Économie alternative : banques et monnaies communautaires, simplicité volontaire ;

– Concevoir avec la nature : permaculture, éco-construction, production d’énergie à petite échelle, gestion des déchets, systèmes de transport à faible impact sur l’environnement, etc. ;

– Production et traitement de la nourriture biologique locale ;

– Renaissance de la gouvernance participative à petite échelle, facilitation des conflits, intégration sociale et communauté inter-générationnelle active ;

– Création d’une culture de la paix, et méthodes d’éducation alternatives.

Ce livre est une excellente introduction pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure de la création d’un écovillage. Il comporte notamment de nombreuses ainsi qu’une liste des sites web d’écovillages à travers le monde.

L’auteur : Jonathan Dawson est auteur, éducateur et consultant sur le développement durable. Président du Réseau Mondial des Ecovillages (GEN) entre 2005 et 2008, il est actuellement consultant pour les Nations-Unies en Afrique de l’est, travaillant sur les initiatives qui promeuvent les petites et moyennes entreprises. Il est également fortement connu et reconnu pour ses nombreux travaux au sein de la communauté de Findhorn, écovillage que vous pourrez découvrir dans ce livre.

Références : Les écovillages : laboratoires de modes de vie éco-responsables de Jonathan Dawson – Editeur : Yves Michel – Date de publication : 18 octobre 2010 – 168 pages – Prix public : 11 €. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

Je vous invite également à lire sur le même sujet « Ecovillages, écoquartiers, habitat groupé : vivre ensemble autrement » de Pascale D’Erm publié en 2009 chez Ulmer. Dans cet ouvrage préfacé par Pierre Rabhi, vous pourrez notamment découvrir le hameau coopératif Le viel Audon en Ardèche et le hameau écologique de Carapa dans les Cévennes. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Vous pouvez télécharger un extrait de l’ouvrage au format PDF en cliquant ici.

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© LE SOUFFLE D’OR Editions Le Souffle d’Or – 5 allée du Torrent – 05000 GAP

04 92 65 52 24 – contact@souffledor.frhttp://www.souffledor.fr – wwww.yvesmichel.org

Les écovillages

Laboratoires de modes de vie éco-responsables

Jonathan DAWSON

Extrait Chapitre 2 : À quoi ressemblent les écovillages ? Six études de cas

Le mouvement visant à créer des écovillages est peut-être le meilleur antidote contre la dépendance à l’économie globale. Dans le monde entier, des gens construisent des communautés pour tourner le dos au gaspillage, à la pollution, à la concurrence et à la violence de la vie moderne.

Helena Norberg-Hodge, directrice de la Société internationale pour l’écologie et la culture

Les écovillages sont si hétérogènes qu’il est impossible de décrire un seul modèle englobant tous les cas. La définition des Gilman selon laquelle un écovillage est « un établissement de taille humaine, disposant de toutes les fonctions nécessaires à la vie, dans lequel les activités s’intègrent sans dommage à l’environnement naturel tout en soutenant le développement harmonieux des habitants et de manière à pouvoir se prolonger avec succès dans un futur indéfini » est trop imprécise pour faire office de définition stricte. De plus, il s’agit plus d’une aspiration que d’une description réelle : elle indique un but vers lequel les écovillages tendent, et non un état, qu’aucun d’eux n’a encore atteint.

L’adhésion au GEN (Global Ecovillage Network) n’est pas non plus le seul critère pratique qui permette de définir ce qui constitue un écovillage. En effet, si ce réseau rassemble une grande famille internationale en pleine expansion, de nombreuses initiatives entreprises en dehors du GEN peuvent également prétendre à cette appellation. Dans le Sud, par exemple, nombre de communautés remplissent toutes les conditions requises, mais se trouvent dans des pays où le GEN est inactif, ou inconnu. Enfin, d’autres initiatives ont choisi explicitement de ne pas y adhérer, soit parce qu’elles font déjà partie d’un réseau (comme la Fellowship of Intentional Communities et la Federation of Egalitarian Communities en Amérique du Nord), soit parce qu’elles ne considèrent pas ce facteur comme une priorité.

Dans ce contexte, le meilleur moyen d’aller de l’avant consiste à décrire plusieurs initiatives actuelles et de s’appuyer sur ces études de cas pour élargir la discussion sur l’essence du mouvement.

Écovillages, projets de cohabitat et éco-implantations conçues par des promoteurs

Avant de commencer, il serait intéressant de situer les écovillages par rapport à deux de leurs proches cousins : les éco-communautés conçues par des promoteurs et les initiatives de cohabitat (ou d’habitat groupé). Les premières s’expliquent d’elles mêmes. Il s’agit de projets immobiliers plus ou moins traditionnels, conduits par un entrepreneur dont l’objectif ultime est de réaliser des bénéfices, mais sciemment conçus pour avoir un impact écologique aussi faible que possible. Les résidents sont sélectionnés – ou cooptés – via le marché de l’immobilier, à peu près comme dans n’importe quel autre projet immobilier, et n’ont, bien entendu, pas leur mot à dire quant à la conception ou la construction de l’implantation.

Il n’existe que très peu de d’éco-communautés conçues par des promoteurs, mais ce modèle est de plus en plus populaire. Le projet le plus célèbre est le BedZED (Beddington Zero Energy Development) situé dans le sud de Londres. Il a été conçu pour générer, en théorie du moins, autant d’énergie qu’il en consomme, d’où son nom. Ce modèle semble avoir quelques supporters en Chine : la construction à l’est du pays d’une ville pilote de 180 000 habitants intégrant des caractéristiques de conception respectueuses de l’environnement très sophistiquées est prévue dans les années à venir.

Dans le modèle du cohabitat, le promoteur joue également un rôle primordial, car l’implantation est généralement planifiée et construite comme un tout. Toutefois, l’avis des futurs résidents sur la conception est prépondérant, dans la mesure où les dimensions sociales et communautaires sont des facteurs plus déterminants que dans les implantations construites par des écopromoteurs.

Ainsi, même si chaque logement est indépendant, ce modèle comporte toujours une maison communautaire pour la prise des repas ou d’autres fonctions sociales. Le résident peut donc opter pour le niveau d’intégration de son choix au sein de la communauté. En outre, et contrairement aux éco-implantations conçues par des promoteurs, les habitants s’engagent à gérer eux même le projet une fois dans les lieux, et les décisions ont tendance à être prises sur la base d’un consensus1.

À quelques exceptions près (indiquées un peu plus loin), les personnes vivant en cohabitat contribuent à l’économie traditionnelle de manière assez conventionnelle : la plupart ont un travail régulier, remboursent des emprunts et ne mettent pas en commun leurs revenus. Selon l’un des spécialistes du modèle, Graham Meltzer, le cohabitat est une option volontairement traditionnelle. Ce style de vie n’est pas « alternatif », mais la plupart des gens peuvent le juger approprié. Le cohabitat est très populaire au Danemark, où il est né, en Suède, aux Pays-Bas, aux États-Unis et au Canada. Il existe quelques projets en Australie, en Nouvelle Zélande et au Japon, et ce modèle commence à prendre au Royaume-Uni, avec un premier projet créé il y a peu à Stroud.

Dans les écovillages, la dimension sociale est beaucoup plus importante et les approches plus radicales. Même si leur grande diversité ne permet pas de dresser des généralités, il est  possible d’identifier des grandes lignes. Par exemple, les écovillageois ne se contentent pas de concevoir leurs logements : bien souvent, ils les construisent. Les entreprises de construction, dont les ouvriers ont souvent appris leur métier sur le tas, prolifèrent dans les écovillages. Il existe également une forte tradition d’auto-construction à l’aide de matériaux locaux et parfois même recyclés. Certains écovillages conçoivent, construisent ou rénovent des logements selon un plan central, mais, tout aussi fréquemment, les constructions ou les rénovations s’étalent dans le temps en fonction des ressources financières disponibles. Les styles de logement sont également très variés.

La dimension communautaire est plus forte dans les écovillages que dans les projets de cohabitat : les résidents disposent de moins d’espace privé, et beaucoup plus de membres travaillent au sein de la communauté (souvent pour des salaires bien inférieurs à ceux de l’économie traditionnelle). Par ailleurs, bon nombre de villages disposent d’un système de partage des revenus ou de redistribution des richesses. Mais il s’agit avant tout de communautés qui partagent des valeurs fortes. Ces dernières diffèrent considérablement selon la spécificité du village, mais la plupart puisent leur inspiration dans des préoccupations d’ordre écologique, social, économique ou spirituel. Ils se définissent eux-mêmes comme étant au service d’une cause plus vaste s’exprimant généralement en termes de restauration écologique, de renforcement communautaire, de contribution à l’économie locale et/ou d’approfondissement de la quête spirituelle. La plupart sont engagés dans des activités de formation et de communication afin de partager leur message et leurs réflexions avec le reste du monde.

Ces dernières années, les frontières entre les écovillages et les projets de cohabitat sont devenues plus floues, brouillant ainsi cette classification. Certains co-résidents se sont en effet plaints du manque de sens de la communauté ou de la position sociale et politique insuffisamment radicale de leur modèle ; les écovillages ont reconnu quant à eux qu’en simplifiant les processus de conception et de construction, le modèle du cohabitat présentait quelques avantages. Nous aborderons de nouveau un peu plus loin ce thème important.

1 En réalité, dans beaucoup – sinon dans la plupart – des logements en cohabitat, une partie seulement des habitants (ceux qui sont présents au tout début du projet) est impliquée dans la phase de conception. Bien souvent, la conception et/ou la construction de l’implantation sont déjà terminées lorsque les futurs résidents se font connaître.

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© LE SOUFFLE D’OR Editions Le Souffle d’Or – 5 allée du Torrent – 05000 GAP

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Une Réponse

  1. Bonjour,nous sommes des éleves de premiere de sciences et techniques sanitaires et socials du Lycée Jean Hyppolite en Charente-Maritime. Actuellement nous effectuons une activité interdisciplinaire sur les écovillages,ce mode de vie nous interèsse Nous souhaiterions recevoir quelques informations supplémentaires(documents,images…) de votre part sur ce sujet. Ainsi obtenir un contact avec vous. En vous remerciant de votre reponse. Cordialement.

    adresse e-mail: simon.decoux@laposte.net

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