La révolution verte version californienne – A la ferme avec les adeptes du « wwoof »

lemonde.fr, Olivier Guez, Covelo (Californie), envoyé spécial, le 29 août 2010

La révolution verte version californienne

http://abonnes.lemonde.fr/ameriques/article/2010/08/29/la-revolution-verte-version-californienne_1403353_3222_2.html

Wwoof ou World Wide Opportunities for Organic Farms, un réseau de fermes écolo, place des bénévoles dans le monde entier.

Mon véhicule s’avance lentement. Deux chiens surgissent au détour d’épaves de motos et d’une ruine de caravane rouillée. Me voici arrivé à la ferme que je cherche depuis des heures : la communauté Live Power à Covelo, à 200 km au nord de San Francisco.

Un gaillard en chemise à carreaux m’attend sur le perron. Stephen Decater me serre vigoureusement la main. En plein soleil, nous prenons place autour d’une longue table et sa femme nous rejoint aussitôt.

Gloria porte un short, ses pieds sont nus et ses cheveux grisonnants un peu ébouriffés. Les molosses rôdent autour de nous ; des poules folâtrent sous la table. Je leur explique que mon voyage a duré 25 heures, qu’US Airways a perdu mes bagages, que je n’ai pas fermé l’œil de la nuit.

Il fait vraiment très chaud. Je rêve d’un verre d’eau mais ne demande rien, je ne veux pas les interrompre : Stephen et Gloria ont commencé à parler de leur ferme, de leurs chevaux de trait, de leur vallée d’où les OGM sont bannis, de leurs trois fils et de leurs deux chiens qui sont très gentils, m’assurent-ils.

Je ne les écoute que d’une oreille et ne pense qu’à trouver un coin d’ombre. Mais Stephen suggère de visiter les 16 hectares de l’exploitation et de rencontrer les stagiaires.

NYMPHETTES ET NÉOHIPPIES TECHNOPHILES

Nous croisons d’abord Elijah à qui je m’apprête à serrer la main chaleureusement – il me laisse sa chambre – quand je m’aperçois que son bras droit s’achève par un moignon. Devant la grange s’affaire Lou, le charpentier, dont le torse rougi est barré d’une impressionnante cicatrice. Puis nous nous approchons d’un petit bataillon qui bêche la terre, silencieux et appliqué sous les chapeaux de paille. Stephen me propose de les aider. Je décline poliment. La tête me tourne.

Je suis allé à la rencontre de nymphettes sorties de Berkeley, et de néohippies technophiles venus se rendre utiles le temps d’un été dans une fermette bio de Californie. Un mouvement en vogue aux Etats-Unis, en cette période de crise. La branche américaine du Wwoof, la World Wide Opportunities for Organic Farms, un réseau de fermes écolo qui place des bénévoles dans le monde entier, m’avait chaudement recommandé la communauté Live Power, un « endroit très spécial, biodynamique« . Moi qui savais depuis peu que les navets ne poussent pas dans les arbres, j’étais curieux et quelque peu sarcastique aussi. « Un été chez les Wwoofs », le titre était déjà tout trouvé pour mon enquête.

Sur le drap Mickey délavé du lit étroit où je me suis allongé, je ne ris plus du tout. La chaleur est étouffante, mon portable ne capte aucun réseau, le sol est poussiéreux et le bruit assourdissant de la tronçonneuse de Lou berce mes noires pensées. Faute de trouver le sommeil, je vais faire plus ample connaissance avec Gloria.

« Stephen et moi étions tous les deux assistants d’Alan Chadwick, un célèbre jardinier anglais, ici à Covelo. Nous nous sommes rencontrés en 1977. Stephen travaillait déjà dans cette ferme ; nous l’avons peu à peu développée puis achetée dans les années 1990. Chadwick avait enseigné la biodynamie à Stephen, selon les principes de son théoricien Rudolf Steiner : une ferme est un organisme vivant, il faut travailler à le rendre le plus diversifié et le plus autonome possible. »

Pour le sensationnel, j’aurais aimé que Gloria et Stephen eussent une jeunesse californienne agitée. Qu’il ait été un partisan des Black Panthers ou un ancien Hell’s Angel reconverti dans le bio pour expier ses péchés ; qu’elle ait connu Charles Manson ou entretenu une liaison avec un membre des Doors, de préférence Ray Manzarek. Elle fait non de la tête : à 20 ans, ils ne s’épanouissaient que dans la nature.

Sont-ils d’anciens hippies, alors ? Même pas. S’ils partageaient l’idéal beatnik du retour à la terre, ils n’avaient aucune sympathie, mais absolument aucune, insiste-t-elle, pour les drogues. Il est 19 heures ; la cloche qui marque la fin des travaux de la journée retentit, mettant un terme à cette étrange conversation.

LES MAINS DANS LE FUMIER

Exceptionnellement, les apprentis dînent au bord de rivière Eel. Je retrouve Elijah, Mike, un barbu petit mais costaud, ancien de l’US Navy – vétéran de la guerre du Kosovo –, qui joue de la guitare, et Kim, sa compagne, 27 ans, mollets roses, cuisses blanches. Elle est diplômée de Yale, en littérature hispanique et a fait du « wwoofing » en Argentine : « Ça m’a fait réfléchir à mon style de vie et à ma relation à la nature », affirme-t-elle.

En début d’année, ils sont partis, en voiture, en direction de la Côte ouest, histoire de s’aguerrir dans la communauté Live Power : ils songent à reprendre une petite ferme après avoir cultivé un lopin de terre dans le Connecticut.

La benjamine du groupe, 23 ans, arbore un piercing dans le nez et a concocté le dîner, c’était son tour. Ses spaghettis aux cacahuètes sont, comment dire ? un peu secs. Mais ça passe mieux imbibé de la sauce au yaourt des concombres. Après des études de journalisme à l’université du New Hampshire, elle n’a pas trouvé de travail intéressant. Alors, elle aussi a décidé de tout larguer.

Je papoterais bien davantage, mais ils se couchent tôt ; la journée de travail commence dès 6 heures tous les jours de la semaine, sauf le dimanche. De retour dans la maison, j’appelle US Airways : ma valise a été localisée à Roissy.

Le lendemain matin, je me lève avant le soleil. Il est 5 h 30 et, sur le chemin de la cuisine, je croise Seth, un grand échalas qui tient une perche d’où pend un rat mort qu’il a piégé cette nuit. C’est le quatrième été que Seth passe dans la communauté. En hiver, il travaille sur les remonte-pentes des stations de l’Utah. Ses skis sont dans son break Subaru, et ce véhicule est tout ce qu’il possède : il affirme vivre avec moins de 5 000 dollars par an.

J’enfile des bottes en caoutchouc afin de participer au  » cycle de la fertilité « , autrement dit : faire le compost, pierre angulaire de la culture biodynamique. Je ramasse le crottin des chevaux puis transporte mon butin jusqu’au champ où nous allons procéder à la préparation magique.  » C’est comme une terrine « , explique Ryann : une couche d’excréments, une couche de terre, une couche de paille, une couche d’herbe fraîche, et ainsi de suite, le tout arrosé d’eau pour bien faire tenir l’ensemble.

Arrive ensuite le clou de l’activité : reste à introduire des « boulettes biodynamiques », des préparations baroques de bouse ou de silice de corne mélangées à de la terre pour « fertiliser davantage l’humus », explique Mike. Chacun enfouit sa boulette dans le fumier, à bras nus. Karisa, qui a fait des études de lettres, m’incite à l’imiter : « Tu verras c’est tout chaud, c’est comme pénétrer la matrice de Gaïa. » J’introduis une main timide : c’est torride, en effet. Je ne m’attarde pas cependant et file me laver. Il est 8 heures, le petit déjeuner nous attend.

AU DIABLE LE MATÉRIALISME !

Dans la cuisine, Lou qui fait cuire des œufs. Sa cicatrice ? Un cancer de la peau dont il dit être venu à bout grâce à des pommades à base d’herbes médicinales de sa composition. Il a été surfeur, éleveur, apiculteur avant de devenir charpentier. Issu d’un milieu aisé, il ne possède plus qu’un vieux pick-up Ford de 1970 où il entasse quelques cartons de livres. Il déclare que la société moderne l’a déçu.

Je médite sur ses paroles pendant que les apprentis engloutissent des céréales avec des dattes et des myrtilles. Chaque matin, Gloria leur dépose des œufs, du lait, du beurre et de la crème, le tout produit à la ferme, comme les légumes, consommés en abondance.

Rapidement, tous retournent à leur tâche. Déshydraté, j’avale quelques verres d’eau du robinet. « Mec, tu ne devrais pas boire de cette eau-là. Elle est mauvaise », m’avertit Lou. Ce conseil, venant d’un homme qui a abattu des ours et s’est nourri de serpents à sonnette occis à coups de pierres, me terrifie.

Je me précipite à Covelo acheter des litres d’eau minérale. L’après-midi, j’accompagne Mike qui va faire paître les vaches. Il me parle de son amour de la terre, de son dégoût de l’industrie agroalimentaire et des engrais chimiques à base de pétrole qui ruinent les sols et polluent les rivières. Il milite pour une agriculture à taille humaine, en circuit local. « Des pommes importées de Nouvelle-Zélande, ça n’a aucun sens « , affirme-t-il.

Le lendemain matin, un vent d’allégresse souffle sur la communauté : c’est jour de récolte. Le soleil apparaît peu à peu derrière le mont Shell, les champs sont baignés d’une lueur rose orangée et je flotte dans une chemise à carreaux et un jean de Stephen que Gloria m’a prêtés. Elle juge sans doute que ma valise n’arrivera jamais et je ne suis pas loin de penser la même chose ; mon bagage était officiellement à Philadelphie la veille.

Je décide de prendre les choses un peu plus à la légère, comme Lou ou Seth : au diable le matérialisme ! Me manque seulement l’album Déjà Vu de Crosby, Stills, Nash & Young, que j’avais racheté avant de partir. Depuis hier, je supplie Mike de jouer Carry On à la guitare.

Karisa m’initie à l’art de ramasser les laitues. « Tu creuses un peu la terre, tranches la racine d’un coup bien sec, enlèves les feuilles flétries puis tu baignes la salade délicatement en la tenant par la tête, un peu comme un bébé. » Le petit déjeuner est vite expédié car il faut encore laver les autres légumes avant de les empaqueter. Seul Lou traîne dans la cuisine.

Comme tous les matins, il a branché la chaîne de la gauche radicale Democracy Now sur Internet et il se tient la tête, prostré, en entendant que la sanction de 550 millions de dollars infligée à Goldmann-Sachs a fait bondir l’action du groupe de plus de 5 %.

Une rude mission m’attend : je dois trier et nettoyer une brouette entière de cardes, feuille par feuille. Stephen s’occupe des choux et coordonne la manœuvre : ses deux fils cadets vont filer « en ville », à San Francisco, le soir même, avec les légumes. Non pour les vendre, enfin pas directement, mais pour les « remettre aux membres de la communauté ».

Chaque semaine, ces derniers reçoivent un panier du potager garni des légumes de saison. Ils paient à l’année, 1 095 dollars précisément : « Ça crée un engagement fort entre le producteur et le consommateur », m’explique Stephen.

RÉVOLUTIONNAIRES OU ENFANTS GÂTÉS ?

Kim prépare des galettes aux épinards et j’en profite pour l’enquiquiner. Diplômée de Yale, elle ne gagne que 300 dollars par mois – comme tous les autres apprentis –, travaille six jours sur sept, qu’il pleuve ou qu’il vente. N’a-t-elle aucun regret ? « Bien sûr : le débat d’idées ou le New York Times me manquent. Ici, tout est pratique, immédiat. Il faut accepter une certaine routine. D’un autre côté, c’est bien d’être informé – et d’ailleurs nous ne sommes pas coupés du monde – mais quel intérêt si tu ne peux pas peser sur les événements ? Ici, on fait ce qu’on peut, à notre échelle. »

« Nous faisons un travail extraordinaire ! renchérit Ryann, qui nous a rejoints à la cuisine, par l’odeur alléchée, suivie des autres apprentis. Participer au processus de croissance des légumes est magique. C’est autre chose que de bosser dans un bureau et de se soumettre à des valeurs managériales à la con ! Ici, au moins, tu te sens utile et vivante. »

Karisa l’approuve : « En Amérique, les salariés ont très peu de vacances, ils sont soumis à une pression constante…

– Et croissante ! enchaîne Tim, qui s’est fait licencier d’un cabinet d’architecte à Seattle.

– Ça va plus loin, poursuit Elijah. Le modèle de consommation américain court à la catastrophe. Il n’est pas soutenable. La grande récession a prouvé que notre système bancaire est pourri. BP est en train de saccager le Golfe du Mexique. Notre capitalisme fonctionne grâce à l’hyperexploitation des ressources.

– Tout est lié, affirme Mike, qui a commencé à servir les galettes, le réchauffement climatique, les guerres en Afghanistan, en Irak…

– D’une certaine manière, travailler dans une ferme bio, c’est une forme d’engagement politique, assure Elijah.

– OK, OK, interviens-je. Mais votre modèle de ferme, où la moindre botte de radis nécessite des heures de travail et devrait en réalité coûter 30 dollars à l’acheteur, peut-il nourrir la planète ou est-il réservé à une élite ? » Silence. Elijah reconnaît que nul n’a la réponse à cette question cruciale. Chacun pique du nez dans son assiette.

Stephen est un homme placide, presque timide la plupart du temps. Mais quand il laboure les champs avec ses chevaux, baptisés Pete et Laura, il est transfiguré. « Horses ! », hurle-t-il, et les bêtes se mettent en mouvement, comme ensorcelées par sa voix. On dirait Charlton Heston dans Ben-Hur !

SÉRÉNITÉ

En cet après-midi brûlant, Stephen se révèle intarissable sur les socs de ses charrues, de vieux modèles International Harvester des années 1920-1930 qu’il repère dans la vallée et que leurs propriétaires lui bradent pour moins de 50 dollars.

Devant des feuilles de vigne, du saumon et quelques côtelettes de porc grillées, que Tim a amoureusement préparées, les convives se donnent la main pour la bénédiction. Karisa, au bord des larmes, fête la première année de son départ de la Côte est et remercie l’assistance pour « l’aventure extraordinaire » qu’elle vit au quotidien. Elle qui a bravé la mer du Japon pour gagner Vladivostok, a traversé la Russie à bord du Transsibérien, n’en est pas moins bouleversée de semer des navets aux aurores, de « célébrer et de perpétuer la vie ».

Sitôt les agapes terminées, Mike à la guitare et Elijah au banjo reprennent des standards de Peter Seger et de Bob Dylan et entonnent enfin Carry On de Crosby, Stills, Nash & Young. Avant l’extinction des feux, j’appelle le comptoir d’US Airways : ma valise serait à San Francisco…

Je rêve de crudités. Au réveil, je me sens étonnamment bien, alerte, peut-être ai-je même minci. « Vos légumes biodynamiques auraient-ils des propriétés surnaturelles ? « , demandai-je sérieusement à Stephen dans son van Ford qui nous conduit au marché fermier d’Ukiah. « Ils sont pleins de vitalité parce qu’ils respectent le cycle de fertilité de la terre. Les préparations biodynamiques permettent à nos légumes d’être réceptifs aux influences cosmiques et minérales… La Terre est notre mère : si tu la respectes – en la nourrissant avec le fumier qui lui convient –, elle te récompense. Le fermier n’est que le chef d’orchestre d’un immense ensemble. Son travail est spirituel. »

Je lui réponds que, s’il m’avait expliqué ça à mon arrivée, je l’aurais pris pour un fou, mais qu’aujourd’hui je suis tenté de le croire. Stephen se marre.

Le sexagénaire a installé son stand, non pour y vendre ses produits, mais pour « créer de nouvelles synergies » : recruter de nouveaux membres pour les paniers du potager de la communauté. De jeunes couples et des sexagénaires avec leurs petits-enfants l’écoutent avec attention, surtout après avoir goûté ses carottes et ses concombres magiques.

Lorsqu’un ingénieur lui dit que l’industrie agro-alimentaire ruine la planète, Stephen pense avoir recruté un nouvel adepte. Ils étaient quinze ménages à le soutenir à la fin des années 1980, ils sont plus de 200 aujourd’hui. Il y a vingt ans, les gens le considéraient comme un illuminé ; à présent, je perçois chez les badauds respect et admiration.

De retour à la ferme, une surprise m’attend : ma valise a été livrée ! Les apprentis applaudissent ; Gloria me donne même l’accolade.

Dimanche soir, autour d’un plat de spaghettis au pesto arrosés d’une eau de source purifiée et après avoir remercié le Soleil, l’air et la Terre, je demande à Stephen et Gloria s’ils sont satisfaits de leurs apprentis. « Très, répond-elle. Nous les avons bien sélectionnés. Il y a quinze ans, nous recevions très peu d’Américains, tandis qu’aujourd’hui, nous croulons sous les demandes de Wwoofers qui veulent venir ici. Je crois que depuis le 11-Septembre, il y a un retour à la terre chez de jeunes Américains qui n’aiment pas le monde de leurs parents qui sont en train de tout bousiller… »

Tandis que Stephen me pèle une pêche tout en palabrant sur l’éthique du travail, j’observe, sous le charme, ces deux hérauts païens de l’utopie agrarienne jeffersonienne. Rarement j’ai perçu autant de sérénité que chez les Decater.

OBAMA, LE GRAND ABSENT

La veille de mon départ, je prépare des nouilles à la tomate et aux courgettes, ayant dû renoncer au poulet chasseur auquel je songeais, faute de volatile bio dans la vallée. J’en profite pour convier le grand absent de la semaine, le président Obama, dont nul n’a encore prononcé le nom, alors qu’ils ont tous voté pour lui, à l’exception de Seth et de Lou, qui se sont abstenus.

Le sujet ne déchaîne pas les passions. « On attend toujours mais, à sa décharge, il faut reconnaître que ses chantiers sont gigantesques : deux guerres, la pire récession de l’après-guerre, un déficit abyssal, des désastres environnementaux… », avance Elijah. Mike dit qu’avec « un Congrès aussi archaïque et corrompu, il lui sera impossible de changer les choses. Mais Obama a raison sur un point : à nous de nous prendre en main, au niveau local ». Les autres approuvent, mollement.

Le soleil se lève derrière le mont Shell et l’heure des adieux a sonné. Je monte dans la voiture et engouffre le CD de Crosby, Stills, Nash & Young dans le lecteur. Carry On. Continuez !

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