Des poules dans les vignes du château Tour du Pas à Montagne Saint Emilion

sudouest.fr, Sarah Bourhis, le 30 juillet 2010

http://www.sudouest.fr/2010/07/30/des-poules-dans-les-vignes-150066-3009.php

Des poules dans les vignes du château Tour du Pas

Halte aux mauvaises herbes. Les poules arrivent à la rescousse et picorent même le chiendent dans les vignes du Château Tour du Pas Saint-Georges à Montagne.

L’idée était de trouver un désherbant qui pollue un minimum. Pour cela, il suffisait d’une pincée de savoir-faire et d’un grain d’imagination.

« Depuis l’hiver 2009, une dizaine de poules se baladent dans trois fonds de vignes pour nettoyer le sol », explique Pascal Berger, propriétaire du Château Tour du Pas-Saint-Georges à Montagne.

 « Cette période d’essai nous permet de mieux connaître leurs mets préférés. Sans manières, elles becquettent le chiendent, les dactyles, le ray-grass mais nous laissent le liseron. »

Malgré cette légère déception, le visage de Pascal Berger s’illumine à nouveau : « Non seulement ces poules à cou-nu grattent bien le sol mais elles pondent près d’un œuf par jour. » Alors sans conteste, ces petites bêtes méritent de l’attention.

Pour se reposer, elles disposent d’un poulailler mobile, fabriqué par les salariés du vignoble. La nuit, les poules sont donc en sécurité dans leur cabane en bois de 3 m². La journée en revanche, les renards sont aux aguets et menacent les « pondeuses ». Une barrière électrique s’est vite imposée pour les protéger des prédateurs. « Cependant, il arrive qu’elles reçoivent un coup de jus lorsqu’elles se frottent trop près. Mais généralement, leur plumage les protège du courant », affirme Cédric Berger, viticulteur et neveu du propriétaire.

Les mini-kangourous

Si la période de test s’avère être un succès, les viticulteurs espèrent introduire jusqu’à 2 000 volailles dans leur vignoble. Reste encore à peaufiner quelques aspects techniques pour garder les « cocottes » sur l’exploitation.

Et comme ces vignerons débordent d’imagination, ils ne seraient pas contre réitérer l’expérience avec des bêtes plus atypiques. « En Angleterre, des particuliers introduisent des mini-kangourous dans leur jardin pour brouter l’herbe », s’exclame Pascal Berger. « Pour l’instant, on se concentre sur les poules, mais d’autres animaux sont sans doute très efficaces. »

Méthodes écologiques

Insolite, cette méthode de travail est pourtant très réfléchie. D’une part, elle limite l’application des produits phytosanitaires et d’autre part, elle permettrait d’économiser du carburant grâce à l’abandon du tracteur, utilisé pour labourer.

Maintenir un équilibre écologique est un mot d’ordre. Mais la décision d’officialiser les démarches environnementales est récente. Depuis 2009, l’exploitation est en conversion à l’agriculture biologique. Et Pascal Berger, ancien propriétaire du château Bel-Air à Saint-Émilion et ancien régisseur du château Ausone, a plus d’une flèche à son arc. L’an prochain, il développera aussi des méthodes biodynamiques pour lutter contre les parasites. Il préparera des purins et des décoctions d’orties et de prêles en harmonie avec le calendrier lunaire

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