Et si en ville aussi on se mettait au compostage de ses déchets ?

rue89.com, Jeanne Beutter, Reporters d’espoir, le 13 mai 2010

Et si en ville aussi on se mettait au compostage de ses déchets ?

Il y a ceux qui trient leurs déchets… et ceux qui vont jusqu’à les composter. On croyait la pratique réservée à la campagne ou aux chanceux détenteurs de jardins. Absolument pas ! A Rennes ou à Genève, le compostage urbain est devenu courant. A son tour, Paris tente le coup.

L’idée

Effet de mode ou prise de conscience, les particuliers urbains sont de plus en plus nombreux à vouloir faire de leurs restes de repas un engrais biologique terriblement efficace, disent-ils. Pas facile quand on habite un petit appartement sans balcon…

Ainsi, à Lyon, Grenoble ou Rennes, les expériences de compostage collectif se multiplient. Depuis 2006, l’agglomération rennaise encourage les habitants d’immeubles à adopter la pratique. Pour eux, rien de compliqué. Munis d’un bio-seau pour stocker épluchures, marc de café ou fleurs fanées, ils n’ont plus qu’à vider leur « collecte » dans un des composteurs installés par la ville dans les jardins de l’édifice. En bois ou en plastique, ces bacs transforment en humus tous les résidus de cuisine sous l’action combinée des bactéries et de l’oxygène. Au bout de neuf mois, le compost ainsi obtenu peut être versé dans les bacs à fleurs des participants. Depuis le début de l’opération, près de 150 sites de compostage ont pris place en pied d’immeubles. Les enjeux, on les connaît : réduction des déchets, donc diminution des volumes incinérés ou enfouis, donc protection de la nature, des ressources naturelles et de la biodiversité. Mais aussi réduction des coûts de collecte et de traitement des déchets pour les collectivités et renforcement du lien social autour d’un projet citoyen.

Comment la mettre en pratique ?

Cette année, la ville de Paris tente elle aussi de relever le défi. Début avril, elle lance un appel à projet : copropriétés, immeubles ou bailleurs sont invités à expérimenter le compostage collectif gratuitement. Adjoint au maire chargé de la propreté et de la gestion des déchets, François Dagnaud rappelle : « Un Parisien produit plus de 350 kg de déchets par an. Avec le compostage, ce chiffre pourrait diminuer de 20%. »

L’accompagnement, la clé du succès

Tout d’abord, un cabinet spécialisé réalisera chez les volontaires un audit pour évaluer la faisabilité du projet, car il faut remplir certaines conditions : Seules les habitations munies d’un espace vert pourront tenter leur chance. Il faut bien avoir un peu de place pour installer les composteurs de 600 litres… L’accord du syndic ou du bailleur est indispensable. Il faut réunir au minimum quinze résidents motivés. Parmi les participants, un référent devra être désigné et veillera au bon fonctionnement du procédé. Une fois ces conditions réunies, le processus s’enclenche. La Direction de la propreté et de l’eau de Paris fournit le composteur, les bio-sceaux et le mélangeur (car il faut mélanger une fois de temps en temps). Le cabinet assure ensuite la formation des participants et garantit un accompagnement personnalisé de neuf mois. Jean-Jacques Fasquel, maître-composteur et pionnier de la pratique à Paris, salue le passage à l’acte de la ville : « Paris tire les enseignements des expériences précédentes et offre donc un accompagnement technique. C’est essentiel pour que l’opération se pérennise. » Mais attention, prévient Bertrand Bohain, délégué général du Cercle national du recyclage : « Il faut veiller à composter dans les règles. Mal entretenu, le compost peut dégager du méthane, un gaz vingt fois plus polluant que le CO2. »

Le compostage serait-il rentable ?

S’il se démocratise, le compostage urbain conserve son niveau expérimental en France, alors qu’il est généralisé en Suisse. Les plus grandes agglomérations, comme Genève, ont même opté pour la collecte en porte-à-porte, au même titre que les déchets ultimes. Ils partent pour la plupart en usine de méthanisation pour produire de l’électricité et du chauffage. Le reste sert à la production de compost. En 2008, Genève annonçait avoir collecté 3370 tonnes chez 80 000 foyers… François Dagnaud précise : « Ici, l’ambition de Paris est de faciliter la mise en pratique du compostage chez les particuliers. Pour le moment, nous n’envisageons pas de systématiser le tri des déchets organiques et de les collecter. » Ce n’est effectivement plus le même investissement… Et pour cause : d’après l’expérience rennaise, sur une moyenne de quinze familles volontaires par site, le compostage collectif permettrait d’alléger la facture des collectivités d’une tonne et demie de déchets par an et par site. A 150 euros le traitement de la tonne de déchets ménagers, le gouvernement pourrait y voir une mesure de rigueur…

Ce que je peux faire

Pour les Parisiens : si vous et vos voisins remplissez les conditions susmentionnées, alors portez-vous volontaires auprès de la mairie de Paris. Téléchargez le dossier de candidature, imprimez-le et renvoyez-le par courrier. Pour les habitants de province, le mieux est de se renseigner auprès de sa municipalité. Si elle ne favorise pas ce type de pratique, elle saura sûrement vous orienter vers certaines associations qui s’en chargent. C’est le cas par exemple à Lyon avec Les Compostiers.

Ailleurs sur le Web

Le blog CompoSt’ory

L’appel à projet pour le compostage de la mairie de Paris

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