Approfondir la démocratie pour affronter les crises écologiques

ecoloinfo.info, Brendan, le 22 juin 2010

Approfondir la démocratie pour affronter les crises écologiques

Actuellement, plusieurs publications font état des réflexions en cours concernant l’écologie et la démocratie.

Comment renforcer politiquement le futur ?

La Fondation Nicolas Hulot a publié Vers une société sobre et désirable, ouvrage collectif qui traite de l’avenir de notre vivre-ensemble dans un horizon de limitation des ressources naturelles et énergétiques.

Parmi les contributions, Pierre Rosanvallon insiste sur la “myopie démocratique” qu’est la difficulté pour les régimes démocratiques à intégrer le “souci du long terme”. Il estime que “le court-termisme électoral ne peut être que marginalement infléchi ‘de l’intérieur’ du système électoral représentatif”. Il propose alors quatre types de mesure ou d’institution, non représentatives au sens strict :

– introduire des principes écologiques dans l’ordre constitutionnel,

renforcer et étendre la définition patrimoniale de l’Etat,

– mettre en place une grande “Académie du futur”,

instituer des forums publics mobilisant l’attention et la participation des citoyens.

Marcel Gauchet refuse lui l’idée d’une incapacité congénitale de nos institutions à faire face au long terme. Il indique que “seules les démocraties sont fonctionnellement à même d’affronter la question écologique” car, à la différence d’un “écofascisme”, elles disposent de “relais d’autorité dans lesquels les citoyens se reconnaissent et auxquelles ils font confiance”. Il conclut : “C’est sur la démocratie des citoyens et sur sa pression sur les institutions que nous devons compter. Nos régimes excluent par essence de concrétiser “la subordination à des principes supérieurs, écologiques et sociaux” dans la machinerie collective. Le seul lieu où pareille subordination peut licitement et efficacement prendre corps, c’est l’esprit des acteurs. C’est à cela que nous devons travailler. La politique ne nous élèvera pas au-dessus de ce que nous sommes.”

Vers un troisième âge de la démocratie

Dominique Bourg, qui a dirigé avec Alain Papaux l’ouvrage de la Fondation Nicolas Hulot, est en entretien dans le numéro d’été des Grands Dossiers des Sciences Humaines consacré à l’écologie. Il souligne que “l’écologie ne peut progresser que dans un cadre démocratique” et que la démocratie écologique “devrait être, au bout du compte, aussi différente de la forme moderne du gouvernement représentatif que cette dernière l’était de la démocratie grecque antique”. Ainsi, après la démocratie directe de l’Antiquité grecque et le deuxième âge de la démocratie représentative, l’écologie exigerait un troisième âge de la démocratie.

Les propositions de Dominique Bourg reprennent l’introduction de principes écologiques dans la Constitution et l’Académie du futur évoqués précédemment et les complètent par :

“Un nouveau Sénat, composé d’une centaine de membres, prenant appui sur les travaux de l’Académie du futur, opposant son veto à toute proposition législative contredisant Lire la suite

Lettre ouverte – LGV: Les Conseillers Généraux de Gironde vont-ils signer un chèque en blanc ?

Information à faire circuler

Coordination des Associations Vigilance LGV, communiqué, le 21 juin 2010

BP 3 – 33720 LANDIRAS

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

LGV: Les Conseillers Généraux de Gironde vont-ils signer un chèque en blanc ?

Lors de la prochaine séance plénière du Conseil Général de la Gironde, le jeudi 24 juin , le Président Philippe Madrelle  doit  proposer aux Conseillers Généraux l’approbation, dans la plus totale opacité, du protocole d’intention pour la réalisation de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (Tours-Bordeaux, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne).

Extrêmement surprises par le soutien apporté par le Président du Conseil Général de la Gironde aux projets qui menacent de dévaster le territoire du département et contre lesquels se sont élevés de nombreux élus, les associations réunies au sein de la Coordination Vigilance LGV dénoncent :

– qu’il soit demandé aux collectivités territoriales de s’engager sur des pourcentages de montants de travaux dont les estimations sont approximatives selon les propres termes de Philippe Madrelle

– que les représentants des partenaires au financement, Etat, Régions, Conseils Généraux, CUB et Communautés d’agglomération aient signé une charte de confidentialité portant sur toutes les informations relatives à la préparation du contrat de concession,

– que dans ces conditions, il soit demandé aux Conseillers Généraux de voter l’approbation d’un protocole dans l’ignorance des informations essentielles à la formation de leur jugement.

– que le Président Philippe Madrelle, et lui seul, soit proposé pour signer la convention, sans que les Conseillers Généraux n’aient plus à se prononcer, portant ainsi une grave atteinte à leur représentation démocratique.

C’est pourquoi les associations  adressent une « LETTRE OUVERTE » à tous les Conseillers Généraux de la Gironde, leur demandant de refuser de signer ce protocole qui risque d’entraîner le département dans des difficultés financières sans précédent.

Contact Presse : Denise Cassou – Tél 05 56 62 99 57

LETTRE OUVERTE  

Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux de Gironde

Que diriez-vous d’un smicard ayant du mal à nourrir et à loger sa famille s’il décidait, un beau matin, de prendre un crédit sur cinquante ans pour s’acheter une rutilante voiture de sport vantée par la publicité et dont le prix, déjà excessif, peut encore doubler après la signature du contrat de vente ? Vous diriez, à juste titre, que cette personne est totalement irresponsable ! 

Et pourtant c’est ce qu’envisage de vous proposer votre président Philippe Madrelle puisque, lors de la séance plénière du 24 juin prochain, il va vous demander de Lire la suite

Et si en ville aussi on se mettait au compostage de ses déchets ?

rue89.com, Jeanne Beutter, Reporters d’espoir, le 13 mai 2010

Et si en ville aussi on se mettait au compostage de ses déchets ?

Il y a ceux qui trient leurs déchets… et ceux qui vont jusqu’à les composter. On croyait la pratique réservée à la campagne ou aux chanceux détenteurs de jardins. Absolument pas ! A Rennes ou à Genève, le compostage urbain est devenu courant. A son tour, Paris tente le coup.

L’idée

Effet de mode ou prise de conscience, les particuliers urbains sont de plus en plus nombreux à vouloir faire de leurs restes de repas un engrais biologique terriblement efficace, disent-ils. Pas facile quand on habite un petit appartement sans balcon…

Ainsi, à Lyon, Grenoble ou Rennes, les expériences de compostage collectif se multiplient. Depuis 2006, l’agglomération rennaise encourage les habitants d’immeubles à adopter la pratique. Pour eux, rien de compliqué. Munis d’un bio-seau pour stocker épluchures, marc de café ou fleurs fanées, ils n’ont plus qu’à vider leur « collecte » dans un des composteurs installés par la ville dans les jardins de l’édifice. En bois ou en plastique, ces bacs transforment en humus tous les résidus de cuisine sous l’action combinée des bactéries et de l’oxygène. Au bout de neuf mois, le compost ainsi obtenu peut être versé dans les bacs à fleurs des participants. Depuis le début de l’opération, près de 150 sites de compostage ont pris place en pied d’immeubles. Les enjeux, on les connaît : réduction des déchets, donc diminution des volumes incinérés ou enfouis, donc protection de la nature, des ressources naturelles et de la biodiversité. Mais aussi réduction des coûts de collecte et de traitement des déchets pour les collectivités et renforcement du lien social autour d’un projet citoyen.

Comment la mettre en pratique ?

Cette année, la ville de Paris tente elle aussi de relever le défi. Début avril, elle lance un appel à projet : copropriétés, immeubles ou bailleurs sont invités à expérimenter le compostage collectif gratuitement. Adjoint au maire chargé de la propreté et de la gestion des déchets, François Dagnaud rappelle : « Un Parisien produit plus de 350 kg de déchets par an. Avec le compostage, ce chiffre pourrait diminuer de 20%. »

L’accompagnement, la clé du succès

Tout d’abord, un cabinet spécialisé réalisera chez les volontaires un audit pour évaluer la faisabilité du projet, car il faut remplir certaines conditions : Seules les habitations munies d’un espace vert pourront tenter leur chance. Il faut bien avoir un peu de place pour installer les composteurs de 600 litres… L’accord du syndic ou du bailleur est indispensable. Il faut réunir au minimum quinze résidents motivés. Parmi les participants, un référent devra être désigné et veillera au bon fonctionnement du procédé. Une fois ces conditions réunies, le processus s’enclenche. La Direction de la propreté et de l’eau de Paris fournit le composteur, les bio-sceaux et le mélangeur (car il faut mélanger une fois de temps en temps). Le cabinet assure ensuite la formation des participants et garantit un accompagnement personnalisé de neuf mois. Jean-Jacques Fasquel, maître-composteur et pionnier de la pratique à Paris, salue le passage à l’acte de la ville : « Paris tire les enseignements des expériences précédentes et offre donc un accompagnement technique. C’est essentiel pour que l’opération se pérennise. » Mais attention, prévient Bertrand Bohain, délégué général du Cercle national du recyclage : « Il faut veiller à Lire la suite