Développer les filières courtes d’écomatériaux – Guide à destination des collectivités territoriales

amisdelaterre.org, Cyrielle Den Hartigh, communiqué, le 3 juin 2010,

Développer les filières courtes d’écomatériaux – Guide à destination des collectivités territoriales

Les Amis de la Terre publient un nouveau guide sur le développement des écomatériaux, avec le soutien de plusieurs associations de collectivités territoriales. Y sont proposées des pistes d’actions pour soutenir l’émergence de filières locales d’écomatériaux et leur utilisation dans les constructions et réhabilitations de bâtiments : soutien aux professionnels, aides aux particuliers, sensibilisation, information, politiques d’achats publics notamment.

Le dernier projet de loi Grenelle 2, qui doit encore passer en commission mixte paritaire, aborde du bout des lèvres la question des écomatériaux dans ses articles 4 et 71. Aucune mesure concrète n’y est proposée qui pourrait réellement soutenir le développement des écomatériaux dans la construction et la réhabilitation des bâtiments. La seule réelle avancée est que le mot « écomatériaux » existe maintenant dans un texte ayant une valeur juridique. En savoir plus.

Pour Martine Laplante, Présidente des Amis de la Terre, « Les solutions sont dans les territoires : initiatives citoyennes, associations locales, actions des collectivités territoriales. Nous ne pouvons pas attendre que les solutions viennent des avancées législatives. Nous mettons donc toute notre énergie dans le soutien à ces initiatives locales, respectueuses de l’environnement et intégrées dans un développement social au bénéfice de tous. »

Bois, paille, chanvre, lin… les écomatériaux font de plus en plus parler d’eux. Mais il est encore complexe de se les approprier et des les utiliser sans information adéquate ou ressources financières suffisantes. Le guide Développer les filières courtes d’écomatériaux (1) donne des clefs aux collectivités territoriales pour soutenir l’émergence et la structuration de filières locales d’écomatériaux pour les constructions et rénovations de bâtiments.

Exemples concrets et explications pratiques sont détaillés pour les thèmes suivants :

– Le soutien aux acteurs professionnels ;

– Les incitations à l’amélioration de l’habitat ciblées sur l’utilisation des écomatériaux ;

– Les achats publics et l’utilisation des écomatériaux par les collectivités territoriales ;

– L’information et la sensibilisation du grand public et des professionnels ;

– La structuration et le soutien aux filières courtes d’écomatériaux.

« Pour les collectivités territoriales engagées sur des chantiers publics respectueux de l’environnement, les écomatériaux constituent un outil stratégique et incontournable, développe Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne Habitat Écologique aux Amis de la Terre. Parce qu’ils sont susceptibles d’apporter des Lire la suite

Bâtiment : une opportunité à ne pas manquer – Les professionnels du bâtiment sont entrés, avec Grenelle, dans leur troisième révolution de l’après-guerre

lanouvelle republique.fr, Vincent Buche, le 11 juin 2010

Bâtiment : une opportunité à ne pas manquer

Les professionnels du bâtiment sont entrés, avec Grenelle, dans leur troisième révolution de l’après-guerre. Un virage qu’il va falloir négocier.

Daniel Ridoret, P-DG du groupe qui porte son nom à La Rochelle (un des grands de la menuiserie) et accessoirement frère du président national de la Fédération française du bâtiment, n’y va pas par quatre chemins : « Tout ce qui a été construit depuis des siècles est à démolir ou à rénover ! »

Dans l’amphithéâtre du palais des Congrès, au Futuroscope, cette annonce catastrophique suscite des mines réjouies. L’assistance est en effet composée de patrons du bâtiment, réunis pour le colloque de leur syndicat professionnel, la Fédération française du bâtiment (FFB). Le thème de ce colloque : « Nouveaux marchés, à vous de jouer ! »

Investir sans compter dans la formation et le marketing

Et parmi ces nouveaux marchés, arrive largement en tête tout ce qui est lié à l’écohabitat. « Il y a en France 30 millions de logements à rénover. C’est un marché fabuleux », poursuit le chef d’entreprise rochelais, l’un des témoins retenus pour ce colloque.

Bref, les patrons du bâtiment, après avoir subi de plein fouet la crise de 2008, ont quelques raisons de renouer avec l’optimisme. A la condition tout de même de savoir répondre aux attentes de ce marché. L’offre globale, sur laquelle les majors de la construction sont déjà positionnés, n’est pas évidente à mettre en place quand les acteurs sont de petits entrepreneurs attachés à leur indépendance, ce qui est généralement le cas en Poitou-Charentes.

Ce n’est pas pour rien que les organismes professionnels, et pas seulement la FFB, multiplient les initiatives pour que leurs ressortissants réussissent à prendre ce tournant, l’un des plus importants depuis la Libération : les Trente Glorieuses avaient été les années de l’habitat collectif. Les années soixante-dix ont vu le triomphe du pavillon individuel vite fait et pas toujours bien fait (Poitou-Charentes détient le record de France du logement individuel).

Désormais, c’est l’écohabitat qui est dans le sens de l’Histoire. Aux professionnels de s’adapter, en investissant sans lésiner dans la formation permanente de leurs collaborateurs mais aussi dans le marketing et la commercialisation auprès de clients très demandeurs mais aussi très vigilants.

Ils ont d’autant plus intérêt à s’adapter que le marché du neuf a bien chuté et que les industriels ne feront pas de cadeau aux artisans. Exemple hier à la tribune : Fabrice Millet, gros fabriquant de fenêtres à Bressuire explique qu’il va être bientôt en mesure de livrer des Lire la suite

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde – Un déclin de la production pétrolière est probable à court ou moyen terme

petrole.blog.lemonde.fr, Matthieu Auzanneau, le 16 juin 2010

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde

« Un déclin de la production pétrolière est probable à court ou moyen terme. »

Deux institutions anglaises au combien prestigieuses viennent de rejoindre la liste déjà longue des lanceurs d’alerte sur le ‘peak oil’ (ou ‘pic pétrolier’, c’est-à-dire l’instant historique à partir duquel la production mondiale de pétrole amorcera un déclin irréversible).

Dans un rapport publié le 8 juin, la Lloyd’s, l’un des leaders mondiaux de l’assurance, et Chatham House, l’institut royal des affaires internationales, s’alarment à leur tour de l’éventualité d’un choc pétrolier imminent. Les auteurs, deux chercheurs de Chatham House, soulignent qu’un déclin de la production pétrolière est « probable à court ou moyen terme », et évoquent la nécessité d’une « troisième révolution industrielle ». Ils préviennent :

« Même avant que nous atteignions le pic pétrolier, nous pourrions assister à une pénurie de pétrole à cause de la hausse de la demande en Asie. »

Richard Ward, directeur général de la Lloyd’s, écrit : « Nous sommes entrés dans une période de profonde incertitude vis-à-vis de la façon dont nous nous fournirons en énergie pour produire de l’électricité, nous chauffer et nous déplacer, et sur le prix que nous devrons payer cette énergie. »

Le rapport met en cause l’analyse de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui compte sur le cartel de l’Opep pour compenser la baisse de la production hors-Opep, précise l’Agence France Presse dans une dépêche titrée : « Une pénurie de pétrole menace le monde ». Les auteurs du rapport indiquent :

« En comparant les prévisions et les chiffres actuels des capacités de production de l’Opep et de la production non-Opep, on voit que les attentes de l’AIE et les objectifs des pays producteurs n’ont pas été remplis. »

Cette critique fait écho à l’analyse historique publiée sur ce blog par Lionel Badal, un thésard du King’s College de Londres, selon laquelle l’AIE dissimule depuis 1998 le problème du peak oil.

La Grande-Bretagne est la pointe du débat sur le peak oil, depuis que Lord Hunt, ministre de l’énergie britannique, a accepté de répondre aux interrogations pressantes d’une Peak Oil Task Force fondée par le groupe Virgin et par d’autres industriels britanniques inquiets. David King, ex-principal conseiller scientifique des premiers ministres britanniques Tony Blair et Gordon Brown, affirme que les rapports officiels surestiment de 30 % le montant réel des réserves de pétrole conventionnel.

Chatham House, fondée en 1920, est le temple de la géopolitique (une invention d’outre-Manche) [DR]

La Lloyd’s et Chatham house, deux vénérables institutions (l’histoire de la Lloyd’s remonte au XVIIe siècle) rejoignent les nombreuses sources solides qui mezza vocce ou pas, sonnent l’alarme. Parmi ces sources figurent Lire la suite

Bordeaux – Machine à lire – 18h30 : Vendredi 18 juin à 18h30, rencontre autour du dernier numéro d’EcoRev’ : « Urgence écologique, urgence démocratique : vers une sortie civilisée du productivisme ? ».

ecorev.org, communiqué, 3 juin 2010

Bordeaux : rencontre autour de notre n°34, vendredi 18 juin

jeudi 3 juin 2010

Vendredi 18 juin à 18h30, rencontre autour du dernier numéro d’EcoRev’ : « Urgence écologique, urgence démocratique : vers une sortie civilisée du productivisme ? ».

Florent Marcellesi, coordinateur du dossier et consultant en participation citoyenne, présentera un tour d’horizon de mécanismes participatifs, à interroger et comparer « pour repenser la démocratie ».

F. Marcellesi, Isabelle Lamaud et Aude Vidal, tous trois membres du comité de rédaction de la revue, animeront ensuite un débat sur les tensions qui peuvent exister entre les nécessités démocratiques et la question écologique.

A la librairie La Machine à Lire – 8, place du Parlement à Bordeaux

Editorial du N°34

Crise climatique, crise énergétique, crise alimentaire, crise économique, crise de sens, crise de civilisation… La crise écologique, d’ampleur mondiale et aux conséquences « glocales » et transgénérationnelles, n’est plus une menace. C’est une réalité, une urgence. Face à cet impératif écologique, André Gorz nous mettait en garde contre la tentation du « fascisme vert » où « la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes » (Écologie et liberté) et où il expliquait que « la sortie du capitalisme aurait lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare » (ÉcoRev’ 28). Parce que nous croyons que l’écologie politique peut apporter une réponse civilisée à l’urgence écologique, il est indispensable de se pencher sur la théorie et la praxis démocratiques qui peuvent accompagner cette sortie du productivisme et la mise en place d’une gestion soutenable, respectant libertés individuelles et intérêt général aujourd’hui et demain, au Nord et au Sud.

De son côté, Cornelius Castoriadis, qui est ici notre classique, rappelait de même qu’il n’était pas impossible que, face à une catastrophe écologique mondiale, des régimes autoritaires imposent des restrictions draconiennes à une population affolée et apathique. Ce pour quoi il prônait une indispensable « insertion de la composante écologique dans un projet politique démocratique radical » et, comme l’expliquent Antoine Chollet et Romain Felli – qui nous proposent une vision condensée de la pensée du philosophe de Socialisme ou barbarie – un nécessaire passage de l’autonomie à l’écologie et d’une l’émancipation vis-à-vis du système technico-productif.

Pour réaliser cette émancipation Bruno Latour réfléchit, dans un entretien réalisée par Isabelle Lamaud, à la place, et à la signification, de la nature et des non-humains en politique et à la redéfinition de fond en comble de « la fonction politique, du rôle même des parlements, de la notion de porte-parole pour retrouver des règles d’autorité, de procédure, de débats » pour décider de notre futur. Bruno Villalba et Luc Semal nous incitent à intégrer le plus tôt possible dans nos sociétés démocratiques les contraintes Lire la suite

Talence : Sauvons la prairie Bel Air

Collectif citoyen Talençais (villes en transition), communiqué, juin 2010

Sauvons la prairie Bel Air

Un hectare de verdure et d’espace naturel miraculeusement préservé au cœur de Talence et appartenant à la commune. Pour la mairie, c’est un vide insupportable qu’il faut vite combler et bâtir en livrant l’espace public à des projets immobiliers privés (déjà bien avancés) et ce en totale contradiction avec les promesses faites et les vœux des habitants…

On laisser faire ou on fait stopper ce nouveau projet de bétonnage d’un espace naturel et public ?

Tous au pique-nique familial et citoyen

Samedi 19 juin 2010 à partir de 12h00 sur la prairie

On apporte à manger, à boire et ses idées… On partagera

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Les consommateurs-citoyens défendent l’avenir des paysans en soutenant les circuits courts

actionconsommation.com, communiqué, le 16 Juin 2010

Les consommateurs-citoyens défendent l’avenir des paysans en soutenant les circuits courts

Les circuits courts d’approvisionnement alimentaire sont aujourd’hui une réelle alternative au mode de distribution des centrales d’achat.

Des magasins de paysans producteurs et transformateurs s’ouvrent dans les régions et proposent des produits en vente directe. D’autres consommateurs développent des comportements citoyens et s’éloignent de la consommation de masse en créant des réseaux qui permettent le maintien et l’installation d’agriculteurs sur le territoire respectant la charte de l’agriculture paysanne. Des liens de confiance se sont créés entre ces consommateurs et les paysans producteurs qui respectent les normes d’hygiène et de qualité de la législation française et assurent la traçabilité des aliments jusqu’à la livraison. Cette traçabilité est la garantie de la qualité et la conformité des produits.

La confiance s’établit entre producteurs et consommateurs dans des relations commerciales tout à fait légales. Elles ont permis le maintien de paysans en France et la défense de leurs revenus en démontrant que les consommateurs souhaitent choisir eux-mêmes leur alimentation (mode de production, provenance et respect du savoir-faire). Les circuits courts en limitant les intermédiaires sont garants de la qualité de fraîcheur, gustative et nutritionnelle des aliments fournis par de petits producteurs.

Si, de plus, ces filières courtes respectent au maximum les principes d’une économie équitable (respect entre partenaires – producteurs, transformateurs, transporteurs, distributeurs, salariés, consommateurs, mais aussi de la nature), elles sont non seulement une alternative crédible à la grande distribution mais aussi participantes d’une transformation économique et sociale plus que nécessaire.

Nous, organisations favorisant le rapprochement entre paysans et consommateurs, soutenons les producteurs et les citoyens engagés dans ces réseaux de proximité qui oeuvrent au quotidien pour la défense d’une autre agriculture respectueuse de l’environnement et de ses acteurs !

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Un réseau mondial sur la biodiversité va être créé

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 12 juin 2010

Un réseau mondial sur la biodiversité va être créé

Un grand pas a été franchi, vendredi 11 juin, vers la création d’un réseau mondial d’expertise sur la biodiversité, à l’image de ce qui existe depuis 1988 pour le climat à travers le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). A l’issue de cinq jours de négociations, quelque 90 Etats, réunis à Pusan (Corée du Sud) sous l’égide des Nations unies, ont adopté à l’unanimité une recommandation favorable à la création d’une Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES en anglais).

Le faire-part de naissance ne pourra cependant être publié qu’après l’adoption de cette recommandation par l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre, à New York. Si le risque de rejet ne peut être exclu, il semble cependant très mince aux yeux des négociateurs qui, depuis cinq ans, bataillent pour que la préservation de la biodiversité planétaire, l’autre grand défi environnemental de ce siècle avec le changement climatique, puisse être appréhendée à partir des connaissances scientifiques les plus incontestables.

L’idée de cette plateforme, dont l’ambition est d’éclairer les décisions que doivent prendre les gouvernements à un moment où la nature disparaît à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité, est née en 2005, après la publication de l’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire.

Ce rapport, réalisé sous l’égide des Nations unies grâce aux contributions de près de 1 400 scientifiques, offrait une vision globale et ô combien inquiétante de l’état des ressources naturelles dont dépendent les sociétés humaines pour leur survie : effondrement des stocks halieutiques, mortalité élevée des récifs coralliens, destruction des grandes forêts tropicales…

La France a été un des premiers pays – et pendant quelques années le seul – à défendre cette idée d’un GIEC de la biodiversité, avant que le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) n’endosse en 2008 le projet et ne réussisse à convaincre les plus réticents. Vendredi à Pusan, la délégation française ne cachait pas sa joie : « La communauté internationale a pris conscience que la préservation de la biodiversité est une pièce indispensable du bien-être de l’humanité », se félicitait Claude-Anne Gauthier de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

L’IPBES, comme le GIEC, sera donc une organisation intergouvernementale dont la mission première sera de fournir aux gouvernements des évaluations et des scénarios sur l’évolution à venir de la biodiversité mondiale. Les pays en développement, où se concentre la plus grande diversité naturelle, ont cependant exigé d’encadrer étroitement le mandat des scientifiques, afin que l’IPBES ne joue pas les donneuses de leçon à l’égard d’Etats peu respectueux de leur patrimoine naturel.

Le Brésil et la Chine se sont ainsi montrés particulièrement offensifs dans la défense de ce qu’ils considèrent comme relevant de la souveraineté nationale : l’IPBES ne pourra ainsi faire aucune recommandation de politique publique. De même, la feuille de route des scientifiques devra être approuvée par Lire la suite