L’Abeille – première monnaie locale en France : Villeneuve sur Lot en a la primeur

objecteursde croissance-lr.fr, Administrator, le 9 février 2010

L’Abeille – première monnaie locale en France

Villeneuve sur Lot en a la primeur

La révolution économique est en marche, il n’est nullement besoin d’attendre « la moralisation » du capitalisme promise par notre président, une poignée de citoyens se prennent en charge pour relocaliser l’économie, ils créent leur monnaie !

Lorsque l’on arrive aux abords de la Halle de Villeneuve sur Lot, c’est l’agitation à l’entrée du marché couvert de la ville. Ce samedi 23 janvier est un jour important pour les membres de l’association « Agir pour le Vivant », c’est le lancement officiel de « L’Abeille », première monnaie locale en France. Dans ce goulot d’étranglement ça se bouscule, on y trouve des panneaux explicatifs et de nombreuses et nombreux bénévoles pour vous expliquer comment ça marche. Ensuite, si cela vous intéresse vraiment, vous pouvez vous diriger vers Hélène qui vous fera remplir le bon d’adhésion à l’association, encaissera vos euros et vous remettra vos premières coupures de l’Abeille. Le stand ne désemplit pas de toute la matinée, en plus des clients habituels au marché local, de nombreux curieux, des journalistes de TV régionale, l’évènement est bien couvert, grâce notamment à un article paru 4 jours plus tôt dans la Dépêche du Midi. J’interroge Viviane qui vient acheter des « abeilles », qu’est-ce qui vous motive dans cette démarche ? : j’achète pas mal bio, je veux manger des produits du terroir, participer à l’économie locale, moins de trajets c’est moins de pollution, c’est aussi un acte citoyen.

Brigitte Balavoine et Françoise Lenoble m’expliquent qu’avant de se décider à « battre monnaie », elles planchaient sérieusement sur l’application de la monnaie « SOL » lancée par Patrick Viveret. Cette monnaie SOL n’est pas une vraie monnaie alternative car elle ne fonctionne qu’avec une carte A+, ce qui a amené bien des réticences, ses conditions d’utilisation sont limitées lorsqu’on veut faire du « local ». Son usage très sophistiqué ne correspondait pas vraiment à une application dans la proximité, qui est un des objectifs importants du projet. Ce qui les a décidé à la création d’une vraie monnaie locale, c’est la rencontre avec Philippe Derruder auteur du livre « Rendre la création monétaire à la société civile ». A contribué également à prendre cette décision, c’est l’appui d’Hervé Ricard, gérant de la bio-coop locale, qui s’intéresse depuis longtemps à la question.

Cette monnaie, dont les appellations officielles sont « monnaie locale complémentaire » ou « bons d’achat », se présente sous la forme de coupures de 1, 2, 5, ou 10 abeilles valant respectivement 1, 2 5 ou 10 euros. On échange ses euros contre des abeilles que l’on pourra utiliser pour payer ses achats auprès des producteurs ou commerçants locaux adhérents à l’association « Agir pour le vivant » et ayant signé un contrat d’engagement. Ceux-ci doivent respecter la charte de l’association au mieux de leurs possibilités, achat de matières premières locales, bio ou s’inscrivant dans la démarche du bio etc… Actuellement, l’association compte seulement une quinzaine d’adhérents professionnels, mais leur nombre devrait croître assez rapidement, plusieurs dossiers sont en cours, certains membres sont très enthousiastes, ils en parlent beaucoup autour d’eux, il y a une vraie dynamique. On y trouve des maraîchers, producteurs de fruits, de céréales, boulangers, éleveurs, producteurs de vin, commerçants bio, produits de santé, naturopathe, couture, vêtements, livres etc… et peut-être bientôt un café à Villeneuve sur Lot. Un petit détail, lorsque la somme à payer ne tombe pas rond, on complète avec des euros. Les producteurs et commerçants recevant ces abeilles peuvent les dépenser auprès des autres professionnels adhérents et ainsi les abeilles vendus par l’association ne sortent pas du circuit local. Les professionnels doivent déclarer les ventes comme si elles étaient réalisées en euros.

L’abeille se dévalue de 2% tous les 6 mois et pour continuer à l’utiliser, on doit acheter à l’association une vignette pour une valeur de 2% du prix du billet et à coller sur les billets, c’est le principe des monnaies fondantes. Les professionnels n’ayant pas suffisamment usage de leurs abeilles peuvent les rendre à l’association contre des euros, moyennant une dévaluation de 2%. En cas de déménagement, les consommateurs peuvent aussi reconvertir leurs abeilles en euros moyennant la même dévaluation. Les sommes recueillies servent à payer les frais de fonctionnement de l’association, impression des billets etc… , mais aussi à alimenter un compte à la NEF servant à financer des projets locaux dans l’esprit de la charte de l’association avec des prêts à faible taux d’emprunt. Tous les euros reçus par l’association pour l’achat des billets, constituent le fond de garanti du système, ces sommes sont également déposées à la NEF, banque coopérative de l’économie sociale et solidaire.

« L’Occitan » future monnaie locale à Pézenas :

Cette initiative monétaire a été impulsée par le président de l’ACAI, Jean-François Marquès, qui souhaitait créer un outil de marketing et de fidélisation à destination de la clientèle du commerce du centre ville principalement. C’est pour ce président dynamique et motivé « un moyen de relancer l’économie locale et, pourquoi pas, concurrencer les grandes surfaces. » Ce concept novateur en France a été bien pensé par l’association des commerçants. Cette nouvelle monnaie à l’effigie de Molière se matérialisera sous la forme de billets déclinés en coupure de 1, 5, 10 et 20. Un « Occitan » vaudra un euro. Ces devises seront distribuées par les commerçants à leurs clients qui les dépenseront chez les professionnels participants, sous forme de bons d’achat ou bons de réduction. « Une monnaie locale est une monnaie « interne », créée par une association ou une municipalité pour servir dans les échanges locaux de biens et services. Ce sont en général des monnaies non convertibles et « fondantes », c’est-à-dire qu’elles perdent leur valeur avec le temps (tout comme les Tickets restaurants ou les bons de réduction des grandes surfaces).Leur rôle est principalement de permettre une relocalisation de l’économie en favorisant les échanges locaux sans dresser de nouvelles barrières douanières. Ce nouveau flux monétaire devrait voir le jour en mai 2010

Enquête de Claude Le Guerrannic L’ALTERMONDIALISTE N°17 – Janvier – Février – 2010

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