LGV basque : la médiatrice annoncera mardi que ce n’est pas gagné

eitb.com, Ramuntxo Garbisu, le 30 avril 2010

LGV basque : la médiatrice annoncera mardi que ce n’est pas gagné

Mardi 4 mai, Mme Meaux annoncera aux élus et à la presse les conclusions auxquelles elle est arrivée : si le projet ne sera pas remis en doute, on sera loin des déclarations rassurantes des pro-LGV.

Le projet de nouvelles voies LGV en Pays Basque nord connaitra un nouvel épisode ce mardi 4 mai 2010, avec la convocation à 17h à la sous-Préfecture de Bayonne de tous les élus concernés par son tracé, puis par une convocation de presse à l’ensemble des médias.

C’est à cette date que Marie-Line Meaux communiquera officiellement ses premières conclusions quant aux conditions dans lesquelles ce projet peut s’inscrire, et non sur sa remise en question, comme elle l’avait clairement exprimé dès sa prise de fonctions à Bayonne, après sa nomination par le Premier Ministre François Fillon.

« Ce projet de nouvelles voies a été acté au niveau gouvernemental, je suis là pour voir comment intégrer au mieux ce projet en Pays Basque, et il n’est pas question de revenir sur l’opportunité de toute autre hypothèse alternative« , avait-t-elle déclaré le 4 février dernier à la sous-Préfecture de Bayonne.

Chargée d’écouter l’ensemble des acteurs de ce dossier vivement combattu par une grande partie de la population sur son tronçon Bayonne-Biriatou, Mme Meaux n’a pas failli à cette partie de sa mission, ayant effectivement reçu nombre d’élus et d’associations depuis deux mois.

Malgré tout, les nombreuses incohérences du tracé défendu par l’opérateur Réseau Ferré de France (RFF) et les difficultés quant à parvenir à un taux de 60% de lignes enterrées en Pays Basque nord tel que mis en avant par les élus pro-LGV vont compliquer la tâche du rapport final qui doit être rendu à Matignon le 31 mai prochain.

Soulevée de maintes fois par le collectif d’opposition aux nouvelles voies du CADE, il existe bien une différence considérable de hauteur au niveau de la jonction entre la LGV Sud-Atlantique et le Y basque venu de la péninsule ibérique, ce qui obligera un des opérateurs à revoir sa copie : vu l’avancement des travaux en Pays Basque sud, il appartiendra donc à la France de relever ses voies LGV, rendant ainsi caduque ce chiffre de 60%.

Dans le meilleur des cas, le taux de voies enterrées tournerait autour de 40%, et il s’agira pour beaucoup d’entre elles de voies décaissées et non recouvertes qui déboucheront ensuite (avec un niveau phonique qui sera comparé à celui des cloches des vaches sur les zones agricoles) sur des ouvrages aériens qu’il sera difficile de ne pas remarquer : l’Adour et la Nive devront être franchies avec un nouveau pont ferroviaire d’une vingtaine de mètres de haut.

Dans ce paysage grandement modifié, l’opérateur RFF n’échappera donc pas à quelques « devoirs de rattrapage », le facteur humain et environnemental n’étant pas jugé suffisamment convaincant actuellement sur les études proposées, du fait par exemple de l’absence de repérages suffisant des zones naturelles à préserver.

Dans son exposé mardi prochain, Mme Meaux devrait par contre insister sur un nombre d’expropriations plus réduit que celui estimé il y a quelques mois, tout en précisant l’existence d’une sorte de « réservoir d’expropriations » à considérer « au cas par cas » lorsque le fuseau définitif sera communiqué aux riverains, fin 2010.

Reste le plus grand problème qui devrait occuper la médiatrice une bonne partie du week-end : la construction de ce nouvel axe ferroviaire ne sera pas sans conséquence sur l’organisation touristique, économique et politique des territoires traversés.

L’emploi de main d’oeuvre locale reste sans garantie, l’impact de la phase de chantier sur le tourisme sera effectivement une pdonnée compliquée à estimer, et rien ne garantit aujourd’hui que le passage de la LGV apporte au Pays Basque nord le formidable accélérateur économique mainte fois décrit.

Son succès, ou son échec, dépendra de la capacité de l’Etat et des élus à repenser en Pays Basque nord un nouveau maillage de transports collectifs pour fluidifier l’accès à ce nouveau tracé (s’il s’y arrête), et jusqu’à sa capacité à « concurrencer » les futurs pôles économiques : à Bordeaux, la création de 45.000 m2 de bureaux y est programmée chaque année pendant 15 ans, et Toulouse n’entend pas renoncer pour sa part à un tel « berceau d’emplois ».

Mme Meaux annoncera avec force que l’Etat accompagnera le Pays Basque dans sa réflexion territoriale, comme furent déjà entendus le soutien – aujourd’hui remis en question – de la Commission Balladur au maintien des spécificités du pays « Pays Basque », ainsi que le soutien présidentiel et ministériel aux langues régionales comme l’euskara : de ce côté-là, il n’y a plus de doute, le projet a été enterré à 100%.

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