JF cherche « green lover » : la quête du prince charmant écolo

rue89.com, Hélène Crié-Wiesner, le 5 avril 2010 

JF cherche « green lover » : la quête du prince charmant écolo

Aux Etats-Unis, sites web et livres se multiplient pour aider les défenseurs de l’environnement à trouver leur moitié d’orange.

« Cherche garçon ou fille pas mal, sympa, drôle, écolo très concerné, qui ne devienne pas hystérique si je mange du steak trois fois par an, ou si je prends parfois ma voiture. » Bienvenue dans le monde rigoureux du « green dating » américain.

Pour commencer, la « date » américaine est différente de la simple invitation à dîner, boire un verre, voir un film, qui caractérise le rendez-vous vaguement galant de chez nous. La « date » regorge de règles qu’un étranger à la culture ne maîtrisera jamais. (Décryptage élémentaire ici, par une Française qui s’y connaît.)

La « date » peut être le rendez-vous ou la personne. Ou la situation, si elle se répète sur quelques semaines : « I’m dating him » (« on sort ensemble en ce moment »). On couche ou pas, ça dépend, mais au final, c’est bien l’objectif du dating : trouver un(e) « date » qui devienne un partenaire sérieux.

Il semblerait que les écologistes attachent une attention extrême à la recherche de leur moitié d’orange. Ils sont concernés par le devenir de la planète, attentifs à ce que leur manière de vivre n’aggrave pas les problèmes de celle-ci. En sus des affinités classiques entre deux individus, ils veulent des garanties de compatibilité carbone.

Un partenaire qui ne soit pas un rabat-joie

C’est ce qui ressort d’un certain nombre de sites web dédiés au vert dans la vie de tous les jours. Ici par exemple, sur Grist (site que je n’hésite pas à qualifier de « New York Times de l’environnement »), ce constat dépité d’une internaute :

« Je suis une fille célibataire de Seattle, où l’on pourrait croire qu’il serait facile de trouver un partenaire concerné par l’écologie, qui ne serait pas un rabat-joie permanent. Je cherche juste un chouette type impliqué !

Ben non, je ne trouve pas. A chaque fois que je tombe sur un mec conscient de l’importance de diminuer son empreinte carbone, il s’avère que ce type est un donneur de leçon insupportable. »

A part la cuisine et les régimes, aucun thème aux Etats-Unis ne fait davantage tourner l’édition papier, télé et web que celui du dating. Les sites de « green dating » y sont légion : Earth Wise Singles, Green Passions, Green Singles, et encore Planet Earth Singles, parmi tant d’autres.

Des rencards neutres sur le plan carbone

Comme le souligne TreeHugger, autre site d’informations écolos très fréquenté, les cœurs profondément verts sont sophistiqués, ils veulent bien plus qu’une bonne vieille « date » :

« Vous cherchez quelqu’un qui partage votre passion pour l’environnement. Une fois que vous l’avez rencontré, vous entendez conserver votre relation aussi verte que le reste de votre vie.

Vos “dates” (ici, au sens de rencontre) doivent être neutres sur le plan carbone, vos dîners toujours bios, vos loisirs en commun forcément utiles. Vous voudrez par exemple faire ensemble du bénévolat vert, comme ramasser des ordures dans la campagne. »

Pour ces gens-là , il existe un guide très complet : « How to go green : dating ». Bourré de trucs et de conseils à même de leur permettre les gestes sentimentaux les plus beaux et les plus écolos, qui ne jureront ni avec leur tas de compost, ni avec leur vélo.

« Dater » online : no transport, no bébé

La Ménie Grégoire (en fait, elle s’appelle Umbra) qui répond aux appels au secours sur Grist a plusieurs bonnes idées :

« Si vous désirez vraiment diminuer avec vos émissions de carbone, vous devez “dater” exclusivement en ligne, et ne jamais rencontrer la personne pour de bon. Vous serez sûre, ainsi, de ne pas dépenser d’énergie en transport, et de ne jamais procréer. »

Un peu plus laxiste ? « Go green, date your neighbor » (sortez avec votre voisin). Essence réduite au minimum. Umbra suggère aussi :

« Retournez à l’université, inscrivez-vous pour un MBA. en développement durable, vous rencontrerez des gens dans votre genre. Ou prenez l’habitude de fréquenter les Greendrinks (des pots écolos organisés pour que les citoyens concernés se rencontrent) de votre ville. »

En France, les sites de rencontre écolos commencent aussi à voir le jour. En voici déjà un très mignon, indiqué par Le Figaro.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

On va pouvoir enfin draguer entre gens de droite !

Beautifulpeople, un site de rencontres interdit aux moches

Ailleurs sur le Web

« C’est un « date », ou pas? », sur FrenchMorning

« How to go green: dating », sur TreeHugger

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Une Réponse

  1. Mort de rire ! Je n’avais jamais entendu parler de ca et pourtant j’ai vécu 5 ans en Allemagne et ils sont déjà pas mal grün. Content que ca bouge au USA, ca n’est que de bonne augure pour nous aussi les frenchies !
    A quand les organisateurs francais de soirées rencontres « spaghetti » les feront façon « spaghetti sans viande » ;-)

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