Jeudi 25 mars à 20h30 au Centre Culturel de Créon « La construction du paysage et de l’urbanisme dans l’Entre-deux-Mers »

MNE Bordeaux-Aquitaine, Université populaire de l’environnement, communiqué, le 17 mars 2010

Le Comité de liaison de l’Entre-deux-Mers et la Maison de la Nature et de l’Environnement Bordeaux-Aquitaine, vous invitent dans le cadre de l’Université Populaire de l’Environnement, à participer à un cycle de deux conférences-débat sur le thème de « L’Entre-deux-Mers en 2030 »

La première de ces conférences-débat publique aura lieu : Jeudi 25 mars à 20h30 au Centre Culturel de Créon  « La construction du paysage et de l’urbanisme dans l’Entre-deux-Mers »

avec Jean-Claude Hinnewinkel, professeur honoraire de géographie de l’Université de Bordeaux 3

et François Gondran, Directeur du service départemental de l’architecture et du patrimoine de la Gironde.

La Conférence-débat sera précédée de la diffusion d’un film documentaire de Pierre Pommier, « La vigne de Montgirard » qui évoque la vie au fil des jours au cours de l’année 1977 à Cénac, village de l’Entre-deux-Mers à l’est de Bordeaux.

La seconde conférence « Entre-deux-Mers 2030 : quel paysage et quel urbanisme voulons-nous ? » (date et lieu à définir) sera précédée de la diffusion d’un film documentaire de Matthieu Lietaert « Vivre en co-habitat » avec la participation de deux architectes bordelais spécialistes de l’éco-construction Olivier Lehmans et Marc Lasaygues.

Le mois dernier, Télérama a publié une enquête intitulée « Comment la France est devenu moche ». Cette formule lapidaire résume parfaitement le sentiment de beaucoup de membres d’associations historique, environnementale, de patrimoine…

Le Corbusier qui avait compris l’hégémonie à venir de la voiture, a imaginé de découper les villes de façon rationnelle, en quatre zones correspondant à quatre « fonctions » : la vie, le travail, les loisirs et les infrastructures routières.

Ceux qui ont vite compris le potentiel que leur offrait ce quadrillage de bitume – foncier pas cher et abondant, accessibilité et visibilité formidables –, ce sont les nouveaux opérateurs du commerce. Conçus à l’américaine – « no parking, no business » –, les hypermarchés raisonnent en termes de « flux » de voitures et de « zones de chalandise » : ils commencent par aspirer les consommateurs des centres-villes en attendant que les lotissements viennent boucher les trous du maillage routier…  Pour quel bilan ?

Tandis que nos compatriotes s’accoutumaient à naviguer le week-end d’un parking à l’autre, les quartiers pavillonnaires ont fleuri. Ce sera, pendant vingt ans, la politique des grands ensembles. Le rêve pavillonnaire lui succèdera. Les centres-villes étant devenus inabordables, les familles sont condamnées à l’exil périurbain, alors « on tartine du lotissement au kilomètre », c’est facile et pas cher. Le Moyen Age a eu ses villes fortifiées et ses cathédrales, le XIXe siècle ses boulevards et ses lycées. Nous avons nos hangars commerciaux et nos lotissements.

Alors, il n’y aurait pas d’autre mode de vie que celui qui consiste à prendre sa voiture tous les matins pour faire des kilomètres jusqu’à son travail, par des routes saturées et des ronds-points engorgés, pour revenir le soir dans sa maison après être allé faire le plein chez Carrefour ?

« L’inflexion, sur le plan des idées, a commencé, se réjouit l’architecte et urbaniste Bruno Fortier. Depuis trois ou quatre ans, tout le monde dit : on arrête les conneries, on se calme, on redensi­fie, on réurbanise intelligemment, on cesse de dévorer les terrains agricoles… Mais fabriquer un urbanisme plus évolué, avec un rapport à la nature plus riche, comme ce que l’on voit aux Pays-Bas, au Danemark ou en Allemagne, ça va coûter un peu plus cher ! »

Alors rêvons un instant à ce que pourrait être une « ville passante », comme l’appelle un autre architecte et urbaniste David Mangin, une ville désintoxiquée de la voiture, désenclavée, oublieuse des artères qui segmentent et des zones privatisées et sécurisées, une ville de faubourgs dont les fonctions – habitat, travail, commerce, loisirs – seraient à nouveau mélangées, une ville qui réinvente des relations harmonieuses avec sa campagne périphérique – circuits-courts, AMAP, production d’isolants naturels, d’énergies renouvelables…,  une ville hybride, métissée, où chacun mettrait un peu du sien…

Trop tard ?

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