Entre 13 000 (police) et 20 000 manifestants (organisateurs) anti-LGV à Hendaye : Le forcing des anti-LGV et La charte européenne d’Hendaye est signée

 sudouest.com, Pierre Sabathié, le 24 Janvier 2010

En savoir plus [PORTFOLIO] Les images de la manifestation anti-LGV à Hendaye

TRANSPORTS. 15 000 opposants venus de toute la région ont participé samedi à la première manifestation transfrontalière entre Hendaye et Irún

Le forcing des anti-LGV

Entre 13 000 et 15 000 personnes. La manifestation anti-LGV, organisée hier à Hendaye, a réuni plus de monde que le premier mouvement lancé à Bayonne le 17 octobre dernier (10 000 personnes environ). Les associations hostiles aux lignes ferroviaires nouvelles, à l’origine de cette nouvelle mobilisation, affichent le sourire. « Je suis très satisfait de la journée, confie Victor Pachon, président du Cade (collectif d’associations de défense de l’environnement). La déclaration européenne (lire ci-dessous) et cette forte mobilisation sont un signal fort envoyé à tous ceux qui s’obstinent aveuglément pour les LGV. S’ils persistent, il faudra qu’ils assument de passer contre l’avis de la population. »

À deux mois des élections régionales, il vise implicitement les élus qui se prononcent en faveur de la LGV. « Notre consigne, c’est de ne donner aucune voix à ceux qui sont pour la LGV », assure le patron du Cade. Les élus présents à la manifestation partageaient l’analyse. « La population se mobilise de plus en plus, constate Jean-Louis Laduche, maire d’Ascain. Cela nous conforte dans notre idée que la population soit entendue et sonne comme un sérieux avertissement au président de Région. »

Dans le cortège, les manifestants venus de tout le Sud-Ouest ne se cachaient d’ailleurs pas pour dire que la LGV influerait leur vote dans deux mois. « Oh oui, cela va influer mon vote, cela va même l’influer beaucoup », confie par exemple Alain, de Villefranque (64), dont la maison se situe sur le périmètre d’étude retenu par le comité de pilotage du 11 janvier.

Seule Europe Écologie était représentée par sa tête de liste Monique de Marco. Noël Mamère et Marie Bové étaient également présents. En revanche, les conseillers régionaux du sud du Pays basque, Sylviane Alaux (PS) et Peyuco Duhart (UMP), également maire de Saint-Jean-de-Luz, étaient absents.

Friture sur les lignes

Mais la politique était reléguée au second plan des préoccupations des manifestants réunis à Hendaye. L’annonce du fuseau rétréci à 1 000 mètres, tant pour la ligne Bordeaux-Hendaye que pour la Bordeaux-Toulouse, a motivé les opposants à redoubler d’efforts pour faire entendre leur courroux.

De nombreuses banderoles de Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne ont garni le défilé aux côtés des Basques français et espagnols. « Nous sommes situés dans le fameux triangle des deux LGV, explique Philippe Courbe, maire de Bernos-Beaulac dans le Sud-Gironde. Une quinzaine de maisons sont menacées, alors que nous sommes dans une zone Natura 2000. La vallée est déjà impactée par l’A 65, il y a des enjeux environnementaux, et l’on n’en tient pas compte. »

Jean-Philippe, Romain et Amaelle sont venus de Fargues-sur-Ourbise (47). « On est tous concernés par ce tracé qui va traverser la forêt des Landes. Pourquoi ne pas aménager la ligne existante ? se demande Jean-Philippe. En plus, je ne suis pas convaincu par le rapport qualité-prix. » « Aucune discussion n’est possible, les méthodes de RFF me choquent », complète Amaelle. Ils seront à Nérac le 6 mars pour la première manifestation d’opposants organisée dans le Lot-et-Garonne.

73 tracteurs en tête

Le manque de concertation, l’environnement et l’argent sont les revendications récurrentes des opposants. « Quand on voit tous les milliards que cela va coûter et que l’on n’est pas capable de trouver quelques milliers d’euros pour arranger nos virages, c’est inadmissible, peste Charles, du quartier Béhobie à Urrugne (64). Bien sûr qu’il faut préparer l’avenir, mais pas en gaspillant autant d’argent. »

Ils sont déterminés et ne veulent pas lâcher. « Oui, nous sommes confiants, et nous allons continuer à nous battre », prévient Maria d’Urrugne.

La manifestation, ouverte par 73 tracteurs d’agriculteurs du Pays basque, a duré plus de deux heures, entre Hendaye et Irún, sans le moindre incident.

Des élus et des représentants d’associations ont pris la parole pour clore la journée. « La population de nos territoires conteste la ligne nouvelle, il est de notre devoir, en tant qu’élus, de les défendre », affirme Michel Hiriart, président de la Communauté de communes Sud-Pays basque. « J’espère maintenant que l’on sera entendu par le gouvernement pour nommer un médiateur », déclare Odile de Coral, maire d’Urrugne.

sudouest.com, Pierre Sabatié, le 24 Janvier 2010

TRANSPORTS. Une vingtaine d’associations de France, d’Espagne et d’Italie votent une motion contre les LGV

La charte européenne d’Hendaye est signée

Hier matin, les représentants d’une vingtaine d’associations de France, d’Espagne et d’Italie opposées aux LGV ont échangé leurs expériences et mis en commun leurs idées à travers la signature d’une déclaration commune, baptisée « charte, d’Hendaye ».

« Cela nous engage au plus haut niveau pour un groupe de travail qui va s’étendre à toute l’Europe, un véritable outil. C’est un jour historique », affirme un membre du Cade, à l’initiative de cette motion.

Tous constatent que « ces projets constituent pour les territoires traversés un désastre écologique, socio-économique et humain, sur des hypothèses de trafic et de rentabilité fausses, au détriment du trafic de proximité et de la priorité au maintien et au développement des réseaux ferroviaires existants. »

Face à cela, les associations demandent dans cette charte que « la Commission européenne et le Parlement européen ouvrent une réflexion sur l’absurdité et la non-nécessité des grandes infrastructures, et une révision profonde de la stratégie de l’Europe sur les transports » et, sur le plan national, que « les gouvernements français, italien et espagnol ordonnent l’arrêt immédiat des travaux et projets de LGV pour entamer un débat public sur le modèle de transport ».

Coïncidence, une manifestation similaire à celle d’Hendaye se déroulait hier à Suze, en Italie, pour dire non à la LGV dans la vallée. « Pour nous, cette charte arrive après vingt et un ans de combat », explique Paolo Prieri, qui représente les associations italiennes. « En Rhône-Alpes, on se bat contre le Lyon-Turin, précise Olivier Cabanel de la coordination Dauphiné-Savoie. On a fait des études, le projet n’est pas rentable, mais ils n’ont pas lâché. »

Une étude en Lot-et-Garonne

Dans la région, après le Pays basque et le sud des Landes, moteurs dans la mobilisation, les associations du Lot-et-Garonne, en vallée d’Albret et Coteaux des Landes et de Gascogne, multiplient les réunions d’information. « De nombreux villages sont concernés, on se mobilise face à la décision brutale de RFF », confie Alain Dewert qui a créé l’association des Coteaux en décembre. Charles D’Huyvetter, en Albret, a créé sa structure en octobre. « Cela prend comme une traînée de poudre, on comble la carence de communication de nos élus. » Ils constatent néanmoins que depuis l’annonce du fuseau le 11 janvier, les élus se mêlent aux débats. « Un collectif d’élus va lancer une étude indépendante, cautionnée par le président du Conseil général », annonce Charles D’Huyvetter. La motion va être envoyée à Bruxelles via les députés européens et aux trois gouvernements. L’Europe des anti-LGV est sur les rails.

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Une Réponse

  1. OUI A LA LGV SUR LES LIGNES ET GARES EXISTANTES

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