Communauté d’agglomération de Pau-Pyrénées et SEPANSO Béarn : Ça grince Porte des gaves

sudouest.com, Nicolas Rebière, Alain Babaud, le 21 Janvier 2010

COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION. Les critiques naissent autour des futurs aménagements des bords du gave

Ça grince Porte des gaves

Alors qu’ils sont actuellement à l’étude par la Communauté d’agglomération de Pau-Pyrénées, les projets d’aménagements des gaves, dévoilés depuis quelques semaines, ont déjà leurs détracteurs.

D’abord la Sepanso (Société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest) Béarn, qui vient d’écrire à Martine Lignières-Cassou, la présidente de la CAPP, comme pour jeter un pavé dans la mare.

« Autant nous comprenons votre volonté de réaménager les friches industrielles et les abords de la gare SNCF, autant nous n’acceptons pas le grignotage des espaces naturels classés par étapes programmées », écrit la Sepanso. Juste avant les fêtes, les élus de la Communauté d’agglomération avaient en effet voté le principe d’un parc urbain sur 350 hectares autour de la rivière qui irrigue des communes de l’agglo. La semaine dernière, c’est le futur projet Porte des gaves, qui prévoit un réaménagement global des environs de la gare, autour duquel on discutait (lire par ailleurs).

C’est d’ailleurs le simple vocable de parc naturel urbain qui fait aussitôt bondir la Sepanso, qui y voit comme un oxymore. « Nous veillerons au respect du nouveau Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux et à la cartographie de Natura 2000 », prévient Michel Rodes, président de la Sepanso.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que la Sepanso entame un bras de fer avec l’Agglo de Pau autour de l’aménagement du gave. Voici deux ans, elle avait tenté de faire arrêter le chantier du stade d’eaux vives, estimant que son implantation, pour partie sur une zone Natura 2000, n’était pas compatible avec les obligations légales fixées par l’Union européenne pour ces espaces. La Sepanso vient d’ailleurs d’apprendre que son action sur le fond avait échoué devant le tribunal administratif de Pau.

« Laisser faire la nature »

Mais l’association de défense de l’environnement annonce déjà qu’elle fera appel de la décision. « En général, nous perdons à Pau, mais nous gagnons à Bordeaux », lance Michel Rodes, qui plaide contre « l’artificialisation » de ces zones Natura 2000. « Que l’on dépollue, que l’on enlève les gravats, que l’on remette le niveau normal du cours d’eau, d’accord. Mais laissons faire ensuite la nature », lance le président de la Sepanso.

« La Sepanso Béarn est pour la sanctuarisation de la nature. Nous n’avons pas la même conception », se défend Martine Lignières-Cassou. « Quand on a d’un côté la nature, de l’autre les activités humaines, la nature est plus que chahutée. Cela aboutit à la multiplication des dépôts sauvages le long du gave comme c’est le cas depuis des années. Il s’agit de rendre compatibles les activités humaines et la nature, de rompre avec la logique d’aménagement précédente en établissant un plan de gestion de la nature dans ce futur quartier, en commençant par dépolluer certaines zones comme la carrière Soubies », décrit encore la députée-maire.

« De qui se moque-t-on ? »

Laquelle se voit aussi attaquée par sa droite sur le projet Porte des gaves. Mais cette fois, c’est avec moins de surprise que l’on apprend la lettre ouverte qu’Yves Urieta vient de lui adresser. Le conseiller municipal Gauche moderne dit, dans sa missive, avoir constaté « avec effarement » que l’actuelle majorité « reprend à son compte sans jamais le citer un grand projet initié par André Labarrère ».

Mais le fer porte surtout sur le coût des études annoncé la semaine dernière : 700 000 euros (« Sud Ouest » du 16 janvier). « De qui se moque-t-on, alors que l’on sait qu’une étude sérieuse établie pour 55 000 euros par un cabinet national, associé à un remarquable paysagiste, a déjà oeuvré sur le projet d’éco-quartier et réalisé une analyse plus que conséquente sur les plans environnementaux et paysagers ? » demande Yves Urieta.

« La décision de revoir la copie des Portes des gaves a été prise par les maires de l’Agglo en juin 2008. En considérant que le projet intéressait, aussi, les communes de Billère, Jurançon Lescar ou Lons, il fallait tout remettre à plat », rappelle Martine Lignières-Cassou. Elle explique le coût des études par sa fameuse « approche globale ». « Si on laisse le stade d’eaux vives tout seul dans cette zone, on ne le valorisera pas. Si on ne se donne pas de moyens sur dix ou quinze ans, on ne va ni désenclaver, ni dépolluer, alors que j’entends déjà les attentes de certains maires. »

Si le projet doit se lire sur le long terme, on peut déjà imaginer qu’il pourrait d’ici là provoquer d’autres remous…

Un parc et un quartier très liés

Le quartier communautaire de Porte des gaves et le Parc naturel du gave de Pau sont deux projets intimement liés, mais distincts. Le futur quartier est celui que la Communauté d’agglo cherche à bâtir autour du stade d’eaux vives inauguré l’an dernier. Il va, grosso modo, de la gare SNCF de Pau au Haras de Gelos et se trouve à la confluence de quatre communes. L’Agglo a la maîtrise de 6,5 hectares sur 17.

Le Parc naturel coule quant à lui sur 350 hectares le long du corridor du gave et baigne huit communes. Une partie du Parc naturel se trouve donc à la Porte des gaves, mais une partie seulement. Pour autant, les deux s’imbriquent fortement. Ils ont notamment en commun de rechercher l’harmonie entre les activités humaines (habitat, loisirs, économie…) et la protection de la nature. Côté Parc naturel, l’Agglo prévoit de mettre 10,4 millions d’euros dans l’élimination des dépôts sauvages d’ordures, la réalisation d’une voie verte, d’une baignade à filtrage naturel tout près du stade d’eaux vives… L’ensemble des études prévues, pour l’heure, se monte à 700 000 €. L’étude de définition lancée pour la Porte des gaves va coûter 360 000 € (pas 200 000 € comme il avait été dit précédemment), celle sur la protection du milieu 30 000 €. 90 000 € permettront d’étudier le schéma d’aménagement des berges de Bizanos jusqu’à Lescar, et de vérifier la faisabilité du « plan d’eau biotope baignable » envisagé. L’Agglo participe également aux deux tiers (40 000 €) à une étude sur l’activité de la gare SNCF.

Au total, 520 000 € sont déjà engagés. Le reliquat doit financer des analyses de sols et l’étude de travaux ainsi que d’une nouvelle signalisation à la gare.

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