Energie : Coup de solaire sur le Sud-Ouest

sudouest.com, Bernard Broustet, le 22 Décembre 2009

ENERGIE. Alors que le numéro un mondial des panneaux va investir en Gironde, les projets de fermes solaires pullulent dans la région.

Coup de solaire sur le Sud-Ouest

La région abrite déjà à Losse (Landes) ce qui sera la plus grande installation photovoltaïque de France. Et la plus grosse usine française de panneaux va être construite à Blanquefort (Gironde) par l’américain First Solar, numéro un mondial de la spécialité (cliquez ici pour lire l’article). Le chantier devrait débuter en septembre 2010, la production en 2012. Le contrat-cadre de cette opération a été signé hier entre le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Espace rural, Michel Mercier, les collectivités locales qui apportent leur contribution et le président de First Solar, Bruce Sohn. Ces deux opérations témoignent de l’ampleur de la fièvre solaire qui se manifeste dans l’Hexagone, et notamment en Aquitaine.

Incitations juteuses

Plus encore que l’éolien, le photovoltaïque était longtemps resté en France dans une situation de marginalité absolue, du fait de son coût et de la prépondérance du nucléaire. Mais la conférence de Kyoto, les directives européennes, les baisses de coûts progressives et le Grenelle de l’environnement ont changé la donne. Le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, a fixé pour objectif en 2020 un potentiel installé de 5 400 mégawatts, soit moins que la somme des puissances installées des centrales nucléaires de Golfech et de Braud-et-Saint-Louis, mais infiniment plus que les quelques dizaines de mégawatts aujourd’hui en service.

Une moitié ou plus de ce potentiel pourrait provenir des modules installés sur les toitures des maisons et des locaux professionnels (hangars agricoles, parkings), bénéficiant à ce jour au moins d’incitations juteuses (prix de rachat garanti sur vingt ans, crédit d’impôt, etc.). Mais une bonne partie de ce courant solaire devrait être fournie par des « fermes » regroupant des panneaux au sol.

Dans cette perspective, la forêt des Landes de Gascogne fait l’objet d’une sollicitude nourrie. Car si elle n’est pas la zone la plus chaude de France, elle n’est pas non plus la plus froide. Surtout, l’espace y est vaste et peu cher. Et, après les ravages de la tempête, le photovoltaïque apparaît, à tort ou à raison, comme une bouée de sauvetage.

Le massif a donc été prospecté en long et large par des opérateurs divers. Le plus puissant d’entre eux est EDF Énergies nouvelles. La filiale du géant français se taille la part du lion dans les projets aujourd’hui en cours de réalisation (Losse) ou de gestation (Saint-Symphorien, Cestas, etc.). La Compagnie du Vent, filiale de GDF-Suez, fait aussi partie des visiteurs du massif, au même titre que de plus petites entreprises comme Eosol ou Solarezo (voir ci-dessous).

Dans ce domaine, la discrétion est souvent de mise : parfois placés en concurrence, les communes et les propriétaires n’ont pas forcément envie de voir partir la poule aux oeufs d’or (les locations de surfaces) chez le voisin. « Le photovoltaïque est parfois devenu une obsession », constate Philippe Sartre, maire de Garein (Landes) et président de la commission urbanisme du Parc naturel des Landes de Gascogne, qui s’efforce de faire respecter le très riche patrimoine environnemental du massif.

La fièvre qui a frappé la région était sans doute d’autant plus forte que le paysage institutionnel et économique était plutôt favorable aux porteurs de projet. D’une part, EDF s’est engagée à racheter l’électricité produite sur une durée de vingt ans pour les opérations démarrant en ce moment ; d’autre part, le cadre juridique était moins contraignant qu’il n’est en train de le devenir, même si le Code forestier imposait déjà de replanter dans la région ou ailleurs l’équivalent des surfaces déboisées.

L’État vigilant

Mais les choses changent, du fait de la publication d’un décret très récent et de l’attention croissante apportée à ces dossiers par la puissance publique. Désormais, une enquête publique est nécessaire. Et les services de l’État, auquel il incombe de délivrer les permis, affichent leur volonté de préserver le caractère sylvicole et agricole du massif et de ses pourtours, en privilégiant les projets installés sur des terrains déjà « artificialisés » (friches industrielles et commerciales, sols pollués, etc.).

Cette position risque de ne pas faire bondir de joie certains opérateurs du solaire, pour lesquels l’installation de quelques milliers d’hectares dans un massif qui en compte 1 million suffirait à atteindre une part significative des objectifs de la France dans ce domaine. Sur le plan juridique, le front photovoltaïque pourrait bien se réchauffer.

Lire aussi

 » Plusieurs spécialistes du solaire implantés dans la région

 » Sunnco : une croissance échevelée

 » La plus grande centrale solaire urbaine de France

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :