Régionales : après la sécurité, l’UMP mise sur l’écologie

developpementdurable.com, Yann Cohignac, le  27 novembre 2009

Régionales : après la sécurité, l’UMP mise sur l’écologie

Quatre mois avant le scrutin des régionales, l’UMP se réunit demain (28 novembre) en conseil national à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, pour investir ses têtes de liste. La sécurité devrait rester un argument de campagne, mais l’écologie prend de plus en plus de place.

Lors de son conseil national, le parti de la majorité adoptera une double tactique pour les élections régionales : comme d’habitude, la droite jouera sur le terrain de la sécurité, et réaffirmera l’importance du débat sur l’identité nationale, histoire de capter les voix du FN. Mais séduire les électeurs frontistes ne sera pas la seule ambition de l’UMP : elle s’attachera aussi à rallier l’électorat écologiste, qui progresse en France depuis les européennes (Europe Ecologie y a talonné le PS avec 16,28 % des voix), en mettant l’accent sur la protection de l’environnement.

Et même si cette stratégie fait débat au sein de la formation politique, elle semble faire son chemin. Elle est notamment soutenue par le président de la République en personne, qui assistera d’ailleurs au conseil national. Chantal Jouanno, elle, plaide même pour que chaque candidat adopte des engagements concrets en matière de développement durable. Signe que le combat écologiste est devenu important pour l’UMP : l’invitation, demain, de Rajendra K. Pachauri, président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Une polémique malvenue

La présence du climatologue parviendra peut-être à calmer la polémique qui enfle sur le vote de parlementaires UMP à Strasbourg, lors de la résolution sur les négociations de Copenhague le 25 novembre. Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie, a en effet constaté que les membres français du Parti populaire européen (PPE) ont « systématiquement tenté de réduire l’ambition du projet ».

« En supprimant la possibilité de recourir à une taxe sur les transactions financières pour financer le soutien aux pays du Sud, les députés UMP ont indiqué leur désaccord avec les propos du Président Sarkozy et, plus gravement, avec le Plan Borloo présenté comme l’étendard de l’ambition climatique française », lance-t-il.

Et d’ajouter : « En demandant explicitement que les pays émergents Chine, Brésil et Inde, aient des objectifs de lutte contre les changements climatiques équivalents aux pays riches, les députés UMP remettent en cause rien de moins que la structure de la négociation internationale et le principe inhérent au protocole de Kyoto : la responsabilité première des pays développés dans l’accumulation des gaz à effet de serre et donc dans la lutte pour leur réduction. En contradiction complète avec la ligne officielle française ».

Selon lui, « la position française dans les négociations, généralisée à l’ensemble de la planète, conduirait Lire la suite

Nicolas Hulot et la malédiction du « Titanic »

lemonde.fr, Laurence Caramel, le 26 novembre 2009

Nicolas Hulot et la malédiction du « Titanic »

Il y eut une véritable défermante médiatique, une promotion digne d’un blockbuster, des avant-premières avec ministres et même un ancien président de la République. Puis plus grand-chose. Le film de Nicolas Hulot et de Jean-Albert Lièvre, Le Syndrome du Titanic, sorti dans 178 salles, le 7 octobre, est vite tombé dans l’indifférence, perdant plus de la moitié de son audience dès la deuxième semaine. Depuis son lancement, il dépasse à peine 250 000 entrées, une misère quand « Ushuaïa nature », l’émission de Hulot diffusée sur TF1, attire en moyenne 5,7 millions de téléspectateurs. Premier dans la veine climatique, le documentaire de l’ancien vice-président américain Al Gore, Une vérité qui dérange, sorti fin 2006, a été vu, lui, par 741 000 spectateurs en France.

Loin de susciter le débat, la prophétie catastrophiste du reporter écolo, chouchou des Français et apprécié des politiques de tous bords, a fait office de repoussoir. Le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo avait pourtant pris la peine de le défendre.

L’échec est plus ou moins assumé. L’auteur, en tournage en Afrique, n’est pas joignable. Sa fondation, au motif que « le film n’est pas son projet », botte en touche. Le producteur Eric Altmayer, de Mandarin Cinéma, lui, ne cache pas « une petite déception ». « Nous espérions entre 400 000 et 500 000 entrées pour une sortie prévue au mois de mai. Nous avons pris du retard, et le film Home, de Yann Artus-Bertrand, lancé gratuitement et à la télévision en prime time, nous est passé dessus. Notre différence n’a pas été perçue », explique-t-il.

Selon M. Altmayer, ce n’est pas la seule raison : « Les gens vont au cinéma comme ils vont à la pharmacie. Pour se soigner et se consoler. Voilà pourquoi Les Choristes ou Le Petit Nicolas ont du succès. C’est l’inverse de ce que propose Nicolas Hulot. On le savait, mais nous pensions que la curiosité médiatique permettrait de lancer le film. »

Trop noir, trop radical : le discours anticapitaliste et sans concession du nouvel Hulot a pris à rebrousse-poil ceux qui le trouvaient sympathique, notamment parce qu’il avait su garder une forme de neutralité politique. « Pour être populaire, il faut être consensuel. Les politiques font rarement partie de notre Top 50 des personnalités préférées des Français« , souligne Jérôme Fourquet, directeur adjoint au département Opinions de l’IFOP. En juillet, Nicolas Hulot arrivait en 7e position de ce classement, entre Mimie Mathy et Michel Sardou, et en 3e position auprès des électeurs de droite, à qui il offrait une version audible de l’écologie.

Erreur de stratégie donc ? « Non », répond Pascal Durand, porte-parole d’Europe Ecologie, « parce que Nicolas Hulot n’est pas dans une démarche marketing. Il a fait un film d’auteur qui exprime une souffrance face à la destruction de la planète ».

Il n’empêche. Avec l’échec du Syndrome du Titanic, l’auteur du Pacte écologique va devoir s’interroger sur son positionnement. Sa popularité Lire la suite