Verts de rage : les nouveaux militants écolos

naturavox.fr, Samia Ferjani – Ecofaubourgs, le 13 novembre 2009

Verts de rage : les nouveaux militants écolos

Les années 2000 ont vu l’émergence d’un activisme acéphale, festif, non-violent et capable de séduire les médias. Si le droit au logement et la guerre aux affiches publicitaires sont les chevaux de bataille de ce nouveau militantisme, l’écologie mobilise aussi…

Quelle contestation possible dans une société qui se targue d’avoir vu la fin des idéologies ? Une contestation festive, répondent les nouveaux militants. Exit les manifestations et le syndicalisme à la papa, avec sa hiérarchie, ses rites et son formalisme. Pour les activistes nouvelle génération de Jeudi noir, Sauvons les riches ou la BAC (Brigade activiste des clowns), l’engagement doit être aussi léger que spectaculaire. Et pour cause : l’objectif est de frapper les esprits et d’interpeller l’opinion – ce qui revient à faire la une des médias. D’où des actions ponctuelles et à forte portée symbolique, où priment l’humour, la créativité ou l’émotion. L’occupation du Canal Saint-Martin par les tentes des enfants de Quichotte, les fêtes improvisées lors de visites d’appartements aux loyers abusifs et les manifs de droite en sont autant d’exemples.

Comme le droit au logement ou la résistance à la publicité, l’écologie est un thème de prédilection pour ce nouveau militantisme. Ainsi, nombre de collectifs ont fleuri ces dernières années autour de la protection de l’environnement. Revue des troupes.

La BAD, ou Brigade d’action contre la déforestation

Emanation informelle des Amis de la Terre (une association pionnière en matière d’écologie), la BAD s’est donné pour spécialité la lutte contre la déforestation. Son credo : mettre à jour les causalités à l’œuvre dans la destruction des forêts primaires. « Le problème est lié à la surconsommation, explique Sylvain Angerand, membre de l’association, dans Un nouvel art de militer. Il faudrait consommer moins de viande, moins de papier, s’approvisionner en bois local, prendre uniquement ce que la forêt nous donne. » D’où une série d’actions coup de poing : missions de sensibilisation des consommateurs dans les magasins de meubles de banlieue, plantations « sauvages » d’arbres sur la Butte Montmartre ou la Tour Eiffel, verbalisation d’une société importatrice de bois présumé illégal et apposition de scellés factices sur le stock saisi… L’enjeu est de sensibiliser l’opinion, mais sans la braquer.

Du Carré vert à la Vélorution

Ces dernières années ont vu naître nombre de collectifs affairés à reconquérir l’espace public hypothéqué par la bagnole. Leur modèle : Reclaim the streets. Créée en 1995, cette association anglaise s’est rendue célèbre par l’organisation de street parties, ou fêtes de rue spontanées destinées à paralyser totalement le trafic routier.

Parmi les rejetons du collectif anglais, le Carré vert. Son haut fait d’armes : avoir bloqué le périphérique parisien pour y dérouler un tapis vert de 200 m2 planté d’arbustes afin d’en appeler à un nouveau partage de la voirie. Voir la vidéo ci-dessous (on conseille vivement de couper le son) :

Carré Vert envoyé par DESOBEIR. –

La reconquête de l’espace public est la revendication phare d’un autre groupe de militants : Vélorution. « Nous ne bloquons pas la circulation, nous sommes la circulation, proclame ce collectif né en 2002. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller à l’une de ses manifs : chaque année, pour promouvoir l’usage de la bicyclette comme alternative à la voiture, les « vélorutionnaires » circulent dans les rues de Paris… entièrement nus. Une façon de souligner la vulnérabilité des cyclistes en milieu urbain…

Le clan du néon

Autre cheval de bataille des nouveaux militants verts : la gabegie énergétique. D’où les actions menées par le Clan du néon.

Depuis 2007, ce collectif arpente de nuit les rues des grandes villes françaises pour y éteindre les enseignes lumineuses. L’enjeu est multiple, puisqu’il s’agit à la fois de lutter contre le gaspillage d’électricité et la pollution lumineuse, tout en dénonçant l’omniprésence de la réclame en milieu urbain… Exemple à Lyon :

Clan du néon sur lyoncapitale.fr envoyé par ClanDuNeon. –

Pour en savoir plus :

Les nouveaux militants, de Laurent Jeanneau et Sébastien Lernould. Editions Les Petits matins, Paris, 2008

Un Nouvel art de militer, Sébastien Porte et Cyril Cavalié, Editions Alternatives, Paris, 2009

 

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Une Réponse

  1. Bonjour,

    Professionnels intervenant dans différents domaines, et sensibles à la protection de l’environnement et plus généralement désireux de nous inscrire dans une logique de participation active au développement durable de notre monde, nous sommes retournés à nos études et préparons un Master 2 en Développement Durable et Organisations.
    Dans ce cadre nous menons une étude sur le rapport à la Nature et les nouvelles formes d’actions militantes en milieu urbain et souhaitons interviewer des militants. Votre anonymat est bien entendu garanti.

    Merci d’avance de votre réponse.

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