Feltesse – Objectif pour la Communauté urbaine de Bordeaux : un million d’habitants en 2030

sudouest.com, Jean-Bernard Gilles, le 26 Novembre 2009

AMÉNAGEMENT. Feltesse veut une agglomération millionnaire. Il propose des contrats aux élus de la périphérie

Les élus se prononcent sur l’adhésion à l’Établissement public foncier départemental

Objectif : un million d’habitants en 2030

Les questions d’aménagement et de programmation urbaine ne sont jamais très parlantes. On y décrit souvent ce que sera la ville ou le territoire dans lequel nous vivons dans les vingt prochaines années. Les élus savent qu’il faut rester modeste car souvent dans la vie réelle (pratiques quotidiennes de déplacements, d’achat ou de consommation), les gens déjouent les scénarios des urbanistes même les plus savants.

Le bureau de la Communauté urbaine de ce soir a toutes les chances d’être fondateur. Il fixe le cadre de vie des habitants de l’agglomération bordelaise et au-delà, des vingt prochaines années. Il donne l’occasion au jeune président de la CUB de proposer une nouvelle gouvernance à l’immédiate périphérie de la CUB. Et à son premier vice-président, le maire de Bordeaux de réaffirmer sa volonté de redonner à sa ville un plus grand poids démographique. Les grandes manoeuvres de l’aménagement de l’aire métropolitaine bordelaise de demain commencent donc ce soir à la CUB.

1 Inciter la population à revenir dans la CUB

Formellement le document sur lequel se prononcent les élus ce soir est la contribution de la Communauté urbaine de Bordeaux au Schéma de cohérence territoriale que l’on peut définir comme le plan guide de l’aménagement du territoire des 90 communes de l’aire métropolitaine bordelaise. Il est en cours de révision. Hier matin, Vincent Feltesse a dit vouloir agir enfin efficacement contre l’étalement urbain. Trop d’habitants ont quitté la Communauté urbaine faute de pouvoir trouver une offre de logements satisfaisante. Alain Juppé lui-même veut que la ville centre retrouve un nombre de population voisin de 330 000 habitants, soit plus 100 000 par rapport à la situation actuelle. Vincent Feltesse double la mise en quelque sorte en affichant un objectif d’un million d’habitants, soit 200 000 de plus à l’horizon de 20 ans. « Les emplois, les services, les infrastructures de transport sont sur la CUB, nous faciliterons la vie des gens en leur proposant des logements plus proches », indique Vincent Feltesse persuadé que l’on peut atteindre cet objectif sans toucher à la trame verte de l’agglomération.

2 Plus de logements proches du tramway

La conséquence immédiate de cette ambition pour le moins radicale – rappelons que 750 000 habitants vivent aujourd’hui dans les 27 communes de la CUB – est l’augmentation de la construction de logements. Alain Juppé martèle depuis des semaines que la ville centre a les moyens fonciers de ses ambitions. Avec la Berge du Lac qui démarre, les bassins à flot où tous les promoteurs et bailleurs importants ont pris position, la ZAC Bastide Niel et les nombreuses friches du périmètre de l’Opération d’intérêt national Euratlantique, l’agglomération dispose en son centre d’un nombre de friches sans équivalent dans les métropoles de cette taille en France et probablement en Europe. Sur la périphérie, des espaces existent aussi. Il va falloir que le président de la CUB vende cet objectif à ses collègues maires. Les projets de construction de nouveaux programmes de logements à Saint-Médard, Eysines, Villenave ou Floirac demandent aux maires un sens aigu de la diplomatie.

Celui de Blanquefort le sait, mais il est persuadé que toutes les pistes n’ont pas été étudiées et que l’on peut construire sur les parkings, le campus voire sur les grandes surfaces de périphérie dont l’attractivité faiblit. De beaux débats sont à prévoir. « C’est à proximité des terminus et des arrêts de tramway qu’il faut agir », estime le président de la CUB. Il envisage de signer avec les communes des contrats d’axes où elles seraient intéressées financièrement au développement du logement le long des corridors du tramway. La proposition fera débat.

Pour atteindre l’objectif millionnaire, il faudra dans tous les cas augmenter la cadence. L’agglomération a enfin atteint un rythme de production de 5 000 logements nouveaux. Il est aujourd’hui question de monter dans le cadre du programme local de l’habitat à 6 000. Mais pour atteindre un million d’habitants à l’horizon 2010, il faudrait doubler encore la cadence. Bigre.

3 Travailler autrement avec la périphérie

C’est sans doute la proposition qui sera la plus commentée. Vincent Feltesse confirme qu’il ne voit pas pourquoi étendre la CUB à sa périphérie, contrairement à Alain Juppé qui lui rêve encore d’une métropole élargie. Le président de la CUB propose aux huit Communautés de communes qui jouxtent la Communauté urbaine de signer des contrats d’un nouveau genre. Le Conseil général apposerait lui aussi sa signature. « On s’y fixera des objectifs communs en matière de transports, d’économie, de logements, d’eau, pourquoi pas d’urbanisme commercial », précise le président de la Communauté urbaine qui appelle donc sa périphérie à s’engager avec la CUB sur une nouvelle gouvernance. Les premiers pourraient être signés dans le courant de l’année 2010. Ils ne fixeraient alors que des objectifs. C’est dans un deuxième temps que seraient abordées, politique par politique, les questions financières. Car, comme Alain Juppé, Vincent Feltesse ne souhaite plus que la CUB finance seule les équipements et les services utilisés aussi par les populations hors CUB. Mais il y met des formes contractuelles que Pierre Ducout, Christian Mabille ou Gérard Dobo apprécieront peut-être. Il veille surtout à ne pas fâcher un président dont il espère lui aussi à terme une implication financière plus importante dans les affaires de la métropole.

Un établissement public foncier

Les réserves foncières de la Communauté urbaine de Bordeaux s’amenuisent. Il n’y a pas encore péril en la demeure mais avec 5 400 hectares en propriété, espaces publics compris, la CUB ne dispose pas des moyens fonciers de ses ambitions de logement à moyen terme. « On a pris du retard, regrette Michel Labardin, le maire de Gradignan. Il faut en effet savoir que tous les projets de ZAC en cours d’aménagement ou dans les tuyaux à Bordeaux, Floirac, Pessac, Mérignac ou dans le quadrant nord- ouest ne permettront d’honorer que la moitié des engagements communautaires en matière de construction de logements. Vincent Feltesse comme Alain Juppé plaident pour une augmentation de la cadence pour atteindre le million d’habitants. Cela fait des années maintenant que l’idée d’un établissement public foncier est en discussion. » On avance très doucement sur le sujet alors que les besoins de logements sont immenses », reconnaissait il y a peu Jean Touzeau, l’homme clé de ce dossier aux côtés de Philippe Madrelle, vice-président de la CUB chargé du logement.

Il y a quelques semaines, Vincent Feltesse annonçait l’accord de la CUB pour adhérer à l’Établissement public foncier. Son objectif est de constituer aujourd’hui des réserves foncières pour les rendre disponibles aux maires ou autres bailleurs sociaux qui ont un projet d’aménagement ou de logement. « Il faudra veiller à ce que cet outil soit réactif et que les réserves foncières soient bien dédiées d’entrée », prévient Michel Labardin, également vice-président de la CUB chargé de l’urbanisme. Il s’interroge encore sur le périmètre du futur outil. Mais il devrait, comme le maire de Bordeaux, être rassuré sur la condition mise par Vincent Feltesse à la participation au projet du conseil général. L’EPFL sera financé par dotation des collectivités et par une taxe payée par les contribuables. C’était une condition sine qua non pour Alain Juppé d’ailleurs en phase avec le président de la CUB sur ce point. Ce n’est pas le seul.

Vincent Feltesse, Président de la Communauté urbaine

« Nous voyons bien que le modèle capitaliste dominant est à bout de souffle. Nous devons apporter des changements radicaux en inventant une métropole dissidente. L’époque de l’étalement urbain, du tout voiture, de l’opposition stérile entre la Communauté urbaine et la périphérie est elle aussi révolue. Le cadre du Sysdau où la CUB ne représente qu’un groupe parmi cinq autres n’est plus adapté. Nous devons imaginer de nouvelles formes contractuelles avec les territoires voisins. Nous pourrons y parler de tout. Le Conseil général sera associé à ces futurs contrats. »

Alain Juppé, Maire de Bordeaux, 1er vice-président de la CUB

« Nous ne renforcerons pas l’attractivité économique de notre agglomération sans augmenter notre poids démographique. En 1954, Bordeaux et Caudéran comptaient 283 000 habitants. Nous avons perdu 75 000 habitants en quarante ans tandis que les villes de la CUB comme Pessac et Mérignac grandissaient. Nous devons renforcer la ville centre. C’est là que les grandes opérations d’aménagement vont se développer sur Euratlantique, sur les bassins à flot ou sur la Bastide. Nous devons offrir aux populations plus de logements. Bordeaux peut gagner 100 000 habitants d’ici à 2030. »

Michel Labardin, maire de Gradignan, vice-président à l’urbanisme

« Il est bon d’afficher des objectifs forts pour le développement de notre agglomération. Il est important pour le dynamisme de tous que la ville centre rattrape son retard démographique. Mais nous devons être attentifs à la qualité de notre accueil des futures populations. N’oublions pas la qualité de notre cadre de vie qui est aujourd’hui dans nos communes notre atout maître. Songeons aux équipements publics nécessaires, à la qualité des services à la population. Nous devons nous développer et atteindre une taille plus grande. Mais en gardant notre attractivité. »

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Une Réponse

  1. Je suis diabétique, soignée à Haut Lévèque, et je viens de m’apercevoir que les bus ne desservent plus cet hôpital ! Il faut marcher 400 m (avec une valise) quand on est hospitalisée. Je tiens à vous signaler qu’il existe dans cet hôpital en service de cardiologie lourde, de pneumologie, de diabétologie etc… et que dorénavant, les patients n’auront d’autres choix que d’y aller en VSL (ambulance). Bravo pour les économies envers la SECURITE SOCIALE. Il existait en décembre dernier un arrêt de bus à l’intérieur de l’hôpital. J’aimerai savoir qui l’a fait supprimer ou qui cela dérangeait. Certainement pas les malades ou leurs familles. Tout le monde n’a pas de voiture pour ce déplacer il ne faudrait pas l’oublier.
    Merci de faire le nécessaire d’essayer de rétablir cet arrêt. PENSER UN PEU AUX MALADES DE TEMPS EN TEMPS.

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