Les AMAP se structurent pour mieux se développer

actu-environnement.com, Sophie Fabrégat, le 16 novembre 2009

Les AMAP se structurent pour mieux se développer

L’engouement des consommateurs pour les associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP) ne se dément pas. Mais l’offre a du mal à suivre. Un mouvement national devrait se structurer pour faciliter la naissance de nouveaux projets.

Aujourd’hui, près de 1.500 groupes AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) existeraient sur l’ensemble du territoire, de nombreux autres projets seraient en cours. Ce système de partenariat entre producteurs et consommateurs suscite de plus en plus d’intérêt depuis le lancement de la première initiative de ce type en avril 2001 à Aubagne.

Circuits courts, relation directe entre producteurs et consommateurs, solidarité financière, respect de l’environnement… sont autant d’arguments qui séduisent les quelques 60.000 familles de consommateurs engagées dans une telle démarche.

 »Les AMAP représentent un véritable mouvement de fond, elles correspondent à des aspirations profondes des consommateurs », analyse Jérôme Dehondt, responsable légal et porte-parole du mouvement interrégional des AMAP (MIRAMAP). Cependant, dans de nombreuses régions, ces associations ont des difficultés à se développer. Si en PACA (140 groupes), Rhône-Alpes (132 groupes), Ile-de-France (120 groupes) les initiatives sont nombreuses, la Picardie (3 AMAP), le Languedoc-Roussillon (3 AMAP), la Champagne-Ardenne (1 AMAP)… ont davantage de mal à faire émerger ce type de dispositif.

Une offre qui ne suit pas la demande

Le développement des AMAP se heurte à de nombreux freins. De nombreux groupes en projet sont actuellement à la recherche d’un producteur paysan ou bio.

Premier frein : la pénurie de producteurs bio en France.  »En Ile-de-France par exemple, 150 groupes sont en fonctionnement aujourd’hui pour 35 maraîchers bio. Seulement 30 personnes sont formées chaque année au maraîchage bio dans la région, ce qui est très en deçà des besoins. Il y a un véritable problème de ressources humaines. Les AMAP et l’agriculture bio reposent surtout sur les nouveaux entrants, la conversion bio étant très compliquée. La population agricole française est assez âgée, 46 % des agriculteurs seront partis à la retraite d’ici 2020. Le pas n’est pas évident à franchir pour eux de la production conventionnelle à la production bio ».

Deuxième frein : l’accès au foncier :  »de nombreux porteurs de projets ont du mal à accéder aux terres agricoles. A cause de la pression foncière, les terres sont chères, peu disponibles… Les organisations foncières telles que la SAFER privilégient l’extension d’installations existantes ».

Les banques seraient également frileuses :  »elles ont du mal à prêter à des systèmes qu’elles connaissent encore mal ». Pourtant, ces dispositifs sont viables économiquement. En 2009, le chiffre d’affaires de 1.200 AMAP s’élevait à 36 M d’euros.

Les AMAP, de véritables initiatives locales

 »La première des solutions est de soutenir les producteurs qui souhaitent se convertir ou s’installer. Les AMAP constituent un excellent moyen de soutien financier des projets, d’assurance pour le banquier ou le producteur lui-même ».

Les AMAP développent également des solutions originales pour développer l’offre. En Ile-de-France, elles ont créé une ferme couveuse pour soutenir les personnes à la sortie de leur formation sur une période de un à trois ans.  »Les 10 ha de la ferme accueillent aujourd’hui 3 jeunes maraîchers bio mais pourraient également soutenir un éleveur, un artisan boulanger… ».

Autre initiative : la SCI Terres Fertiles a fait appel aux consommateurs pour acquérir 20 ha de terres agricoles menacées par l’urbanisation sur le plateau de Saclay. Une AMAP y a été installée. La Foncière Terre de liens, outil d’investissement solidaire qui existe depuis décembre 2006, acquiert également, via la collecte de l’épargne citoyenne, des terres pour installer ou maintenir des porteurs de projets agri-ruraux.

 »Mais ces initiatives ne peuvent pas répondre à elles seules aux enjeux de l’agriculture biologique. Cela doit être relayé à un autre niveau. Le fait de se structurer à l’échelle régionale, puis nationale, permet de mettre en place des dispositifs de soutien, de mutualiser les outils, de partager les expériences ». Après les alliances régionales, les AMAP envisagent de s’organiser au niveau national. Les premières rencontres nationales se dérouleront les 5 et 6 décembre dans la Drôme.

Aujourd’hui le développement des AMAP est peu soutenu par la sphère publique, mis à part par certains Conseils régionaux qui appuient leur création via une aide au financement ou des politiques de préservation des terres agricoles (Midi-Pyrénées, PACA, Rhône-Alpes…). Pourtant, elles constituent de véritables réponses aux enjeux actuels :  »le Grenelle de l’environnement contient une grosse lacune. Il accentue la pression sur la demande bio en fixant des objectifs très ambitieux notamment au niveau de la restauration collective sans donner les moyens de développer l’offre. Cela risque d’augmenter les importations, ce qui n’est pas le but. »

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