Bordeaux – Un grand stade même sans l’Euro : 200 millions d’euros

sudouest.com, Xavier Sota, le 11 Novembre 2009

BORDEAUX. Les manœuvres en coulisses battent leur plein pour que le stade sorte de terre au Lac

Un grand stade même sans l’Euro

Cet après-midi, la Fédération française de football dévoile les douze villes figurant dans le dossier de candidature de la France à l’Euro 2016 de football. Il est improbable que Bordeaux, ville du champion de France en titre, ne figure pas dans la liste. Le mot d’ordre est désormais le suivant : Bordeaux et notamment son maire veulent leur grand stade. Euro ou pas. Le stade Chaban-Delmas (lire par ailleurs) ayant été unanimement déclaré obsolète.

1/ 30 millions d’euros manquent à l’appel

Le coût de l’ouvrage était initialement estimé à 230 millions d’euros. Aujourd’hui la ville table sur 200 millions d’euros (stade et aménagements compris). Le club amènera 100 millions d’euros. Les collectivités locales ont elles aussi été sollicitées. La CUB s’est engagée pour une somme de 15 millions d’euros. La Région versera la même somme, ainsi que la Ville de Bordeaux. Le Département ne participera pas. Au total, 145 millions d’euros sont sur la table.

Manque la participation de l’État. Une enveloppe de 150 millions d’euros sera ventilée entre les villes candidates. Bordeaux en a demandé 50. Tout le travail du moment consiste à faire les yeux doux à Paris pour en obtenir le maximum. Bordeaux table sur une dotation de 25 millions d’euros. L’arbitrage sera rendu par Rama Yade, la secrétaire d’État chargée des sports, en fin de mois. Il manquerait environ 30 millions d’euros. Les plus optimistes y voient la possibilité de boucler le financement avec quelques appoints notamment le « naming » (donner le nom d’une marque à l’enceinte), des partenariats avec le privé…

2/ Agitation en coulisse

En attendant l’arbitrage de l’État, les grandes manœuvres ont débuté en coulisse. L’appel à projet n’a certes pas été lancé, mais entrepreneurs de travaux publics et architectes sont dans les starting-blocks. Chaque candidat use de son entregent, puise dans son carnet d’adresse et actionne les réseaux. Des équipes sont constituées par les gros promoteurs. Fayat, Vinci ou Eiffage sont sur les rangs. Bouygues Immobilier est en revanche hors du coup. Difficile pour l’actionnaire de TF1 de construire le grand stade du propriétaire des Girondins et de M6.

Côté architectes : Michel Pétuaud Létang est sur les rangs. Luc Arsène-Henri et Alain Triaud (le frère de Jean-Louis) également. Le cabinet Pierre Ferret serait également intéressé. Le Bordelais arrive avec un CV bien doté. La Ville de Lille a retenu son projet, conçu avec le groupe Eiffage, pour son grand stade. Les travaux sont en cours et la livraison prévue en 2012. Autres architectes de poids : le duo suisse Jacques Herzog et Pierre de Meuron. Ils ont signé le stade du nid d’oiseau ayant accueilli les derniers Jeux olympiques de Pékin. Ils sont entrés dans le dossier par l’entremise de Christian Moueix, le négociant en vin, proche de Nicolas de Tavernost, pour qui ils ont réalisé des chais dans la Napa valley. La réalisation du projet, sous forme de partenariat public-privé, pourrait faire l’objet d’alliances et de partenariats entre les différents candidats.

3/ 40.000 places à Bordeaux Lac

Il existe encore trop d’incertitudes pour dire si le stade sortira de terre ou non. Chez les Girondins de Bordeaux comme à la mairie, tout est mis en œuvre pour que le dossier aboutisse. La jauge du grand stade s’établira à 40 000 places, plus 3 000 autres. Soit environ 5 000 de plus qu’à Chaban-Delmas. Trois sites sont pressentis pour l’accueillir dans le secteur de Bordeaux Lac. Pour des raisons d’accès, le site la Jallère situé à deux pas du Parc des expositions tient la corde. Le tramway y arrivera quelques centaines de mètres en 2014 (photo de droite). Les deux autres sites (Labarde et à proximité du Vélodrome) obligeraient à construire des voies d’accès, ou même à prolonger la ligne du tramway. Mais à 20 millions d’euros le kilomètre, la question sera rapidement tranchée. Il reste également à déterminer sa vocation extra footballistique, pour ne pas en faire un lieu désert les jours sans matches. Avec la réponse de l’État sur la dotation dont bénéficiera Bordeaux le sort du Grand Stade Bordelais sera scellé dans les semaines à venir.

Si grand stade il y a, que deviendra Chaban ? C’est le casse-tête auquel il s’agira de répondre. Un casse-tête coûteux puisque le stade historique des Girondins demande de gros frais d’entretien (10 millions d’euros investis pour une rénovation qui prendra fin en 2012). Alain Juppé a évoqué la possibilité de le réorienter en suggérant d’en faire le terrain du CABBG, un lieu pour l’athlétisme ou de l’ouvrir au sport amateur. Le dossier sera lancé si le tour de table parvient à être bouclé pour le grand stade. Un redimensionnement de l’enceinte, qui n’est pas classée, pourrait ainsi être envisagé.

 

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