Le réchauffement pourrait coûter très cher à la France

lefigaro.fr, Marielle Court, le 6 novembre 2009

Le réchauffement pourrait coûter très cher à la France

Sécheresse, inondations de zones côtières, etc. : le surcoût se chiffrerait à plusieurs milliards d’euros par an.

Déficit en eau, impact sur la forêt, nécessaire évolution du tourisme, risque de submersion… À l’heure où tous les yeux sont braqués sur Copenhague dans l’espoir d’un grand accord international sur le climat, la France se penche sur son territoire. Objectif : mesurer chez nous les effets et le coût du changement climatique pour les vingt ou cinquante ans à venir. Et le constat est sans surprise : bien que pour certains secteurs «on observe des coûts et des opportunités… On peut s’attendre à un impact global négatif», précise l’Onerc (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) qui vient de remettre son travail à Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Écologie. L’Observatoire, qui a pratiqué plusieurs chiffrages, évoque, selon qu’il s’appuie sur un scénario optimisme ou pessimiste du Giec (Groupe d’experts sur le climat), une charge financière supplémentaire de plusieurs milliards d’euros par an. Les quelque 200 spécialistes qui ont travaillé durant deux ans sur ce document ont abordé la question par grands secteurs sur la base d’une situation économique constante.

• Raréfaction des ressources en eau

Si la demande en eau reste identique, le déficit sera de 2 milliards de m3 par an (sur 32 milliards de m3). Les zones les plus touchées seront les mêmes qu’actuellement, à commencer par le grand Sud-Ouest. Une multiplication des conflits d’usage est à craindre entre agriculteurs, industriels et particuliers. Les agriculteurs sont les plus gros utilisateurs (48 % de la consommation totale).

• Des risques naturels accrus

Certaines régions sont en première ligne avec la montée du niveau de la mer. Dans le seul Languedoc-Roussillon, des milliers de logements sont concernés avec un coût évalué à plusieurs dizaines de milliards d’euros. De même, les dégâts causés par la sécheresse aux maisons construites sur des sols argileux devraient faire passer le coût des réparations de 220 millions d’euros par an à 700 millions, voire 1,3 milliard d’euros, selon les scénarios les plus noirs d’ici 2100.

• Des coûts indirects en matière de santé

Les impacts potentiels sur la santé n’ont pas été évalués. Ils pourraient être considérables étant donné que la valeur des années de vie perdues du fait de la canicule de 2003 a été chiffrée à 500 millions d’euros. La seule augmentation de consommation de psychotropes après l’inondation du Gard en 2002 a représenté une charge supplémentaire de 245 euros par personne concernée.

• Les saisons touristiques chamboulées

À l’horizon 2100, l’attractivité touristique de la France pourrait diminuer en été et en hiver. Dans un cas en raison de trop fortes chaleurs, dans l’autre, faute d’un bon enneigement. Pour les sports d’hiver, une étude de l’OCDE de 2006 estime que si 143 domaines skiables bénéficient actuellement d’un bon enneigement, ce nombre passerait à 123 avec une hausse de 1 °C, à 96 avec une hausse de 2 °C et à 55 dans le cas d’un réchauffement de 4°C. En revanche, les intersaisons deviendraient plus attrayantes.

• Des infrastructures routières fragilisées

Bien que ne disposant pas de suffisamment de données, l’extrapolation d’études étrangères au cas français évalue à plus 70 millions d’euros le surcoût en matière d’entretien des routes nationales. Les conséquences de la montée des eaux seraient bien pires. Hors autoroutes, l’Onerc évoque un surcoût de 2 milliards d’euros.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :