Harald Welzer, chercheur allemand « Le réchauffement du climat crée de nouvelles sources de conflits »

lemonde.fr, le 30 octobre 2009, Propos recueillis par Bertrand d’Armagnac

Harald Welzer, chercheur allemand

« Le réchauffement du climat crée de nouvelles sources de conflits »

D’ici à 2050, le changement climatique pourrait jeter sur les routes 200 millions de « réfugiés climatiques« , selon l’Institut pour l’environnement et la sécurité humaine de l’université des Nations unies. Qu’il s’agisse des sécheresses qui réduisent les cultures et les pâturages, ou de la montée des eaux qui submerge les petits Etats insulaires… Les désastres environnementaux vont provoquer des catastrophes sociales et favoriser l’éruption de conflits.

Psychosociologue allemand, chercheur au Kulturwissenschaftlichen d’Essen, Harald Welzer travaille sur les causes de l’émergence de la violence, et sur la perception des évolutions de société par ceux qui les vivent. Dans l’ouvrage Les Guerres du climat (Gallimard), paru mi-octobre, il décrypte la manière dont les dérèglements environnementaux peuvent générer des conflits entre pays et à l’intérieur des sociétés ; et explique comment la perception du danger créé par le réchauffement climatique peut être faussée.

Vous soulignez dans votre livre l’ampleur des catastrophes sociales engendrées par le changement climatique, aujourd’hui et dans les années à venir. Comment les problèmes environnementaux peuvent-ils conduire à des violences et à des guerres ?

Les guerres proviennent, bien sûr, de causes multiples, mais le réchauffement climatique crée de nouvelles sources de violence, et amplifie les pénuries et les tensions existantes en matière de nourriture, d’eau ou de terres.

Prenez le cas du Darfour. Même si le conflit a des origines diverses, il est clair que la désertification progressive vers le sud a conduit à une compétition pour les terres entre les nomades éleveurs de bétail et les fermiers sédentaires, d’ethnies différentes. Et le Soudan, Etat en déroute, est incapable de réguler ce conflit, ou n’importe quel autre.

Des catastrophes peuvent aussi découler d’événements météorologiques extrêmes, comme ce fut le cas à La Nouvelle-Orléans, où l’ouragan Katrina a conduit à un effondrement total de l’ordre social. Et en provoquant la fonte de la glace arctique, le réchauffement ouvre la voie à un conflit autour des ressources naturelles du Grand Nord, qui n’étaient pas exploitables jusqu’à maintenant.

La tension provoquée par les dérèglements climatiques se retrouve aussi dans le face-à-face entre les réfugiés, qui fuient leur pays pour survivre, et les nations riches. La politique de protection des frontières des pays développés est-elle aussi facteur de violence ?

Il est évident que le nombre de « réfugiés climatiques » augmentera dans les années qui viennent. Comment les Etats développés les accueilleront-ils ? De la même manière, je crains, qu’ils reçoivent déjà ceux qui fuient la faim et la pauvreté. En Europe, la volonté actuelle des gouvernements est d’abord de rendre de plus en plus difficile le voyage des demandeurs d’asile. Résultat : les tentatives de traversée sont de plus en plus dangereuses et mortelles.

Les pouvoirs publics cherchent également les moyens de Lire la suite

Intervenons ensemble dans le débat des régionales 2010 – Appel : Alimentons les régions

alimentons-les-régions.fr, appel, novembre 2009

Appel : Alimentons les régions

ALIMENTONS LES REGIONS

Pour le droit à une alimentation saine et équilibrée pour tous,

Pour une politique foncière agro-écologique,

Pour l’emploi des jeunes

Intervenons ensemble dans le débat des régionales 2010

Faire de la question alimentaire une priorité en matière de développement, ce n’est pas revenir en arrière, mais bien répondre aux défis auxquels l’humanité est confrontée (crise alimentaire, préservation de la biodiversité, changement climatique). C’est aussi et surtout ouvrir à l’ensemble de nos concitoyens une perspective d’emplois, et d’emplois utiles, que ni l’industrie, ni les services ne peuvent à eux seuls satisfaire. C’est répondre aujourd’hui à une demande sociale émergente de la part de jeunes, de plus en plus nombreux, de plus en plus qualifiés, qui aspirent à s’installer professionnellement dans l’agriculture nourricière. C’est répondre aux difficultés d’approvisionnement de la restauration collective en matière d’alimentation de qualité et de proximité.

Faire de la question alimentaire une priorité, c’est construire avec le Sud une réponse durable pour en finir avec la faim, en fondant la souveraineté alimentaire, du niveau local au niveau international, sur des politiques agraires favorisant la multiplication des lopins vivriers et sur la création de filières de formation et d’installation massive de jeunes dans les métiers de l’agro-écologie et de l’alimentation saine.

Faire de la question alimentaire une priorité, c’est remettre en cause les politiques d’aménagement du territoire et d’urbanisme qui consomment en France l’équivalent de 60 000 hectares par an d’espace agricole, soit la disparition d’un département tous les six ans. C’est utiliser le foncier pour changer de développement et permettre aux citoyens de reconquérir de nouvelles libertés, de nouveaux droits.

Faire de la question alimentaire une priorité, c’est freiner le développement des grandes surfaces et soutenir le commerce de proximité indépendant, le développement des marchés de plein air et celui des infrastructures de Lire la suite

UTOPIA Bx le mardi 17 novembre 2009 à 20 H 30 « Le principe de précaution : une imposture philosophique »

partnature.free, communiqué, le 2 novembre 2009

Dans le cadre des « Rencontres philosophiques d’Espaces Marx », Jean-Christophe MATHIAS sera dans la salle de la Cheminée du cinéma UTOPIA, place Camille Jullian à Bordeaux, le mardi 17 novembre 2009 à 20 H 30.

Cette rencontre-débat avec le public, qui se fera autour de l’ouvrage POLITIQUE
DE CASSANDRE
, paru aux éditions du « Sang de la Terre » (Paris) en 2009,
traitera des aspects Lire la suite