Vient de paraître – « La crise pétrolière : analyse des mesures d’urgence »

cdurable.info, David Naulin, dimanche 4 octobre 2009

La crise pétrolière : analyse des mesures d’urgence

Sujet apparemment familier que la crise pétrolière, régulièrement évoquée depuis plus de 35 ans. Elle semble à la fois provoquer des changements profonds (programme électronucléaire, campagnes d’économie des énergies, chantiers d’énergies alternatives) et paraître comme insignifiante ou en décalage avec le réel, tant le pétrole tient une place toujours plus importante (augmentation du parc automobile à essence ou gasoil, utilisation tous azimuts des dérivés du pétrole) et semble ne pas manquer…

Pourtant la crise est là, inéluctable, durable et dont le paroxysme est très proche, bien que masqué par la récente récession économique. Nous n’avons plus que 5 à 10 ans environ pour nous préparer activement et anticiper ses effets : quoi qu’il arrive, les quantités disponibles vont très bientôt diminuer, et ce constamment ; il en sera de même pour le gaz, quelques années plus tard.

La Crise pétrolière de Bernard Durand décrit et évalue les principales technologies utilisables pour remplacer pétrole et gaz, tout en montrant combien la plupart seront longues à mettre en place, n’étant pas encore validées et socialement acceptées. Dans ces conditions, l’antienne des économies d’énergie est plus que d’actualité, pour nous aider à retarder les échéances et faire la jointure avec de nouveaux modèles énergétiques. Deux secteurs fondamentaux sont concernés : le bâtiment et les transports.

Il est urgent de voir la conscience des citoyens-consommateurs se modifier radicalement, au risque de connaître pour des zones comme l’Europe des 27, une crise énergétique et économique sans précédent…

Ce livre a pour but de fournir à des non-spécialistes des repères pour comprendre les raisons de la crise pétrolière actuelle, en prévoir les conséquences et juger de l’intérêt des moyens proposés pour y faire face. Et c’est plutôt réussi, parole de profane. Si je juge l’auteur un peu complaisant quant aux responsabilités des compagnies pétrolières dans cette crise et qu’il défend une alternative basée sur l’énergie nucléaire, son constat est précis et sans appel. Il démontre que l’ère du pétrole est désormais derrière nous et qu’il va falloir en très peu de temps, de gré ou de force, changer nos modes de vie, de production et de consommation d’énergie : « Aucun miracle n’aura lieu ! La solution ne peut venir que d’une coopération internationale active et beaucoup plus sincère que celle que l’on voit actuellement à l’échelle internationale, et, dans un premier temps, des efforts faits par les citoyens des pays industrialisés pour réduire leur consommation énergétique. Les pays d’Europe, bien plus exposés que d’autres parce qu’ils n’ont que peu de ressources sur leur sol, ont tout intérêt à construire une politique énergétique commune au service de leurs citoyens, ce qui suppose non seulement de dépasser les conflits d’intérêts et les postures idéologiques où ils se complaisent depuis tant d’années, mais aussi de développer beaucoup plus activement la recherche scientifique et technologique dans le domaine de l’énergie. Il est maintenant plus que temps de se mettre en mouvement ».

Extraits de l’introduction

Bernard Durand nous rappelle les enjeux : « Le pétrole représente aujourd’hui 38% de l’énergie primaire utilisée dans le monde, et son cousin le gaz naturel 22%. C’est la disponibilité d’énergie sous forme d’un pétrole peu coûteux qui, en permettant un accroissement sans précédent des richesses matérielles à se partager, fut pour une large part à la source du développement économique, mais aussi des avancées sociales, que les pays industriels ont connu après la Seconde Guerre mondiale. Les citoyens de ces pays en ont pris tellement l’habitude qu’ils ne réalisent pas ce qu’ils lui doivent, et mesurent très mal l’importance des effets qu’aurait sur leur vie quotidienne un manque de pétrole ». « Au contraire, affirme Bernard Durand, dans une attitude que l’on pourrait qualifier de freudienne, beaucoup n’ont pas assez de mots assez durs pour qualifier les compagnies pétrolières, qui pourtant les ont jusqu’à présent fidèlement approvisionnés ».

L’auteur poursuit : « Mais le prix du pétrole vient de flamber, la pénurie est annoncée, et l’inquiétude pour l’avenir s’installe. En France comme dans bien d’autres pays très consommateurs, les conséquences économiques de l’augmentation brutale de son prix ont été très visibles : retour de l’inflation, déséquilibre de la balance commerciale, difficultés accrues pour les personnes ayant de faibles revenus, mais aussi pour les professions très consommatrices et les personnes habitant loin de leur lieu de travail et des services indispensables. Et si la crise économique en court permet de faire une pause, ce n’est vraisemblablement qu’un recul provisoire ! »

Pourquoi cette crise pétrolière et comment peut-on y faire face ? « Cet ouvrage se propose de l’expliquer à ceux dont le pétrole n’est pas un sujet familier d’étude », promet Bernard Durand.

La première partie de cet ouvrage décrit tout d’abord ce qu’est le pétrole, quelle est sa composition et comment il se forme. On y étudie aussi également ses relations avec son cousin, le gaz naturel. L’auteur précise : « Car c’est des modes de gisement et des propriétés du pétrole et du gaz que dépend tout le reste : ressources, utilisations, possibilités de remplacement. On y analyse ensuite les principaux éléments de la crise, en montrant comment la soif de pétrole des « pays émergents », mais aussi des grands pays producteurs, les limites physiques des possibilités de production, mais également la difficulté qu’auront les consommateurs des pays industrialiser à modifier leur mode de vie, risquent d’entraîner d’ici peu, si nous ne réagissons pas, un troisième choc pétrolier, plus important et beaucoup plus durable que les chocs précédents de 1973 et 1979. »

« La deuxième partie détaille les moyens qui peuvent être mis en oeuvre pour remédier à cette crise et évalue leurs chances de succès. L’accent est mis sur les transports et l’habitat. En effet, ces deux secteurs économiques sont responsables de l’essentiel de notre consommation actuelle de pétrole et de gaz. Mais ce sont aussi les secteurs où la responsabilité personnelle de chacun d’entre nous est la plus engagée, et pour lesquels la volonté personnelle des consommateurs-citoyens que nous sommes permettrait de diminuer le plus notre consommation« .

« Cette crise va être profonde et cela d’autant plus que s’y ajoute le lancinant problème du réchauffement climatique« , prédit Bernard Durand. « Il faudra beaucoup d’imagination créative pour la résoudre. Son issue dépendra pour beaucoup des capacités d’adaptation des consommateurs des pays riches, et dans un premier temps de la modération dont ils accepterons de faire preuve pour laisser le temps nécessaire à la mise en place de technologies alternatives, mais aussi de nouveaux modes de vie, plus sobres en énergie et plus respectueux de notre planète« .

L’auteur conclu : « Notre pays, comme bien d’autres pays industriels, va avoir de grandes difficultés à s’adapter. Mais sa situation n’est pas la plus mauvaise, essentiellement parce qu’une bonne partie de son approvisionnement énergétique est d’origine nucléaire et ne dépend pas du pétrole et du gaz. Peut-être, en effet, nous sera-t-il possible d’utiliser un jour beaucoup plus largement l’électricité dans les transports, secteur économique qui aura le plus à souffrir d’une crise pétrolière. »

Que l’on soit en désaccord avec la solution nucléaire proposée par Bernard Durand, le gouvernement en a fait la sienne. En effet, jeudi dernier (le 1er octobre 2009), le ministère du Développement durable a présenté un plan national avec 14 actions concrètes pour favoriser le développement de voitures électriques et hybrides rechargeables. Avec un objectif : 2 millions de ces véhicules sur les routes à l’horizon 2020. Pour en savoir plus cliquer ici.

Extraits de l’introduction

Références de l’ouvrage

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Références de l’ouvrage

L’auteur : Bernard Durand, ancien Directeur de la Division Géologie-Géochimie de l’Institut français du pétrole, puis de l’École Nationale Supérieure de Géologie de Nancy. Il a également présidé le comité scientifique de l’European Association of Petroleum Geoscientists (EAPG).

Références : La Crise pétrolière de Bernard Durand – Editeur : EDP Sciences – Date de parution : 17/09/09 – 284 pages – ISBN : 978-2-7598-0382-8 – Prix public : 26 €

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