L’UMP s’organise pour faire face à la vague verte

europe1.fr, Jérôme Chapuis, le 05 octobre 2009

L’UMP s’organise pour faire face à la vague verte

L’ordre vient directement de l’Elysée : préparer un programme écologiste mais de droite avant les régionales.

Des scrutins locaux et plusieurs sondages en attestent : l’ascension des candidats Verts lors des dernières européennes semble se poursuivre inexorablement. Ils récolteraient près de 17% des voix aux régionales de mars prochain, selon une étude publiée vendredi dernier. Autre source d’inquiétude : l’élection sur le fil de l’UMP Jean-Frédéric Poisson face à une candidate des Verts lors de la législative partielle de Rambouillet. L’Elysée a donc passé la consigne à l’UMP il y a une dizaine de jours : il faut contre-attaquer en créant un argumentaire adapté.

Ses deux caractéristiques : être écologiste mais de droite. « Une écologie de droite, c’est une écologie qui ne renonce pas à la croissance. On est dans une société développée où on ne veut pas faire renoncer les Français à leur niveau de développement », a commencé à expliquer la secrétaire d’Etat Chantal Jouanno.

Avec cet argumentaire, l’UMP espère affaiblir les Verts. « C’est vrai : on se dit que, dans un second tour, il vaut mieux être face à un candidat PS que face à un Vert », analyse le vice-président du groupe UMP à l’Assemblée, Jean Leonetti. Car « il y a un électorat modéré de droite et du centre susceptible de voter pour les Verts, au moins au niveau local« , renchérit le villepiniste François Goulard. Il faut donc « trancher dans la pastèque », n’hésite-t-on plus à dire dans la majorité. Verts à l’extérieur mais rouges à l’intérieur, les candidats écologistes seraient en fait « la gauche bobo camouflée en sauveur de la planète« , selon un haut responsable de l’UMP.

Définir l’écologie version Nicolas Sarkozy permettra aussi de rassurer son électorat traditionnel. « Nos électeurs n’ont pas encore intégré la donne écologique« , constate un cadre de l’UMP qui ironise : « la taxe carbone, ce n’est pas vraiment dans leurs gênes. » Une campagne nationale pour expliquer cet impôt écologique a même été lancée la semaine dernière avec des réunions publiques organisées dans les semaines à venir dans plusieurs villes.

Au sein même de l’UMP, un pôle écologiste pourrait être créé. Pour devenir, à terme, Lire la suite

Oecuménique, le « Picnic » sans carbone

sudouest.com, Yannick Delneste,  le 5 Octobre 2009

BORDEAUX. Plus de 500 personnes dont des élus de tous bords ont participé hier au rassemblement de l’association Taca

Oecuménique, le « Picnic » sans carbone

Romain a 11 ans et se tourne vers son père. « Mais Papa, quand on expire, on dégage du gaz carbonique. Ce carbone-là, il est bon ? » Les enfants sont formidables. Hier midi, sur les quais bordelais, Bastien le père s’en est sorti avec un « Regarde la pièce de théâtre, tu vas comprendre », pas franchement glorieux mais efficace. La réussite du pique-nique sans carbone est parfois à ce prix. Il est 13 h 30 près du parc des sports Saint-Michel et à défaut d’être un sommet artistique, la petite pièce de théâtre a le grand mérite de la pédagogie. Une planète aux criantes inégalités environnementales, une Amérique du Nord et une Europe surproductrices de gaz à effets de serre dont la réduction (diviser par 4 en France par exemple) est une urgence absolue.

Un fonds « climat »

Après le premier acte du constat, le second de la réponse : l’association Taca (comme taxe carbone) milite depuis plusieurs années pour son instauration. Sans citer la gouvernementale, Taca (1) rappelle les valeurs de la sienne : avoir le courage d’augmenter d’un euro le litre d’essence, un chèque vert identique pour tous pour la moitié de la taxe, un fonds climat pour aider les plus démunis à s’isoler par exemple, mais aussi la moitié de ce fonds pour aider les pays du tiers-monde à s’équiper durable. À cette heure-là, la troisième édition est d’ores et déjà une réussite : près de 500 vélos ont été comptabilisés, garés sur les nombreuses barrières. Créé à Bègles qui a abrité les deux premières éditions, le pique-nique prenait cette année une dimension d’agglomération avec recentrage sur la ville-centre et démarche de consensus au service de la plus grande mobilisation.

De 17 des 27 communes de l’agglo, des « vélobus » sont partis, cortèges de cyclistes convergeant verts les quais bordelais. Tables de pique-nique et stands d’associations les deux-roues et les pedibus. Celui venu en voiture ne le criait pas sur les toits mais était aussi le bienvenu. « Enlevez les élus et leurs familles et vous n’aurez plus grand monde… ». Il est des Brugeais sarcastiques. Le maire Bernard Seurot emmenait un cortège de près de 80 personnes au tee-shirt consensuel où on lisait « Bruges, en vert et avec tous ». Le carbone est-il politique ?

Le maire de Bordeaux Alain Juppé (UMP), le maire de Bègles Noël Mamère (Verts), le président de la CUB et maire de Blanquefort Vincent Feltesse (PS), le président de la Région Alain Rousset… le gratin politique en bras de chemise, tous hérauts de la cause du développement durable et pourfendeurs du vilain carbone. « La taxe carbone est un gâchis », s’énervait Noël Mamère vannant les ralliés tardifs du combat écologique. « Nous sommes à un basculement de civilisation et il va falloir en prendre conscience », soulignait Vincent Feltesse. Mais malgré la belle agora, la chose politique n’a pas pris le pas sur un rassemblement qui se voulait avant tout œcuménique.

Soumis gentiment à la Question par Taca sur leur durable engagement personnel et collectif, les élus rivalisaient alors de certificats de bonne conduite : « Je circule en vélo », insistait Lire la suite

Infos 21 – Spécial rapports développement durable

cdurable.info, Dorothée Briaumont, le 4 octobre 2009.

Infos 21 – Spécial rapports développement durable

Rapports développement durable : vers une standardisation ? Comme chaque année, le Comité 21 passe au crible les rapports de développement durable de ses entreprises adhérentes afin de mieux valoriser leurs initiatives. Le cru 2008 se distingue de celui de 2007 à la fois sur la forme et sur le fond.

Sur la forme, les rapports sont mieux structurés. Un certain nombre d’enjeux clés, pour la plupart déjà présents dans les rapports 2007 (achats durables, sécurité, mobilisation des équipes, biodiversité, dialogue avec les parties prenantes, etc.), se distinguent plus clairement, rendant les comparaisons plus aisées entre rapports. Cela est évidement lié à la pénétration des standards de reporting comme la GRI 3 [1], qui tendent à les harmoniser.

Par ailleurs, les entreprises font de plus en plus appel à un cabinet d’audit pour faire certifier les informations délivrées dans leur rapport. Cela peut s’interpréter comme la mise au même niveau stratégique des informations financières et extra-financières ou comme une garantie contre l’accusation de greenwashing.

D’une manière générale, le dialogue avec les parties prenantes se renforce et s’affiche. Il peut prendre plusieurs formes : panel de citoyens, consultation, concertation avec des parties prenantes. Le Comité 21 vient de publier une note méthodologique assortie de retours d’expérience. Les entreprises traduisent par ces démarches leur volonté d’écouter leurs attentes, ce qui se traduit par la prise en compte de nouveaux enjeux.

Parmi les domaines mis en avant figure la biodiversité qui s’affirme comme un enjeu de plus en plus stratégique et un terrain propice aux partenariats avec les associations. Par ailleurs, le contexte de crise explique sans doute la mise en oeuvre d’actions BOP [2] visant des populations précaires (accès à l’énergie, à l’eau, par exemple). L’éducation au développement durable se développe à travers des sites internet, des brochures, des conférences. Le thème de la diversité a pris de l’importance avec la création en 2008 par l’Etat d’un Label dédié. Enfin, le marketing durable fait une timide percée dans certains rapports.

Le projet de loi Grenelle 2 prévoit l’extension de l’obligation de fournir des informations en matière de développement durable à toutes les entreprises, sauf les PME, et aux collectivités locales. Anticipant sans doute ces futures dispositions, quelques collectivités publient déjà un rapport développement durable.

De grands témoins viennent compléter ces éléments d’analyse et nous apportent leur vision d’experts : Michèle Pappalardo, Lire la suite