Climat : résultat de la conférence de citoyens

sciences.blog.liberation.fr, NC, le 29 septembre 2009

Climat : résultat de la conférence de citoyens

Ce midi, à la Cité des sciences (La Villette), les résultats de la Conférence mondiale de Citoyens sur le climat étaient rendus publics. Tenu samedi dernier, dans 38 pays par 46 pannels de 100 citoyens, cet exercice de démocratie participative donne un éclairage sur l’opinion publique mondiale alors que la préparation de la Conférence de Copenhague, la COP-15, entre dans la dernière ligne droite.

Les principaux résultats de cette consultation montrent des citoyens «conscients,  inquiets et sérieux», selon Gilles Laurent-Rayssac, de l‘Association internationale pour la participation publique. Dans tous les pays une très large majorité se dégage pour réclamer des gouvernements qu’ils se mettent d’accord sur des politiques publiques visant à maîtriser les émissions de gaz à effet de serre, viser un objectif de 2°C d’augmentation de la température moyenne de la Terre à ne pas dépasser, et développer une solidarité des plus riches envers les plus pauvres pour faire face à ce défi. L’ensemble des résultats est consultable sur le site world wide views on global warming.

Il existe plusieurs lectures possibles de cette large majorité. La plus optimiste est celle du climatologue Hervé Le Treut (LMD, CNRS) qui y voit le résultat de la solidité de l’argumentaire des scientifiques. Les représentants des ONG (RAC, Greenpeace, FNE) engagées sur ce dossier – les « militants du climat » – comme l’ex-ministre de Chirac Corinne Lepage (Modem) en tirent la conclusion que les opinions publiques sont «en avance sur les responsables politiques».

Une lecture plus prudente interroge les conditions de l’exercice. Si le panel français a bien été réuni en suivant un protocole strict sensé garantir tout entrisme de « militants », il ne semble pas que tous les pays aient été aussi respectueux des règles édictées par le Danish Board of Technology, à l’initiative de l’opération. Ensuite, la brochure distribuée était bien évidemment un résumé succin des conclusions du GIEC.

Enfin, et surtout, le questionnaire mettait les citoyens en mesure de prendre des décisions de ministres ou de chef d’Etat – chiffrer la réduction des émissions, mettre en place un Fonds international, sanctionner les pays ne respectant pas leurs engagements. Mais pas en face de décisions individuelles – j’accepte de payer plus d’impôt ou de ne plus jamais partir en vacances aux Antilles en avion.

Stéphane Hallegatte (économiste, CIRED) insistait d’ailleurs sur la nécessité de coupler dans les argumentaires et les questions les moyens et les objectifs (« êtes vous prêts à user de tels moyens fiscaux ou de prix pour atteindre tels objectifs climatiques via une réduction de vos émissions de gaz à effet de serre »). Sinon, il est difficile d’éviter le « on est tous d’accord pour sauver la planète »… (surtout, note de ma part, que la planète n’a pas besoin de nous pour se sauver, elle sera toujours là dans 100 millions d’années, c’est nous qui avons un problème pour le siècle en cours et le suivant).

Dans une note publiée samedi, j’ai expliqué cette démarche originale, organisée à l’initiative du Danish Board of Technology. Elle consiste à donner à des citoyens constituant un pannel représentatif d’une population une information – Lire la suite