Autopartage à Mérignac : Des autos peu partagées

sudouest.com, Olivier Delhoumeau, le 9 Septembre 2009

MÉRIGNAC, AUTOPARTAGE. La station de voitures en libre-service installée en centre-ville par Autocool connaît un démarrage poussif. Malgré la proximité du terminus de la ligne A du tram

Des autos peu partagées

 «Libre, facile, moins cher, moins polluant », vante la plaquette publicitaire. Malgré cette brassée d’avantages supposés, Nicolas Guenro, le directeur d’Autocool, ne voit pas les chiffres décoller sur Mérignac. À l’évidence, sa société coopérative, spécialiste de l’autopartage dans l’agglo, ne fait pas beaucoup d’émules.

Inaugurée en avril en présence d’une forte délégation d’élus, la station de voitures en libre-service du centre-ville peine à trouver son public. Chiffres à l’appui, elle n’enregistre qu’une douzaine de réservations par mois et par véhicule. Ce qui la place dans le ventre mou du réseau bordelais. Loin derrière le top 5 constitué par Victor-Hugo, Porte de Bourgogne, Tourny, Jean-Jaurès et barrière Saint-Médard.

Une dizaine d’adhérents

Pour Nicolas Guenro, les causes de ce démarrage en demi-teinte sont multiples. « Bien que situées à proximité du terminus de la ligne A du tram, les deux voitures mises en service au 14 de l’avenue Maréchal-Leclerc sont très éloignées du reste du réseau. Les boulevards sont distants de 4 kilomètres », analyse-t-il.

Pour l’heure, le site du centre-ville n’a convaincu qu’une dizaine d’adhérents (huit Mérignacais et deux Pessacais). « Nous sommes au tiers de l’objectif, le seuil de rentabilité par voiture étant fixé à 20 adhérents. »

Conclusion : on parle davantage de l’autopartage qu’on ne le pratique réellement. À l’échelle nationale, on dénombre 7 000 adeptes seulement. Dans l’agglo, forte de 650 000 habitants, la société coopérative ne recense que 350 adhérents quand il en faudrait un millier pour atteindre un objectif de rentabilité.

Malgré le Grenelle de l’environnement, le réchauffement climatique et une nouvelle façon de concevoir les déplacements urbains, les esprits ne se libèrent pas facilement de soixante années consacrées au tout voiture. « Elle reste un objet social doté d’une valeur symbolique très forte. Même pour les 18-30 ans. Aujourd’hui encore, les étudiants sont très attachés au fait de posséder leur propre véhicule », argumente-t-il.

De plus, des structures comme Autocool n’ont clairement pas les moyens de développer des budgets de communication grand public.

Conséquence, elles sont condamnées à se positionner sur des marchés de niche. À ce titre, une action de sensibilisation sera bientôt engagée en direction des professions libérales et des entreprises unipersonnelles de la ville.

Pour un usage professionnel

« Ces entrepreneurs n’ont pas forcément la possibilité de mobiliser 20 000 euros pour acheter un véhicule. Notre concept peut leur offrir une alternative intéressante. Idem pour les entreprises qui expriment des besoins occasionnels. »

La station de Mérignac risque-t-elle de passer à la trappe ? « Non, parce qu’on est aussi sur une logique d’aménagement du territoire. Si la courbe ne s’inverse pas, on pourrait au pire déplacer notre implantation du côté de la mairie, où les voitures serviraient notamment d’appoint aux déplacements des employés municipaux. »

LE CHIFFRE

27

C’est le nombre de véhicules Autocool mis en service à ce jour dans l’agglo. Les utilisateurs font en moyenne 57 kilomètres par réservation.

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