La voiture électrique n’est pas une voiture propre

liberation.fr, NC, le 17 septembre 2009

Les vices cachés de la fée électricité

Star du salon de Francfort, la voiture électrique n’est pas aussi propre qu’elle en a l’air. Revue de détails.

Cette voiture électrique, Nicolas Sarkozy la bichonne à coups d’annonces et de subventions. Un plan gouvernemental «véhicules propres» présenté mercredi prochain par Jean-Louis Borloo (on sait que l’Etat va commander 40 000 véhicules électriques). Des prêts de plusieurs centaines de millions d’euros déjà accordés pour la recherche des constructeurs français. Ou un bonus de 5 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique (VE). Les incitations sont nombreuses et le discours rodé.

A tel point que la moindre ombre au tableau a vite fait d’être évacuée, telle cette étude de l’Ademe retouchée avant diffusion (lire ci-contre). Il existe pourtant des interrogations sur la dimension écologique du véhicule électrique. Alors qu’au salon de Francfort les modèles se bousculent, revue des incertitudes.

L’électricité est-elle verte ?

«L’absence de pollution de la voiture électrique est une vue de l’esprit.» Cette assertion n’a pas été prononcée par un sourd au progrès, mais par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, spécialiste du réchauffement climatique, il y a près de dix ans déjà. Le rapport de l’Ademe (1) n’est pas si dur mais démontre que si le véhicule électrique permet d’éradiquer la pollution locale provenant du pot d’échappement, le bilan global n’est pas «systématiquement à [son] avantage par rapport au véhicule thermique». En clair, si vous rechargez vos véhicules avec de l’électricité qui provient de centrales à charbon, au fioul ou au gaz (les deux tiers de l’électricité mondiale) l’équation se renverse au profit du véhicule diesel ou essence. En Europe, le «mix électrique» est lui aussi carboné : «Le bilan du VE en émissions de CO2 est proche des voitures de classe B», affirme l’Ademe. Soit 126 grammes de CO2 au km. De quoi refroidir l’enthousiasme, quand on sait que la moyenne en 2008 se situait à 161 g/km, que les moteurs thermiques sont encore améliorables et qu’il existe déjà sur le marché une Peugeot 207 qui émet 99 g/km. Les partisans de l’autarcie évacueront le problème en arguant qu’en France, près de 80 % de l’énergie est nucléaire. Soit. Mais la France produit et importe de l’électricité carbonée dès qu’elle doit faire face à des pics de consommation. «En 2007, il y a eu cinquante jours où la consommation était si élevée qu’on a tout le temps été au-delà de la production hydraulique, éolienne et nucléaire, rappelle Eric Vidalenc, économiste à l’Ademe. Cela devrait s’accentuer d’année en année, principalement à cause du chauffage électrique.» Alors imaginons qu’en 2020, comme le prévoit Renault, 10 % du marché soit électrique et que, le soir, chacun recharge sa batterie… «On fera de la recharge carbonée», admet Vidalenc. Et si on se projetait dans un marché à 100 % électrique ? «Il faudrait 40 à 60 % de la production française actuelle pour électrifier 30 millions de véhicules», note Jancovici. Une vingtaine de réacteurs nucléaires de plus.

La batterie est-elle viable ?

C’est l’élément le moins abouti. D’abord, son prix reste prohibitif. Une étude du cabinet Oliver Wyman estime que le surcoût lié à la batterie s’élève à 20 000 euros pour une catégorie Golf Volkswagen. Même si on retranche les 5 000 euros de prime française, la différence reste dissuasive. Peugeot, qui va commercialiser sa iOn fin 2010, n’a pas encore défini de prix de vente. Mais on sait que sa jumelle i-Miev (Mitsubishi) coûte 35 000 euros au Japon. Autre incertitude, l’autonomie, qui oscille entre 100 et 200 kilomètres et la destine surtout aux zones urbaines et péri-urbaines. En outre, les batteries ont une durée de vie limitée : «10 000 à 50 000 km, note Frank Schwope, analyste auto pour la banque allemande Nord/LB. Si vous faites 50 km par jour durant deux cent vingt jours, la batterie tiendra un à cinq ans. C’est très peu.» Enfin, et surtout, le lithium (le matériau utilisé dans les batteries) n’est pas une ressource inépuisable. Les 10 à 20 millions de tonnes de réserves mondiales pourraient équiper 3 milliards de véhicules. De quoi laisser la pénurie venir, d’autant que le lithium se recycle. Mais son intérêt n’ayant échappé à personne (il est utilisé dans les téléphones et ordinateurs portables), le lithium a vu son prix exploser (de 350 à 3 000 euros la tonne entre 2003 et 2008).

Quel modèle économique ?

L’ère de l’électrique sera aussi celle des services à la mobilité : Renault envisage de Lire la suite

Bordeaux-Belcier : Eco-Journée du 26 septembre

Atelier des Bains-douches, Communiqué, le 11 septembre 2009

Bordeaux-Belcier : Eco-Journée du 26 septembre

Cette première éco-journée en augure, nous l’espérons, bien d’autres. Nous l’avons voulue écologique, ludique, artistique, pédagogique, pour les habitants de Belcier mais aussi pour ceux venus d’ailleurs.

A partir des trois piliers associatifs de l’Atelier des Bains Douches, participation et réflexion sur l’urbanisme, lien et solidarité entre les habitants, attachement à la protection de l’environnement, nous avons rêvé d’un quartier plus durable, plus solidaire, où il fait bon vivre.

Nous vous proposons de multiples animations, autour de ces thématiques, dans une ambiance festive et conviviale, afin de découvrir le quartier Belcier.

Conférences, débats et animations sur les thèmes de l’écologie.

Stands d’information, jeux, spectacles, buvette et accompagnement artistique.

La Compagnie “La lessiveuse” 14h30 à 15h30 et de 16h00 à 17h00.

Concert de Doudou Cissoko : Kora 13h30 à 14h30.

Atelier Citrouille : 14h00 à 16h00. Atelier d’art plastique animé par des artistes, pour petits et grands, sur le thème du jardin. Peinture sur tissus, papiers découpés, pochoirs …

De 11h à 12 h 30 : Atelier sur l’eau par Anissa Zaïdi du CREAq. Comment maîtriser ses consommations en eau domestique ?

De 15h à 16h00 : Conférence : présentation d’expériences d’éco-quartiers anciens avec Yamina Saheb, consultante en écoquartiers et Thanh Nghiem (fondatrice de l’Institut Angenius) : Quartier de Kreuzberg à Berlin, Quartier de Vesterbro à Copenhague, présentation de l’expérience de Loos en Gohelle.

De 16h à 16H30 : Débat avec les conférenciers et les associations présentes sur la journée.

Des activités pour les enfants seront proposées parallèlement aux ateliers et conférences, afin de permettre aux adultes de participer plus sereinement.

PARTENAIRES

ANIMATIONS EN LIEN AVEC LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

Association le CREAQ Lire la suite

Création de monnaies locales en Grande-Bretagne

lemonde.fr, Virginie Malingre, le 17 septembre 2009

Mon quartier, ma monnaie

Les Anglais ne veulent pas entendre parler de l’euro. Pas question d’abandonner cette livre sterling si chère à leur cœur et qu’ils jugent si fondamentale pour leur identité. Mais l’on dirait qu’elle ne leur suffit plus totalement. En moins d’une semaine, deux nouvelles devises sont apparues outre-Manche. Le « Brixton pound » (B£) verra officiellement le jour

Dans les deux cas, il s’agit d’une monnaie purement locale, que les consommateurs ne peuvent utiliser que dans un périmètre réduit, le quartier de Brixton au sud de Londres pour la première, la ville de Stroud dans le Gloucestershire pour l’autre. En 2007, Totnes dans le Devon avait ouvert la voie, suivie, en septembre 2008, de Lewes dans l’est de l’Essex.

La Banque d’Angleterre regarde sans doute avec un certain mépris ces expériences qui fleurissent ici ou là. Car ces « devises locales », comme les appellent les économistes, ne font que cohabiter avec l’indétrônable sterling. Elles n’ont rien d’une monnaie au sens traditionnel du terme. Elles en ont l’apparence – elles se présentent sous la forme de billets – mais la comparaison s’arrête là. Elles n’ont aucune valeur sur le marché des changes, et n’existent pas à l’extérieur des frontières dans lesquelles elles ont vu le jour. Elles sont un simple instrument d’échange au sein d’une communauté, qui permet une sorte de troc version papier. Et personne n’est obligé de les adopter.

« Nous avons imprimé 40 000 billets, de un, cinq, dix et vingt B£ », ce qui représente plus de 100 000 livres (112 000 euros), explique Tim Nichols, qui a géré l’affaire à Brixton pour le compte de l’association environnementale Transition Town, à l’origine du projet.

Il y aura deux bureaux de change dans le quartier, où les volontaires pourront changer une livre sterling pour un Brixton pound. Et aller faire leurs courses dans les magasins qui acceptent de participer à l’aventure. La livre sterling qu’ils auront donnée en contrepartie sera précieusement conservée dans un coffre, dont la localisation est tenue secrète (de même que le montant exact de Brixton pounds émis) pour ne pas donner des idées aux cambrioleurs. De telle sorte qu’elle puisse à tout moment réintégrer le portefeuille de celui qui voudra se débarrasser de ses vrais faux billets.

Mais à quoi peut donc servir ce Monopoly grandeur nature ? « D’abord à soutenir le commerce local« , répond M. Nichols. En ces temps de récession économique, l’initiative prend tout son sens. Les grandes surfaces et autres chaînes qui pullulent dans les rues de Londres rendent la vie difficile au café ou à l’épicier du coin. C’est d’autant plus vrai qu’aujourd’hui, un Tesco ou un Sainsbury’s (grandes chaînes de supermarchés britanniques) vend tous les produits exotiques qui ont longtemps fait la spécificité du quartier de Brixton, et de ses fameux commerces jamaïquains ou indiens.

Selon l’étude d’un groupe de recherches, la New Economics Foundation, l’argent qui est investi dans l’économie de proximité circule jusqu’à trois fois plus que lorsqu’il est dépensé auprès d’une entreprise nationale. Il est réutilisé dans le quartier bien plus souvent que s’il finit dans les caisses d’un Starbucks ou d’un Marks & Spencer. Et dès lors, il y génère de la croissance supplémentaire.

En faisant le choix des Brixton pounds, le consommateur s’oblige à acheter local. Le commerçant qu’il a choisi Lire la suite

Le treut : Changement climatique « Le nœud coulant se resserre chaque année »

sudouest.com, Jean-Denis Renard, le 16 Septembre 2009

ENTRETIEN, RÉCHAUFFEMENT. Climatologue de renommée mondiale, Hervé Le Treut éclaire les enjeux lors d’une conférence, ce soir, à Bordeaux

« Le noeud coulant »

Année après année, amasse-t-on de nouvelles données sur l’évolution du climat ?

Hervé Le Treut. Le diagnostic scientifique est très stable depuis vingt ans. Un travail soigneux de recueil des données a d’ores et déjà été effectué. On ne change donc pas de diagnostic. Ce que l’on voit, c’est le système réel évoluer. Le nœud coulant se resserre chaque année, et les changements opérés sont en partie irrémédiables.

Lesquels ?

On sait que des pays de la bande tropicale se retrouvent très exposés aux effets du réchauffement climatique. Certains d’entre eux sont d’ailleurs très faiblement émetteurs de gaz à effet de serre. Lors de la prochaine conférence de Copenhague (NDLR : la conférence des Nations unies sur le changement climatique, du 7 au 18 décembre), la négociation tournera beaucoup autour de l’interaction nord-sud, avec des pays qui réclament la mise en place d’un fonds d’aide pour faire face aux effets du réchauffement. Ce sera l’essence même de la conférence.

Si le diagnostic reste le même, n’assiste-t-on pas à un emballement du réchauffement climatique ?

Une accélération plutôt qu’un emballement. On reste dans la marge qui avait été pensée comme possible. Simplement, les émissions sont plus importantes que ce qui avait été anticipé lors de la mise au point des modèles. Les pays émergents comme la Chine et le Brésil sont maintenant au-devant de la scène, ce qui pose des problèmes écologiques certains.

Reste-t-on dans cette marge sur l’élévation du niveau des océans, entre 18 et 59 cm d’ici à 2100 si l’on en croit le rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) de 2007 ?

La fourchette n’est pas aussi stricte. ça, c’est sa partie « gris foncé ». Le « gris clair » va très au-delà. Mais on ne s’écarte pas des valeurs modélisées. On se situe actuellement sur une hausse d’une trentaine de centimètres par siècle qui va s’accélérant. S’il y avait de l’argent à gagner dans cette affaire, beaucoup parieraient sur une hausse supérieure à 50 centimètres d’ici à 2100…

L’ensemble de la communauté scientifique alerte sur l’urgence de la situation.

Où s’arrête votre rôle de scientifique, où commence celui de citoyen ?

Il n’y a pas de réponse à 100 % satisfaisante sur cette question. La science a impérativement besoin de neutralité et de respectabilité. Sinon, Lire la suite

Bordeaux les 20 et 21 octobre 2009 – 6èmes Ateliers du Développement Durable « Le développement durable, levier pour sortir de la crise ? »

reseau-tee.net, Communiqué, le 17 septembre 2009

Bordeaux les 20 et 21 octobre 2009 – 6èmes  Ateliers du Développement Durable « Le développement durable, levier pour sortir de la crise ? »

La crise actuelle nous inciterait-elle à changer de système ? C’est le parti pris de ces 6èmes  Ateliers du Développement Durable. Les entreprises, les collectivités, ou encore les acteurs économiques et sociaux ont en effet besoin d’idées, d’inspirations, de méthodes et de retours d’expériences novatrices pour s’installer durablement dans le XXIe siècle, en considérant cette crise comme un prétexte pour modifier nos comportements.

Organisés par IDEAL Connaissances, avec le Conseil régional d’Aquitaine, le Conseil général de Gironde et la Communauté urbaine de Bordeaux, les Ateliers du Développement Durable attendent une quarantaine d’intervenants et plus de 500 participants.

Un programme riche de 16 conférences et ateliers : Répartis en 4 grandes thématiques, correspondant aux 4 grandes crises actuelles, les Ateliers du Développement Durable apporteront des solutions pour chacune des problématiques abordées :

1. Le dysfonctionnement urbain

– Urbanisme durable : au delà des éco-quartiers…

– Quelles solutions pour maîtriser l’étalement urbain ?

– Logement social durable : comment agir sur l’existant et adapter les logements sociaux ?

– Comment mettre en œuvre un développement urbain, intégré, durable et solidaire ?

2. La crise alimentaire

– L’agriculture et crise alimentaire : la fin d’un modèle

– Comment adapter l’agriculture et la sylviculture au changement de demain ?

– Quelles stratégies de développement du mode de production biologique adopter ?

– Comment généraliser la mise en place de cantines « bio » dans la restauration collective ?

3. L’accroissement de la précarité

– Développement durable et fracture sociale

– Au delà du traitement de l’urgence sociale, Lire la suite