Un ultimatum contre la bombe climatique

toogezer.com, propos recueillis par Olivier Moulergues, le 17 septembre 2009

Un ultimatum contre la bombe climatique

Pour faire progresser les négociations internationales sur le changement climatique à Copenhague, onze ONG, dont Greenpeace, ont lancé en mai dernier une pétition adressée au président Nicolas Sarkozy “L’ultimatum climatique(http://www.copenhague-2009.com/appel). Son objectif : la division par deux des émissions d’ici 2020 et 100 milliards d’aide au pays du Sud pour un développement propre et l’adaptation aux changements climatiques. Pascal Husting, directeur de Greenpeace France et Karine Gavand, responsable de la campagne climat nous parlent de cette mobilisation sans précédent en faveur de la justice climatique.

Comment est née cette initiative ?

Karine Gavand : “Ce sont des ONG de protection de l’environnement, dont Greenpeace, qui ont eu l’idée de rassembler les associations écologistes et humanitaires françaises pour parler d’un sujet qui transcende les domaines environnemental et humanitaire : la lutte contre le réchauffement climatique. Nous avons une logique de plateforme qui permet à chacun de garder son indépendance en s’unissant juste pour cette action commune précise.”

Pourquoi agir seulement au niveau français alors que la négociation sera mondiale ?

Pascal Husting : “Cette campagne n’est que le versant français d’une série d’évènements qui se tiennent actuellement partout dans le monde. Les français ne pouvaient pas interpeller Merkel et les allemands Nicolas Sarkozy, il nous fallait bien commencer par quelque part !”

Karine Gavand : “La campagne internationale TCK http://www.timeforclimatejustice.org/clip/ menée par la fondation de Kofi Annan The Global Humanitarian Forum est une mobilisation internationale en faveur de la justice climatique. Le principe est simple : chaque internaute publie sont tic tac de pendule pour réveiller les décideurs avant qu’il ne soit trop tard.”

La France est-elle à la « traîne » ?

Karine Gavand : “Il y a une grande différence entre les discours qui pourraient faire croire que le gouvernement s’engage et les actes réels. La France fait en réalité très peu pour l’efficacité énergétique. Les objectifs de Kyoto sont certes respectés, mais il s’agit d’une simple stabilisation des émissions. L’Allemagne, partie de résultats moins bons, voit ses émissions diminuer beaucoup plus rapidement.”

Pascal Husting : “Il y a des choix à faire. Lorsque l’on décide de dépenser 30 milliards pour le plan de défense ou 3 milliards pour la suppression de la TVA dans la restauration mais que l’on refuse trois milliards pour soutenir un développement plus propre des pays du Sud, on ne peut pas dire que l’on s’engage pour la justice climatique.”

La justice climatique est-elle la « dernière roue du carrosse » des négociations sur le climat ?

Pascal Husting : “Ce sont toujours les pays les plus industrialisés qui détiennent la solution à la crise climatique. Il faut que chacun assume des objectifs de réduction selon sa responsabilité réelle. On ne peut pas fixer des objectifs de réduction de 15 à 30 % pour les pays du Sud en ne prenant pas en compte leur niveau d’émission par habitant et depuis le début de l’ère industriel. Le discours : “Nous voulons bien faire des efforts, mais il y a la Chine et l’Inde…” continue malheureusement de faire long feu. Il faut que l’on assume nos propres responsabilités.

Il y a plus grave encore : le refus d’aider financièrement les pays les plus pauvres dans une démarche de développement propre et d’adaptation au changement climatique. La commission européenne a récemment défendu des positions similaires. Il y a cependant des exceptions : Gordon Brown en Grande-Bretagne s’est engagé à aider les pays du Sud en échange de leur participation à la lutte contre le réchauffement climatique.

L’ultimatum climatique est une action en faveur de la justice climatique et pas seulement contre le réchauffement.”

Quelle est la place des ONG au sein des négociations internationales sur le climat ?

Pascal Husting : “Aucune, nous ne sommes pas signataires des futurs accords ! Nous avons juste un rôle de contre-pouvoir. C’est aux politiques d’avoir le courage d’agir en fonction d’une réalité scientifiquement établie et d’arrêter de parler de croissance verte ou à l’inverse, d’opposer le progrès aux écosystèmes.”

Votre objectif est d’atteindre 1 millions de signatures d’ici décembre, cela vous semble t-il bien parti ?

Pascal Husting : “Nous n’en sommes encore qu’au début. Le rythme va s’accélérer avec la médiatisation des négociations de Copenhague. L’outil internet nous permet de toucher plus facilement les gens qu’avec une pétition papier. On espère aussi qu’au-delà d’une simple signature, les gens vont s’engager durablement auprès de leurs élus, chefs d’entreprise… L’ultimatum climatique n’est qu’une partie de notre mobilisation à l’occasion de Copenhague, nous prévoyons d’ors et déjà une flashmob, un concert en novembre ainsi que des actions plus musclées.”

Publicités

Une Réponse

  1. Bonjour,

    Tck organise un flash mob, le lundi 21 septembre dans le monde entier. « Dans des centaines de villes, des milliers de citoyens vont faire sonner réveils et portables, faire un maximum de bruit pour que les gouvernements s’engagent fortement sur le front des changements climatiques. »

    Pour savoir si cela se passe dans votre ville ou créé l’évènement dans la votre si ce n’est pas prévu : http://www.avaaz.org/fr/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :