Climat : les Britanniques prennent le pas sur leurs leaders

 planette-terra.fr, Karine Le Loët, septembre 2009

Climat : les Britanniques prennent le pas sur leurs leaders

Marre d’attendre que les leaders se décident. Les Britanniques ont décidé de prendre les choses en mains en s’engageant individuellement à réduire leurs émissions de 10% dès 2010. Tiendront-ils leurs promesses ?

12 779 personnes, 416 entreprises et 133 institutions. Voilà à quoi ressemblait, hier, le flot de Britanniques engagés dans la campagne 10:10. Lancée le 1er septembre par une poignée d’activistes environnementaux et soutenue par le quotidien The Guardian, celle-ci a un objectif simple : pousser le maximum de Britanniques à réduire leurs émissions de 10% dès 2010 et s’ériger en exemple pour le reste du monde.

Tout a commencé par un « coup » médiatique. Le 1er septembre les Britanniques étaient appelés à se présenter en masse à la Tate Modern – l’ancienne centrale électrique de Londres reconvertie en musée d’art moderne. Là, contre une signature en bas d’une liste, les candidats à l’effort sont repartis avec un petit médaillon à l’effigie de la campagne et forgé dans la carcasse d’un boeing 747. Ils ont aussi reçus un petit carton rose mentionnant leur promesse : « Moins prendre l’avion », « Baisser le chauffage », « Manger moins de fromage »… Aux portes de la Tate Modern, deux groupes anglais portaient la fête sur les bords de la Tamise. « J’espère que vous allez tous atteindre votre engagement de 10%. Je vous achèterai une pinte, si vous arriverez à 20 ! », s’exclamait John McLure, le chanteur de Reverend and The Makers.

Westwood et McCartney

10% ? « Une broutille », soulignait dans les colonnes du Guardian, Franny Armstron, réalisatrice de L’Âge de la stupidité et initiatrice de la campagne. « Ça revient à changer des ampoules, baisser le chauffage, conduire un peu moins et isoler – avec des méthodes gratuites – sa maison. » La jeune femme a appelé le peuple britannique à prendre les devants à quelques mois du sommet sur le climat de Copenhague. Depuis, la mayonnaise médiatique a pris. Des stars – les stylistes Vivienne Westwood et Stella McCartney, l’acteur Colin Firth, l’humoriste Rory Bremner, le réalisateur Mike Figgis – ont ajouté leurs noms aux 12 milliers d’anonymes engagés dans la campagne.

Mais comment être sûr qu’ils tiendront bien leur promesse ? « Nous avons des partenariats avec la majorité des compagnies d’énergie britanniques, explique Daniel Vockins, l’un des organisateurs de la campagne. A partir de 2010, les Britanniques pourront voir en haut de leur facture leur baisse de consommation par rapport à 2009. » Mais comment estimer l’état de son gaspillage alimentaire ou de son taux de recyclage ? « C’est vrai que les efforts individuels sont difficiles à mesurer. Mais pour aider les gens à réduire leurs émissions, nous avons mis à leur disposition des conseils sur notre site », confie encore Daniel Vockins. Pas de quoi remplacer un bilan carbone individuel mais une chance de guider les Britanniques dans le sens de la sobriété. Exemple de conseils distillés sur le site : « Réduisez de 10% votre consommation d’électricité : baisser le thermostat, les radiateurs dans les couloirs. Mettez des pulls. » ou « Conduisez moins : laissez votre voiture au garage un jour par semaine. Marchez, prenez votre vélo ou les transports publics ce jour là. »

Objectif Copenhague

Du côté des entreprises ou des institutions, le bilan semble plus aisé car on leur en demande moins. A la fin de l’année 2010, celles-ci disposeront d’un outil en ligne pour mesurer leur effort en terme de transport ou d’énergie. »Pour les entreprises, la campagne 10:10 c’est une réduction d’au moins 3% des émissions de carbone en une seule année », souligne le site internet. « C’est plus difficile pour des entreprises de grande taille qui ont déjà beaucoup réduit leurs émissions de pousser encore plus loin, justifie Daniel Vockins. Nous leur demandons de faire au moins 3% en espérons qu’elles s’approcheront le plus possible de 10. »

Reste qu’il manque un engagement gouvernemental. Certes, les leaders des trois grands partis – Gordon Brown, David Cameron et Nick Clegg – ainsi que les membres du Cabinet britannique se sont engagés individuellement. Mais aucun engagement n’est encore pris au niveau de l’État. Mais « quand une bonne partie des Britanniques seront engagés, nous pourrons passer à la deuxième étape : convaincre le gouvernement de nous suivre (…). Si l’un des plus gros coupables historiques comme la Grande-Bretagne fait le premier pas, ça pourrait changer le cours du Sommet de Copenhague », se plaisait à rêver Franny Armstrong, dans les colonnes du Guardian, le 1er septembre. Pour le moment, la Grande Bretagne s’est engagé à réduire de 34% ses émissions en 2020 et de 80% en 2050.

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