centrale photovoltaïque de 250 ha à Bazas : Electricité dans l’air « Une manipulation »

sudouest.com, Pierre Lascourrèges, le 11 Septembre 2009

BAZAS.  Electricité dans l’air « Une manipulation »

Verra t-on un jour une centrale photovoltaïque pousser au milieu d’un champ dans la campagne bazadaise ? À vrai dire, cette idée a soulevé un tollé général, mercredi soir, au cours d’une réunion publique à laquelle on comptait une centaine de personnes. L’association Les Amis de la Brèche a souhaité ouvrir le débat au moment où l’on parle d’un projet d’installation de panneaux au sol couvrant plusieurs hectares et va geler des terres agricoles et forestières.

Révision du POS

Dominique Lambert, président des Amis de la Brèche, a rappelé le contexte : « Une révision simplifiée du Plan d’occupation des sols (POS) est actuellement en cours afin de permettre l’installation des énergies renouvelables sur 250 ha de terrain classés en zone agricole au sud de la commune.

Les réactions s’enchaînent. Plusieurs associations font front commun. Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso, parle de projet démentiel et démesuré : « On est favorable au développement des énergies renouvelables, mais pas n’importe comment, n’importe où et à n’importe quel prix ». Mettant en garde les propriétaires qui se laisseraient tenter par les sirènes de l’argent : « Qui peut croire qu’EDF va revendre son électricité six fois plus chère qu’elle ne l’a produit ? Et qu’est-ce que les collectivités en attendent, sinon de grapiller des petits profits ? » Plusieurs agriculteurs présents dans la salle ont justement exprimé leurs besoins : « Il est très difficile de trouver des terres disponibles pour accroître nos revenus. Et des fonds ne seraient-ils pas plus utiles pour encourager l’installation des jeunes ? »

Sur un plan scientifique, Alexis Ducousso, ingénieur à l’Inra, prévient : « L’artificialisation des terres aura un impact sur le bilan carbone. »

Écolos et chasseurs d’accord

Claude Dubois, fermier et éleveur bazadais et représentant de la FDSEA, a la voix nouée lorsqu’il évoque la perspective de dénaturer le Bazadais : « On a pris l’autoroute et maintenant, on nous colle le photovoltaïque, ça fait beaucoup. » Jean-Claude Leroy, de la Confédération paysanne : « Nous sommes contre le photovoltaïque industriel alors que le Grenelle de l’environnement introduit d’autres possibilités. »

Jean-Luc Rouet, directeur d’exploitation du lycée agricole : « Plutôt que de prendre des terres, j’ai proposé d’équiper les toits de panneaux photovoltaïques. » Et pour garder le meilleur pour la fin, Jean-Louis Riflade, président de la société de chasse, parle d’un désastre programmé sur des espaces reconnus pour la richesse de leur biodiversité : « Je promets la honte au maire s’il ose mettre la tenue du paloumayre, le jour du chapitre annuel. »

L’éclairage apporté par cette réunion aura peut-être permis à chacun de se faire une opinion sur le sujet. Une enquête publique est en cours. Et un registre est à la disposition des habitants jusqu’au 21 septembre.

Il avait fait savoir qu’il ne pourrait être présent à cette réunion. En l’absence de Bernard Bosset, le maire, Jean-François Belgodère, adjoint à l’urbanisme, a indiqué pour sa part être « vigilant et pragmatique », à l’examen de ce dossier. Il a ensuite rappelé les éléments que le maire avait lui-même communiqué le 2 juillet dernier, lors d’une réunion publique portant sur le même sujet.

Le maire reconnaît la possibilité donnée aux propriétaires d’implanter des sources productrices d’énergie renouvelable. La Communauté de communes ayant commandé une étude dans ce sens, auprès d’un cabinet spécialisé. « Il n’est pas question d’installer 250 ha de panneaux photovoltaïques. Affirmer le contraire, comme certains s’y évertuent, est un mensonge et une manipulation des esprits. Personne n’aura obligation de poser des panneaux. In fine, cela doit concerner un peu plus d’une vingtaine d’hectares. Aucun feuillu n’est touché, pas plus qu’une surface cultivée et surtout aucune palombière », conclut le maire, tout en rappelant que le Conseil municipal avait validé cette délibération le 10 juillet dernier. À son tour, Sophie Mette, conseillère d’opposition se souvient néanmoins « que l’objectif initial était de geler toutes les terres agricoles et que la zone d’impact avait été réduite ».

Gisèle Lamarque, députée suppléante se dit « favorable aux énergies renouvelables mais pas au détriment du foncier agricole et forestier. Et surtout pas sans dialogue, ni concertation. » Pas franchement convaincu, Francis Sturma, maire de Marimbault, trouve que l’on va un peu vite en besogne : « Attendons le résultat de l’étude en cours avant de nous prononcer. Il va bien falloir trouver des solutions pour que nos communes trouvent des ressources, et faire face au désengagement de l’État. »

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