Serptembre 2009 : Les huîtres du Bassin d’Arcachon à nouveau interdites à la consommation

sudouest.com, Chantal roman, le 10 Septembre 2009

BASSIN D’ARCACHON. Tous les résultats sur les bio tests sur souris connus hier sont positifs. Ce qui entraîne une fermeture de la commercialisation des huîtres et des moules

Les huîtres à nouveau interdites à la consommation

 «Maintenant, ça suffit ! J’appelle à la désobéissance civique et demande à tous les ostréiculteurs de rendre leurs rôles maritimes, de débarquer leur personnel et de ne plus payer les charges. »

Hier, Olivier Laban, le président des ostréiculteurs s’étranglait de colère. Alors qu’il se trouvait à Paris avant de rejoindre Bruxelles où doit se tenir la conférence scientifique sur un nouveau test de contrôle sanitaire des mollusques, il apprenait… que toutes les huîtres étaient interdites à la consommation.

Les souris sont donc mortes. Pour les tests sur les moules, déjà interdites la semaine dernière, mais aussi pour les huîtres, à la fois d’Arguin et du Grand Banc, dont la commercialisation était autorisée, la semaine dernière.

Ironie de l’histoire, qui plus est, les huîtres se trouvent pour l’heure en deçà de la période de veille sanitaire. Cette dernière aurait dû prendre fin au 31 août, mais en raison de la positivité des moules, le protocole veut que l’on continue à tester les huîtres.

Cela dit, les professionnels ont eu un mince espoir hier : « Au vu de l’incohérence de la situation, un responsable du ministère de l’Agriculture était d’accord pour que l’on opère immédiatement un nouveau test ce jeudi et que l’on puisse donc rester ouvert jusqu’au résultat de vendredi, explique Olivier Laban.

Mais c’était sans compter avec la direction générale de l’alimentation (DGAL) qui a mis son veto. Résultat ? On est fermé jusqu’à mercredi prochain, au moins. » La rumeur de cette « ouverture « avait d’ailleurs couru de parc en parc aux premières heures de la matinée, hier : « La profession est exsangue, martèle Olivier Laban. Nous arrivons au 15 septembre, date à laquelle on se positionne pour les marchés de fin d’année. Mais comment être crédible vis-à-vis de nos clients ? Ils préfèrent acheter dans d’autres bassins où c’est plus « sûr ». C’est infernal. »

De remarquer également : « Curieusement, alors que le ministre de l’Agriculture nous avait promis une lecture « compréhensive » des résultats des tests, on n’a jamais été autant fermés que cet été 2009 ! Sept fois ! On nous prend pour qui ? »

La colère monte…

Côté élus du bassin d’Arcachon, Michel Sammarcelli, président du SIBA et maire de Lège-Cap-Ferret, ne cachait pas sa colère : « Nous avons collecté plus de 26 000 pétitions de la population contre le test souris. Que faut-il faire ? » De menacer : « Nous, maires, pouvons aussi jouer à la « souris ». Prendre un arrêté municipal d’interdiction de se baigner, mais inviter la population à venir sur les plages… pour se baigner car l’eau est de bonne qualité ! C’est aussi absurde que ce test, qui est bon un jour, mauvais un autre… Personne n’est malade ! On baigne, c’est le cas de le dire, dans l’incohérence la plus totale. »

Ostréiculture sur le Bassin : une filière fragilisée

L’ostréiculture arcachonnaise vit des heures sombres, et les fermetures répétées de ces dernières années ne font que conforter les producteurs dans leur idée que l’« on » souhaite leur disparition. État des lieux.

350 producteurs

On estime à 350 producteurs actuellement sur le Bassin, même si les concessions atteignent le chiffre de 460, dû au fait que les retraités ont la possibilité de garder quelques parcs. Et si la majeure partie des ostréiculteurs travaillent sur Gujan-Mestras, le principal pôle conchylicole, ils se partagent ensuite ente La Teste, puis le Cap Ferret et ce que l’on nomme le nord du Bassin : Arès, Lanton, Andernos et Audenge.

Une évolution impressionnante : en 1960, ils étaient 1 738 ostréiculteurs à se partager 2 500 hectares cultivés sur le Bassin. En 1990-1991, ils n’étaient plus que 700 professionnels sur 1 000 hectares concédés. En l’an 2000, on comptait 544 concessionnaires pour 800 hectares concédés.

Actuellement, ils ne sont donc que 350 conchyliculteurs (avec plusieurs casquettes, à la fois producteurs, expéditeurs et distributeurs) travaillant sur une superficie de 715 hectares.

On n’investit plus

Quant au chiffre d’affaires généré, il avoisine les 35 millions d’euros par an, dont 5 millions concernent le naissain. Ce n’est donc pas une activité « secondaire » sur le bassin d’Arcachon.

Mais les fermetures à répétitions ont aussi leurs conséquences : si les emplois directs liés à l’ostréiculture tournent autour de 1 000 – avec un afflux d’intérimaires lors des fêtes de fin d’année -, le producteur qui a devant lui un avenir des plus aléatoires n’a plus le courage d’investir. Que ce soit dans le matériel, dans la modernisation des installations : « De quoi l’avenir sera fait ? », se demande-t-il. Aussi est-ce toute une chaîne de sous-traitants – coopérative maritime, constructeurs, réparateurs, etc. – qui se trouve dépendante de la santé économique ostréicole.

Grosses difficultés

Au-delà de la fragilité de la filière, certains ostréiculteurs se trouvent aussi en grosse difficulté. Certains, parmi les petites entreprises, n’attendent que le marché du dimanche pour pouvoir manger, d’autres se trouvent face à une clientèle à qui il faut redonner confiance… Notamment dans la grande distribution qui, certes ne représente que 30 % de la vente globale, mais qui souhaite avoir un produit qui ne sera pas retiré de la vente du jour au lendemain. Être absent du marché, c’est perdre le marché… Le développement est donc extrêmement aléatoire.

Rumeurs sur les cabanes

Lors de ces fermetures répétées, les ports bruissent de bruits : « ils (en clair les promoteurs) veulent nos cabanes et y construire des résidences. »

Rumeurs qui ne rassurent personne. Car la fragilité de l’ostréiculture, c’est aussi l’absence de garantie professionnelle. Un exemple ? Si l’on achète un parc sur le Grand Banc pour 100 000 euros, l’on n’achète qu’un droit d’usage.

Même chose pour les cabanes, ateliers qui se trouvent sur le domaine public maritime et sont soumis à une autorisation d’occupation temporaire.

Certes, quelques constructions ont lieu (notamment sur la digue Est du port de la Teste), mais pour l’heure en domaine privé, l’État ayant rétrocédé les terrains. Pour l’heure donc, il semble impossible de bâtir en lieu et place des cabanes…

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2 Réponses

  1. Je serais curieuse, s’ils existent et sont consultables par tous, de voir les plans du domaine publique maritime, notamment à la pointe de l’Aiguillon ou sur cette digue Est de la Teste…
    Selon quelle procédure l’Etat peut-il rétrocéder des terrains ?
    Comment arrêter de détourner la loi littorale ?
    Que de questions. Et que doutes qui planent sur l’intégrité des « administrateurs »… :???:

  2. Très simple
    D’abord une attitude intégriste pro écolo et antichasse pour écarteler les utilisateurs de faune sauvage.
    Ensuite une bascule sur un modèle quelconque de « parc » à vocation protectrice.
    Une fois que les principaux revendicateurs sont écartés (chasseurs, ect..)une loi est votée en mairie autorisant la construction.
    Au final en dressant les gens les un contre les autres on aboutit à un nuissance générale et on permet aux opérations finacières de voir le jour
    CF, parc du Teich, cote de Gujan, opération de renflouement des plages de Pyla, littoral d’Arcahon(loi littorale?????foulée!!c’est un mauvais jeu de mot!!) qui renflout surtout les prpriétaire de 1ere ligne et sont un assassinat caractérisé de la faune sous marine) pas la peine d’aller en Artique cela se passe ici
    Et cela dure……

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