La chasse à l’épreuve de l’éthique

ecologie-radicale.org, Gérard Condorcet, président de Convention vie et nature pour une écologie radicale, le 6 septembre 2009

La chasse à l’épreuve de l’éthique

Mon livre « pour en finir avec la chasse », mes éditoriaux hebdomadaires, mes actions juridictionnelles contre la mort loisir me valent périodiquement les injures dérisoires de certains « cynégécrates » et des attaques personnelles, c’est-à-dire méprisables.

La modestie m’incite à reconnaître que je ne bénéficie d’aucune exclusivité et que madame VOYNET, en son temps, Monsieur Allain BOUGRAIN DUBOURG furent également gratifiés par ces personnages d’invectives bienvenues.

Pour ma part, viscéralement attaché à la liberté d’expression, incluant la liberté de délires, considérant que les injures de certains individus honorent, j’informe mes contempteurs de ce que je ne m’abaisserai jamais à les poursuivre en diffamation, procédure si souvent ridicule et traduisant chez les plaignants une incapacité de réfutation.

Car, au fond, ce qui vaut est la querelle des idées, des valeurs, des concepts, le dénigrement contre les personnes étant l’apanage des indigents de la pensée.

La chasse est un loisir contraire aux principes éthiques fondamentaux en ce qu’elle porte la négation du caractère sensible de sa victime.

Constatons, dès l’abord, qu’aucune considération vitale ne justifie le fait de traquer et de tuer un animal libre, en Europe, en notre temps, pas plus d’ailleurs qu’une nécessité impérieuse n’exige la torture d’un taureau dans une arène.

La chasse et la tauromachie sont des négations du caractère sensible de l’animal et un avilissement pour l’humain qui oublie sa capacité d’empathie.

Dans les abattoirs, dans certains laboratoires, dans les élevages concentrationnaires, des hommes « désensibilisés » finissent par ignorer que les animaux placés à leur merci ne sont pas des marchandises, du matériel, mais des êtres dotés, comme eux-mêmes, d’un système nerveux les exposant au stress et à la douleur, un système nerveux très similaire à celui de l’animal humain.

La mort devient leur métier.

A la chasse, à la corrida, la mort devient leur plaisir.

Sauf à retirer aux enfants en bas-âge, aux vieillards séniles et aux handicapés mentaux, privés de raison, tout droit à ne pas être maltraités, l’exigence morale du respect d’autrui ne saurait se fonder surla capacité à raisonner.

Pourquoi cette capacité serait-elle plus discriminante que celle de courir vite, de nager sur une longue distance, d’appartenir à telle ou telle espèce, tellle ou telle race, tel ou tel sexe ?

Ce qui fonde le droit à ne pas être torturé tient à la capacité d’éprouver la souffrance et inversement le bien-être.

Or, les tueurs et tortionnaires d’animaux, chasseurs, amateurs de spectacles sanguinaires, utilisateurs du vivant sensible à titre de pur matériel, ne nient pas le caractère sensible de l’animal. Au pire, minimisent-ils la capacité de souffrir chez leurs victimes dont le sacrifice ne leur procurerait aucune jouissance sans ce caractère sensible.

Courir après un leurre à la chasse à courre, affronter un robot à la corrida n’a pas de sens pour les goûteurs de mort. Tout le plaisir de la chasse et de la tauromachie réside dans le fait que l’effroi, les sévices, la mise à mort affectent un être sensible.

A ce stade, le négationniste, s’il était en mesure de proférer autre chose que des injures à l’encontre de ma personne, pourrait répliquer que certes l’animal souffre, éprouve terreur et douleur lors de ces loisirs et jeux mais qu’il n’appartient pas à notre espèce ce qui justifie le mépris de sa souffrance.

Durant des millénaires, les humains ont ainsi raisonné à l’encontre des autres races de l’espèce. Des gens sérieux ont écrit, au 19ème siècle, c’est-à-dire hier, que l’Africain avait un sens de la douleur émoussé par rapport à l’Européen.

D’autres ont justifié des discriminations fondées sur la couleur de la peau ou sur le sexe, discriminations dont chacun admet aujourd’hui tant l’immoralité que l’absence de tout fondement rationnel.

Le refus de prendre en considération la souffrance des autres espèces participe de la même déraison et du même crime moral.

En cela et par-delà les considérations tenant à la conservation des espèces, il est impératif de changer notre rapport à l’animal et d’admettre l’égalité des intérêts, le spécisme n’étant pas davantage fondé en éthique que le racisme.

Il n’est qu’un arbitraire une frontière criminogène en ce qu’elle permet de nier l’autre dans sa sensibilité.
Tout être sensible appelle notre respect et la condamnation de tout sévice à son encontre. S’il entend dépasser le stade de l’invective, le taste mort répliquera que la Nature est cruelle, que le prédateur mange la proie et que toute vie se nourrit d’une mort.

Il me dira que le loup (dont je souhaite la protection intégrale) tue le mouton et le chevreuil et qu’il n’y a pas lieu de faire procès à un humain de faire ce que font tigres, lions et ours.

Cette objection mérite un examen plus sérieux que les habituelles éructations haineuses des petits propagandistes de la guerre faite à la faune.

Observons tout d’abord que nous, humains, dotés de nos capacités spécifiques, ne portons aucune responsabilité dans l’apparition des multiples formes de vies sur terre. La Nature, ainsi que le disait Théodore MONOD, ne nous a pas demandé notre avis en faisant le tigre carnivore. J’ajouterai : à lui non plus d’ailleurs !!

Mais, nous jouissons d’une supériorité cognitive qui nous permet d’accéder à l’empathie.
Nous disposons du choix d’être infernal ou non aux autres êtres sensibles.
Nous comprenons ce qu’est la souffrance. Nous disposons de la faculté de la générer ou inversement de la combattre.

Dans ce débat essentiel, nous, écologistes, élevons l’humain en lui assignant une responsabilité conférée par sa maîtrise, alors que le chasseur le rabaisse en l’invitant à singer une prédation purement ludique.

Comment peut-on faire de la mort d’un être sensible, une activité récréationnelle ?

Comment peut-on faire de la torture d’un herbivore un pur spectacle ?

Abolir la chasse et les autres agressions contre les êtres sensibles n’est donc pas qu’une question purement technique, un mode de « gestion » de la faune qui par ailleurs se meurt dans un monde totalement artificialisé.

C’est franchir une étape dans la voie de la civilisation.

Notre éthique affecte, par-delà le rapport à l’animal non-humain, l’ensemble des relations sociales et politiques. Dès lors que le droit d’autrui résulte de sa capacité d’éprouver le principe de plaisir déplaisir, que je pose en postulat que je ne dois jamais infliger souffrance et terreur, je suis amené à condamner toutes les formes de brutalités, de violences physiques à l’encontre de quiconque.

L’éthique écologiste rend impossible le génocide, le meurtre non imposé par la défense d’une autre vie, et la maltraitance de l’infidèle, de l’étranger, de celui qui pense différemment et dont les idées peuvent être combattues radicalement sans que jamais sa personne soit en cause.
Honte à ceux qui tuent sans nécessité absolue !

Honneur à ceux qui ajoutent du plaisir de la douceur, de l’équité à l’égard de tout ce qui ressent et espère !

Dans un prochain éditorial, je développerai ce qu’implique cette éthique écologiste, ce respect de la vie, face au combat nécessaire contre les idéologies fascistes ou religieuses idéologies prônant l’extermination du sous-homme ou de l’infidèle.

Je ne doute pas que ces évidences éthiques n’échappent pas aux décideurs et à nombre de contemporains qui perdurent à flatter les bas instincts, à couvrir les pires exactions contre la biodiversité, car dans certaines régions nous assistons à un massacre systématique de tout ce qui vit. Ces politiciens mentent sur les tribunes en dissimulant les exterminations programmées d’ours pyrénéens ici, de rapaces ailleurs, et ce par pure lâcheté.

La chasse prouve ceci :

Nous pâtissons d’une classe politique déplorable, exempte de courage et de lucidité, jouet des lobbies et prête à tous les avilissements pour glaner quelques voix en perdant sa dignité.

Durant près de vingt ans, les préfets de GIRONDE, les successifs ministres de l’intérieur tremblaient devant les braconniers de tourterelles de mai, persuadés qu’une interdiction effective des tirs générerait pas moins qu’une révolution populaire en MEDOC.

Ce furent les associations de protection de la Nature qui durent s’exposer physiquement et agir devant les tribunaux pour faire cesser ces gesticulations.

Présentement, sur les cols ardéchois en mars, dans le Sud des LANDES en août quelques centaines de braconniers détruisent l’avifaune, ici les migrateurs, là-bas les ortolans avec la lâche complicité des pouvoirs publics confondant le peuple Français et une poignée de tueurs d’oiseaux, injure faite par l’élu aux citoyens.

Qui est coupable ?

L’attardé qui ignore que l’oiseau qu’il piège est un être sensible, survivant dans un monde désormais hostile à la diversité biologique ou le décideur, l’élu informé qui n’ose pas tenir un langage de vérité ?

L’éthique nous appelle à changer notre relation à tout être sensible humain ou non-humain et à congédier l’instinct de mort.

Malgré la censure de la presse formatée, cette vérité, source d’ostracisme et d’imprécations aujourd’hui, s’imposera demain à tout esprit lucide.

Gérard CONDORCET TEL www.ecologie-radicale.org  06 76 99 84 65

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