A Bordeaux, Jouanno monte au feu

sudouest.com, Jean-Denis renard, le 5 septembre 2009

TAXE CARBONE. La secrétaire d’État à l’Écologie a balayé tous les sujets hier, notamment celui de la taxe carbone

A Bordeaux, Jouanno monte au feu

Chantal Jouanno doit commencer à prendre l’habitude. Il y a peu en Auvergne, la secrétaire d’État à l’Écologie a affronté la fournaise d’un débat passionné sur les éoliennes qui se multiplient sur les crêtes du Massif central. Hier à Bordeaux, la troisième levée de son tour de France du Grenelle de l’environnement a pris un tour orageux à propos du terminal méthanier du Verdon, à l’embouchure de la Gironde. En matière de développement durable, c’est en premier lieu sur les enjeux de proximité que l’intérêt se cristallise. CQFD.

Au moins la thématique ne décourage-t-elle personne. À preuve, la salle de l’Athénée municipal de Bordeaux était comble pour ce débat public « modéré » par Patrick Venries, le directeur de l’information de « Sud Ouest », et Alain Pagès, le rédacteur en chef de France Bleu Gironde.

Flanquée d’Alain Juppé, le maire de Bordeaux, et d’Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine, Chantal Jouanno entendait défendre la démarche du Grenelle de l’environnement, impulsée au printemps 2007 et sanctionnée par une première loi-cadre au début de cet été. « Nous ne sommes pas là pour en dresser le bilan. Nous ne sommes qu’au début de l’étape, il y a beaucoup de choses à construire », a-t-elle entamé.

Et arriva la taxe carbone…

Au milieu de ce « beaucoup de choses », il fallait bien revenir sur la désormais fameuse taxe carbone qui squatte tous les commentaires. Chantal Jouanno s’est engagée prudemment sur ce terrain miné pour donner les trois directions à emprunter : « Taxer moins le travail et plus la pollution, le faire à niveau de prélèvement constant, et redistribuer 100 % du produit de la contribution. On prendra en compte la distinction entre les ruraux et les urbains et celle entre les riches et les pauvres », a indiqué la secrétaire d’État.

La règle du jeu voulant que la salle intervienne, celle-ci l’a largement utilisée. À commencer par Stéphane Lhomme, le porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, qui s’est insurgé contre le fait que l’électricité d’origine nucléaire soit exclue du champ de la contribution climat-énergie. « En hiver, les pointes de consommation obligent à importer du courant d’Allemagne, du courant produit par des centrales thermiques au charbon. Mais on veut protéger le tout chauffage électrique », a-t-il lancé.

Chantal Jouanno ne l’a pas contré sur le constat. Elle a simplement plaidé pour une realpolitik énergétique à la française. « Je n’éprouve aucun amour pour le nucléaire, mais ça fait tourner la machine. Grâce à lui, nous émettons 20 % de gaz à effet de serre de moins que la moyenne européenne », a-t-elle rétorqué.

Bilbao et les OGM

Pour le reste, le débat a balayé à peu près tous les sujets environnementaux d’essence régionale. Alain Rousset a vigoureusement plaidé pour l’essor du rail et « Bordeaux à 1 h 40 de Bilbao », Alain Juppé a ferraillé contre les opposants au terminal méthanier, Chantal Jouanno s’est prononcée contre les vastes fermes solaires sur les espaces naturels et agricoles. On a aussi causé OGM, vison, bâtiment, aéroport. On a bien failli y passer la nuit.

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