L’adaptation au changement climatique coûtera plus cher que prévu

actualites-news-environnement.com, Sandra Besson, le 28 août 2009

L’adaptation au changement climatique coûtera plus cher que prévu 

D’après une nouvelle étude, les mesures d’adaptation au changement climatique coûteront beaucoup plus cher que ce que les Nations Unies l’estimaient jusqu’à présent et les fonds d’aide prévus à cet effet devront donc être considérablement augmentés.

L’adaptation aux effets du changement climatique tels que les inondations et les sécheresses coûtera probablement beaucoup plus d’argent que ce que ne le prévoient les estimations des Nations Unies, d’après les indications d’un rapport publié jeudi dans la perspective d’un sommet majeur de l’ONU en décembre prochain.

Le secrétariat des Nations Unies pour le changement climatique, dirigé par Yvo de Boer, estime que le coût global de l’adaptation au changement climatique sera de 40 à 170 milliards de dollars par an jusqu’à 2030.

Les mesures d’adaptation comprennent par exemple la culture d’espèces alimentaires résistantes aux sécheresses, ou encore la limitation de la propagation des maladies liées au changement climatique.

Si les estimations correspondent à une fourchette si grande c’est à cause du grand degré d’incertitude qui plane sur certains coûts concernant des mesures bien particulières.

Les estimations du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique ont été utilisées lors de plusieurs sommets climatiques de l’ONU cette année dans le cadre de la préparation du sommet de décembre qui aura lieu à Copenhague.

Lors de ce sommet, l’objectif est de conclure un nouvel accord international sur la façon dont le monde peut gérer le problème du changement climatique afin d’en limiter les conséquences négatives et de s’y adapter, d’après les auteurs de l’étude.

 « Si les gouvernements travaillent avec les mauvais chiffres, nous pourrions finir avec un accord biaisé qui échouera à couvrir les coûts de l’adaptation au changement climatique » d’après ce qu’a déclaré Camilla Toulmin, directrice de l’Institut International pour l’environnement et le développement.

L’Institut a co-publié l’étude portant sur les estimations faussées de l’ONU avec l’Institut Grantham pour le Changement Climatique du Collège Impérial de Londres (Imperial College London).

Leur étude indique que le Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique a fait ses estimations trop rapidement « en quelques semaines » d’après l’auteur Martin Parry, et n’avait donc pris en compte certains secteurs que partiellement.

Les auteurs ont mis six mois à mettre à jour les estimations de l’ONU et ont fait examiner leurs chiffres par sept scientifiques spécialisés dans l’adaptation au changement climatique, dont les principaux auteurs de l’étude originale des Nations Unies.

 « En regardant simplement en profondeur les secteurs que le Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique avait étudié, nous estimons que les coûts de l’adaptation seront deux à trois fois plus élevés que leurs estimations, et lorsqu’on inclut aussi les secteurs que le Secrétariat avait écarté, nous pouvons dire que le coût réel sera probablement beaucoup plus important » a déclaré Martin Parry.

 « Les coûts seront de plusieurs centaines de milliards de dollars » a-t-il déclaré dans une conférence de presse, ajoutant qu’il était pour l’instant difficile d’être plus précis et que davantage de recherche devaient être faites.

Les Nations Unies ont omis le coût de l’adaptation et de la protection pour des secteurs tels que l’énergie, le tourisme, les écosystèmes, la production, la distribution et l’activité minière, d’après ce qu’indique le nouveau rapport.

L’essentiel des mesures d’adaptation et les coûts associés seront à la charge des pays en développement, qui seront les plus gravement touchés par les conséquences du changement climatique, d’après Martin Parry.

 « Personne ne l’a estimé mais cela représentera probablement les deux-tiers du total du coût » a-t-il déclaré.

Les nations les plus pauvres devraient pouvoir obtenir une partie de l’argent dont ils auront besoin auprès du Fonds d’Adaptation des Nations Unies mis en place pour les aider dans cette tâche.

Le fonds devrait passer de 80 milliards de dollars en 2009 à environ 300 millions de dollars par an d’ici 2012, une somme ridicule par rapport à ce que les pays en développement, les Nations Unies et d’autres groupes estiment nécessaires.

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