Le Pôle écologique du PS se veut «trait d’union» entre socialistes et écolos

liberation.fr, Laure Equy, le  27 août 2009

Le Pôle écologique du PS se veut «trait d’union» entre socialistes et écolos

Ce petit courant, qui ouvre ce jeudi ses rencontres d’été à Saint-Ciers (Gironde), regrette qu’après les européennes, ses propositions n’aient pas trouvé davantage d’écho auprès de la direction du PS.

Le panachage des invités en dit déjà long. Entre les socialistes Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti, Gérard Collomb, Christian Paul et l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot accompagné des Verts, Daniel Cohn-Bendit, François de Rugy, Denis Beaupin et Yves Contassot. Les membres du Pôle écologique du PS, tiennent leurs premières rencontres d’été, jeudi et vendredi à Saint-Ciers (Gironde), avec le souci de servir de «trait d’union» entre leur parti et le rassemblement initié par Daniel Cohn-Bendit et de faire monter la pression sur la direction du PS, pour l’heure guère attentive à leur «double ligne sociale et écologique».

Créé début 2008, ce petit courant du PS estime avoir gagné en légitimité, boosté par le succès… des listes Europe Ecologie aux européennes. «Dans les règles, on pèse 1,5% [score de la motion du Pôle écologique au congrès de Reims, ndlr] mais si le PS se limite à l’arithmétique, on ne va pas aller très loin. Nos idées sont plus largement partagées dans le parti et hors du parti», invoque son porte-parole, Géraud Guibert.

Ont-ils été, pour autant, courtisés par une direction éventuellement soucieuse de capter les attentes écolos des électeurs comme de rattraper par le col des Verts, tentés par l’autonomie au premier tour des régionales? Certes, le pôle écologique a été invité au séminaire de Marcoussis début juillet, fait valoir Géraud Guibert. Mais le député de Paris, Christophe Caresche, perçoit, lui, «une forme d’immobilisme», reprochant notamment à Martine Aubry son silence sur la taxe carbone. Co-animateur du Pôle, Eric Loiselet va plus loin, jugeant les relations avec Solférino «paradoxalement dégradées. Depuis le 7 juin, nous n’avons pas été consultés sur le fond et la place de l’écologie politique.» Quant à la question climatique en vue du sommet de Copenhague, elle ne figure pas au menu de l’université d’été de La Rochelle. Selon lui, les rencontres de Saint-Ciers, qui aborderont «les réponses de la gauche au défi climatique», «servent à pallier cette carence».

Appareils politiques «desséchés»

Dans ce contexte, la réponse aimable du Pôle à la main tendue de Daniel Cohn-Bendit, en juillet dernier – «message reçu, Dany» – ne sonne-t-elle pas comme une menace de départ ? A en croire Christophe Caresche, il n’est pas question de mettre sa démission dans la balance, comme Arnaud Montebourg, la semaine dernière, sur son dossier des primaires: «On n’a pas envie de quitter le PS mais on ne s’interdit pas de discuter avec d’autres.» Mais Eric Loiselet évoque le tiraillement de certains membre du Pôle, «traversés entre une attirance pour Europe Ecologie sur le fond et la fidélité à leur parti».

Du coup, l’idée d’une double appartenance fait son chemin au sein du courant. «S’il s’agissait de soutenir deux listes aux régionales, ça n’aurait pas de sens. Mais si des gens qui se réclament de gauche et de l’écologie trouvent ainsi le moyen de travailler ensemble au delà de leur appartenance partisane, ça nous intéresse», développe Géraud Guibert. Une option qui collerait à la «double ligne» défendue par le Pôle et répondrait à un autre credo: le dépassement des appareils, «desséchés et contre-productifs», devenus, selon Guibert, «un obstacle à la rénovation de la gauche».

«Le PS se voit en parti dominant»

Le Pôle écologique devrait d’ailleurs plaider pour «passer des rencontres d’été aux rencontres permanentes» à gauche, souligne Loiselet, invité des Journées d’été des Verts à Nîmes. Une nouvelle forme de rassemblement qui ne doit pas retomber dans la «répartition des tâches. Il ne faut pas refaire la gauche plurielle», reprend Guibert, avec «le social aux socialistes, aux Verts l’écologie, un Chevènement à la République et la laïcité pour les radicaux.»

Reste que la perspective des élections de 2010 n’est pas pour réchauffer les relations PS-Verts. Loin de stigmatiser l’éventualité de listes Europe Ecologie ou «Régions Ecologie» autonomes au premier tour, le Pôle écologique pointe «le problème de méthode» de l’équipe d’Aubry: «Les socialistes se voient comme le parti dominant mais les écologistes veulent désormais discuter sur un pied d’égalité», analyse Caresche, écartant le scénario d’un PS qui «bâtit un projet seul dans son coin et va voir ses partenaires pour les faire signer». Eric Loiselet déplore, lui, que le PS envoie «des signaux de consolidation de son pouvoir et exerce une pression sur le thème du vote utile».

De là à imaginer la présence de membres du Pôle sur les listes écologistes aux régionales? Rien n’est exclu. Une expérimentation de la «double appartenance» aux allures toutefois de casus belli avec la direction du PS.

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