L’écologie au quotidien

la-croix.com, Corinne Boyer, le  14 août 2009

L’écologie au quotidien

Pendant deux semaines, « La Croix » vous présente chaque jour un projet écologique original. Aujourd’hui, une mère de famille de Marseille multiplie les petits gestes, « soucieuse des limites de la planète »

Certains la trouvent extrémiste, d’autres sourient ou l’admirent. Françoise de Butler, elle, se définit juste comme « une femme soucieuse des limites de la planète qui la porte ». Et agit en conséquence pour limiter au maximum son empreinte écologique au quotidien. La liste des « petits gestes » qu’effectue cette mère de famille de 42 ans, vivant à Marseille (Bouches-du-Rhône), est impressionnante.

L’achat d’un chauffe-eau solaire, d’abord ; les placards de la cuisine abritent une armée de bocaux de pois cassés, graines de sésame et autres sucre ou farine achetés en vrac. « Chaque mois, je fais le plein dans un magasin bio. L’achat en vrac limite les emballages », explique Françoise de Butler, qui a investi dans une yaourtière et banni les produits surgelés « au coût énergétique de transport énorme », au profit de légumes de saison bio, achetés au stand d’un producteur d’Aubagne.

Au sous-sol, un arrosoir et un seau permettent de récupérer l’eau du bain de ses deux fils Luchino, 6 ans, et Solal, 4 ans, laquelle, versée dans la cuvette des toilettes, remplace la chasse d’eau. « Chaque utilisation emporte 6 à 12 litres d’eau potable. Lorsqu’on prend conscience du coût de son retraitement, on change ses habitudes », explique Françoise de Butler.

Des solutions « à la portée de chacun »

Pour limiter déchets et rejets toxiques dans l’environnement, elle fabrique sa lessive en râpant 150 grammes de savon de Marseille (biodégradable) dans trois litres d’eau bouillante, tout comme son lave-vitre, mélange d’eau, de vinaigre de vin et d’un soupçon de produit vaisselle. La voiture n’est utilisée qu’« en dernier ressort ».

Pour se rendre en vacances en Bretagne cet été, toute la famille a pris le train, y compris leur véhicule dont le trajet Marseille-Paris sur un wagon a coûté 125 euros. « C’est un peu plus cher, mais c’est moins polluant que de traverser la France en voiture », indique Denis Meshaka, le compagnon de Françoise. « Comme un budget, nous gérons de manière pragmatique notre capital environnement. En agissant ainsi, nous préservons une ressource vitale », explique cet ingénieur de 43 ans.

Plus jeune, Françoise de Butler avouait « ne pas faire attention ». « À l’approche de la naissance de mon premier enfant, j’ai commencé à me poser des questions sur l’alimentation, l’origine des produits, etc. », raconte-t-elle. Petit à petit, elle « tire le fil de la pelote » écologique : « J’ai réalisé que je ne pouvais pas rester sans agir en sachant que mon mode de vie mettait en péril la planète sur laquelle mes enfants vont grandir. Les solutions, simples et peu onéreuses, sont à la portée de chacun. Ce n’est pas aussi contraignant qu’il y paraît », explique Françoise de Butler.

« Donner l’exemple » pour convaincre

En remplaçant « l’acheter par le faire », elle apprécie également de s’affranchir d’un mode de consommation « à outrance » où « l’innovation crée des besoins qui n’en sont pas vraiment ». « En consommant moins mais mieux, je me réapproprie les choses en choisissant des produits dont je connais le contenu », affirme cette ancienne juriste que l’écologie a amenée à changer de carrière.

Il y a un an et demi, elle a co-fondé la société coopérative Éco-sapiens qui édite un guide d’achat de produits éthiques sur Internet : « J’ai divisé mon salaire par trois, mais je me sens en accord avec mes convictions. Mon travail a une utilité sociale. » Persuadée que « la seule manière de convaincre est de donner l’exemple », elle milite tous les matins « en roulant à vélo dans un flot de bagnoles ».

Reste qu’à Marseille, où la voiture est reine, le couple se sent « isolé dans (son) combat ». Et cherche, depuis le début de l’année, à s’installer à la campagne. Françoise de Butler, qui vote pour les Verts mais n’a jamais milité, nourrit l’envie de s’engager politiquement « dans une petite ville » où elle pourra « avoir un vrai impact ». En installant, par exemple, des composteurs publics.

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