Le changement climatique s’accélère selon un rapport du WRI

sciences.blog.liberation.fr, NC, le 17 juillet 2009

Le changement climatique s’accélère selon un rapport du WRI

Alors que les experts du GIEC ont entamé le processus d’écriture de leur prochain rapport complet (ARA-5, prévu pour 2014), le World Ressources Institute propose une compilation d’études publiées entre 2006 et 2008 dans des revues scientifiques.

Il en ressort que les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître et que les signes du changement climatique montrent une accentuation rapide. Voici quelques éléments marquant de ce rapport.

Les émissions de gaz carbonique se poursuivent depuis 2000 à un taux quatre fois supérieurs aux décennies précédentes.

Après une stabilisation restée un peu mystérieuse, les taux de méthane atmosphérique ont repris leur croissance.

La température moyenne annuelle en 2008 en fait la 9ème (ou dixième) année la plus chaude depuis 150 ans, malgré des conditions froides dans l’océan Pacifique tropical et un soleil dont l’activité était au plus bas depuis que les observations par satellites ont commencé (1978).

La banquise arctique a montré durant l’été 2008 une diminution de même ampleur que celle survenue en 2007. Une telle diminution de la surface de la banquise estivale n’était pas attendue avant 2030 par les modèles climatiques.

Plusieurs études régionales (Himalaya, Alpes) montrent une accélération de la fonte des glaciers de montagne. La calotte Groenlandaise à perdu Lire la suite

L’eau sera-t-elle le prochain carbone ?

mescoursespourle planete.com, NC, le 24 juillet 2009

L’eau sera-t-elle le prochain carbone ?

On le dit beaucoup, et une étude récente du « Food Ethics Council » (Conseil de l’éthique alimentaire, en anglais) vient renforcer cette hypothèse : l’eau pourrait être le prochain sujet environnemental qui fait mal, après le carbone et le changement climatique.

Et tout comme le carbone n’en finit pas de mettre au défi les produits que nous consommons au quotidien (de bilan carbone en étiquette CO2), l’eau pourrait bien devoir être prise en compte assez vite par les fabricants et les consommateurs soucieux de réduire l’impact de la consommation sur la planète.

Or les quantités d’eau nécessaires pour fabriquer des produits de consommation courante sont tout bonnement astronomiques : il faut par exemple 140 litres d’eau pour produire une tasse de café, 16 000 litres pour produire 1 kilo de viande de bœuf, 3500 à 5700 litres pour 1 kilo de poulet et 1330 litres pour un kilo de pain, d’après Food Ethics Council.

Dans un contexte où l’eau commence à manquer à la surface du globe, ces chiffres prennent une importance toute particulière.

Et le bilan est tout aussi hallucinant : dans les pays occidentaux, nous consommons chaque année 1 m3 d’eau pour boire, 100 m3 pour des travaux domestiques divers… mais 1000 m3 au détour de la nourriture que nous mangeons.

La solution ?

D’abord Lire la suite

Pétrole : le déclin de la production aurait déjà commencé

univers-nature.com, Michel Sage, 30 juillet 2009

Pétrole : le déclin de la production aurait déjà commencé

Depuis des décennies, une des questions récurrentes sur le pétrole est celle de la date du pic de production, plus connue sous le terme anglo-saxon de « peak oil (1)». D’après la dernière publication de l’institut Energy Watch Group (2), présentée lundi dernier, il n’est plus nécessaire de spéculer sur une date future, le pic de production aurait été atteint en 2006.
L’étude se fonde, en grande partie, sur une analyse détaillée de l’estimation des réserves de l’ensemble des pays producteurs de pétrole ainsi que sur l’état de la production des principaux gisements. Au niveau des réserves, les chiffres publiés présentent un grand décalage avec ceux mis en avant par les industriels et par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE): Ainsi, alors qu’ « officiellement » la fourchette des réserves mondiale se situe entre 1 200 et 1 300 milliards de barils, l’EWG conclu sur une valeur de 854 milliards de barils. Cette différence étant essentiellement liée aux réserves des pays de l’OPEP (3), avec une dépréciation de 315 milliards de barils rien que pour la zone du Moyen-Orient. Concernant la situation des gisements, l’EWG met en avant le fait qu’une grande majorité de puits importants ont atteint leur pic de production et que la mise en exploitation de puits plus réduits compense de plus en plus laborieusement leur déficit.

La première conclusion que tire l’EWG, de cette double analyse, est que les 81 millions de barils de pétrole produits en moyenne chaque jour en 2006 constituent le pic historique de la production mondiale. La deuxième conclusion étant que le début de la décroissance est imminent et devrait très vite se traduire par une diminution globale de la production de 3 % par an.

Dans son rapport, l’EWG donne le comparatif entre ses projections de production à moyen terme et celles de l’AIE :

– En 2020 : 58 Millions de barils par jour pour l’EWG et 105 pour l’AIE.

– En 2030 : 39 Millions de barils par jour pour l’EWG et 116 pour l’AIE.

Hasard ou prémisses d’une crise énergétique majeure, le rapport de l’EWG est rendu public alors que le cours du pétrole ne cesse de battre des records. Si cette étude voit juste, la baisse de la production va survenir bien plus tôt que prévue et impacter fortement sur une économie mondiale dont le « moteur » consomme, chaque année, toujours plus d’or noir.
L’EWG termine son rapport par un commentaire très sévère sur l’AIE ; considérant que Lire la suite

Voiture à air comprimé, le bout du tunnel approche !

univers-nature.com, Pascal Farcy, le 29 juillet 2009

Voiture à air comprimé, le bout du tunnel approche !

Si jusqu’alors la voiture à air comprimé faisait office d’arlésienne, elle nous revient aujourd’hui dans une version différente, plus adaptée au marché auquel elle se destine et avec une appellation ‘tendance’ : AIRPod, qui n’est pas sans rappeler la dénomination des célèbres baladeurs MP3 d’Apple (1). A l’inverse des nombreux autres prototypes du fabricant MDI (Motor Development International), l’AIRPod est présenté dans une version d’ores et déjà fort aboutie, dont sept exemplaires vont être testés dès ce mois, par Air France et KLM sur les sites de Paris-Charles de Gaulle et Amsterdam-Schiphol.

Le concept de ce véhicule, initié par Guy Nègre (2), repose sur un moteur mono-énergie à air comprimé, sans aucun rejet polluant à l’utilisation. Alimenté par un réservoir de 200 litres, à une pression de 350 bars, l’AIRPod offre une autonomie variant entre 120 et 200 km selon l’utilisation qui en est faite (charge, vitesse, etc.). Affichant clairement sa vocation urbaine : 2,07 m de long, 1,60 m de large et 1,74 m de haut pour un rayon de braquage record de 1,90 m, la MDI AIRPod se limite à une vitesse maxi comprise entre 45 et 70 km/h selon sa version.
Reposant sur 4 roues, dont 2 jumelées à l’avant en position centrale, elle se présente sous un design étonnant, qui ne laissera personne indifférent. En accédant à l’intérieur, par le hayon situé à l’avant du véhicule, le conducteur trouve en lieu et place du traditionnel volant un simple levier se terminant par un joystick, tandis qu’au plancher les choses sont plus conventionnelles avec deux pédales (frein et accélérateur). Malgré son gabarit très réduit (60 cm de moins qu’une Smart !), son habitabilité est étonnante. En effet, selon la version, plus d’un mètre cube de marchandise ou deux adultes et un enfant peuvent y prendre place en plus du conducteur, le tout pour un poids en charge d’environ 500 kg.

Le plein d’air s’effectue à l’aide d’un compresseur électrique du commerce (entre 3 et 4 heures de charge), mais la mise en place de stations d’air à haute pression promet un remplissage en 3 minutes. Economiquement, le coût d’utilisation oscille entre 0,5 et 1 € d’électricité aux 100 km. Au niveau tarif, la facture d’achat devrait s’élever à environ 6 000 € selon MDI, un montant qui semble nettement plus réaliste que ceux des annonces précédentes.

Selon Guy Nègre, prévu pour une commercialisation en fin d’année 2009, début 2010, ce véhicule devrait essentiellement intéresser les flottes de location de véhicules urbains type Autolib’, et des structures aux besoins spécifiques de déplacement/livraison en milieu urbain ou en recherche d’image ‘propre’ comme des compagnies aériennes, par exemple. Une fois l’homologation obtenue, les premiers exemplaires destinés à la vente seront fabriqués en France à Lire la suite

Les défenseurs du bio rappellent son rôle écologique

lemonde.fr, Rafaële Rivais et Marc Roche (Londres, correspondant), le 4 août 2009

Les défenseurs du bio rappellent son rôle écologique

La publication d’une étude de l’Ecole d’hygiène et de médecine tropicale de Londres, affirmant que le contenu nutritionnel des produits bio ne serait pas supérieur à celui des produits conventionnels provoque un vif émoi au Royaume-Uni, où la mode bio fait fureur, mais aussi en France : en effet, elle passe sous silence l’absence de pesticides que cette alimentation garantit.

La Soil Association, qui représente les producteurs de bio au Royaume-Uni, proteste contre cette étude fondée sur l’analyse des données publiées depuis cinquante ans sur le sujet, et commanditée par la Food Standard Agency (FSA), l’agence gouvernementale des normes alimentaires : « Elle ne tient pas compte de l’impact des pesticides, des herbicides sur l’environnement en général et la pollution des rivières, ainsi que sur le bien-être animal ! », déplore-t-elle.

Elle accuse la FSA d’avoir publié ce travail dans le très respecté American Journal of Clinical Nutrition pour court-circuiter une autre étude européenne sur le sujet, qui doit être rendue publique à la fin de l’année. Selon les conclusions préliminaires du rapporteur européen, Carlo Leifert, professeur d’agriculture écologique à l’université de Newcastle, le bio contient davantage d’antioxydants utiles dans la lutte contre le cancer et les maladies cardiovasculaires.

De surcroît, aux yeux des critiques, la Food Standard Agency, fondée après la crise de la vache folle de 1999-2000, défend les intérêts des organisations paysannes traditionnelles et des gros producteurs, plutôt que ceux des artisans du bio. La FSA a ainsi reçu le soutien de Justin King, directeur général du géant de la distribution britannique Sainsbury pour qui « l’industrie bio n’a pas répondu aux questions que se posent les consommateurs ».

La controverse s’explique par la vogue du naturel, au Royaume-Uni, qui génère deux milliards de livres sterling (2,35 milliards d’euros) de ventes et un chiffre d’affaires qui a doublé au cours des cinq dernières années. Des chaînes, des boutiques spécialisées et des marchés hebdomadaires fleurissent dans toutes les villes. Les supermarchés ont leur espace « organic foods ».

Bien qu’en France seuls 8 % de la population consomment au moins un produit bio par jour, l’étude a aussi soulevé des critiques. « C’est la énième (étude) qui arrive à cette conclusion, du fait qu’elle se limite à l’analyse des nutriments ! », soupire Claude Aubert, ingénieur agronome et consultant en agriculture biologique, auteur de nombreux ouvrages, notamment Une autre assiette.

En 2003 déjà, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) trouvait « peu de différences significatives (…) entre la composition chimique des matières premières » issues de l’agriculture biologique et de l’agriculture conventionnelle. Elle observait certes, Lire la suite

La « police verte » a du mal à faire respecter la loi

lemonde.fr, Gaëlle Dupont, le 4 août 2009

La « police verte » a du mal à faire respecter la loi

Constructions illégales, pollution des eaux, abandon de déchets en pleine nature, forages non déclarés, braconnage, trafic de plantes ou d’animaux protégés, enfouissement ou exportation illicite de substances toxiques, circulation motorisée dans des espaces protégés… Quelque 60 000 infractions à la législation sur la protection de l’environnement sont constatées chaque année en France et environ 4 000 condamnations sont prononcées par les tribunaux.

Combien d’infractions restent impunies ? Sans doute la plus grande part. Il est peu question de renforcement de la police de l’environnement dans le projet de loi « Grenelle 1 », adopté le 23 juillet. Pourtant, les organisations non gouvernementales (ONG) environnementalistes, les avocats spécialisés et les pouvoirs publics eux-mêmes constatent l’existence d’un gouffre entre l’inflation des textes de loi et l’application du droit de l’environnement sur le terrain.

Dès 2005, un rapport de l’inspection générale de l’environnement sonnait l’alarme. Très sévère, il dénonçait un manque d’efficacité de la répression dû au morcellement et au manque de coordination des multiples corps de police concernés, à l’absence de priorités dictées par l’Etat et à la faible activité des tribunaux en la matière. Peu de choses ont changé depuis lors.

La liste des divers agents habilités à constater les infractions est pourtant très longue. Mais, dans les faits, seuls quelques corps spécialisés, dont les effectifs sont limités, s’y consacrent à plein temps : les inspecteurs des installations classées, les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), et ceux de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema).

Les services déconcentrés des ministères de l’agriculture et de l’écologie exercent aussi des missions de police. Soit en moyenne cinquante personnes par département. « On nous demande d’accomplir une mission sans nous en donner les moyens, affirme Nicolas Incarnato, secrétaire général du syndicat national des ingénieurs de l’industrie et des mines (Sniim). Certaines entreprises ne peuvent être contrôlées que tous les dix ans, sans parler de celles soumises à déclaration, que nous visitons seulement sur plainte. »

Ces agents ne peuvent guère compter sur le renfort de la gendarmerie et de la police. Les gendarmes sont certes plus actifs, du fait de leur ancrage territorial, mais les atteintes à l’environnement ne représentent qu’une faible part de leur activité. « Ils ont d’autres chats à fouetter », résume Patrick Lavarde, directeur de l’Onema. En outre, le droit de l’environnement est d’une extrême complexité. « Les conditions concrètes de constatation sont compliquées, ajoute Adrien Debré, avocat de l’association France nature environnement (FNE). Les pollueurs font tout pour ne pas se faire prendre : une entreprise qui veut se débarrasser de ses déchets toxiques dans une rivière agira de nuit, ou en été quand la surveillance se relâche. »

ECODÉLINQUANCE ÉMERGENTE

Le constat effectué en 2005 a poussé les pouvoirs publics à réagir. Les différents agents de l’Etat concernés vont Lire la suite