Purin d’ortie : L’engrais de mémé toujours hors-la-loi

environnement.blogs.libération.fr, Laure Noualhat, le 27 juillet 2009

L’engrais de mémé toujours hors-la-loi

Tout le monde connait le purin d’orties, le formidable engrais dont mémé nous a refilé la recette il y a un siècle. Le purin est au coeur d’un imbroglio administratif comme seule la France sait en faire pousser. En effet, chacun a le droit d’utiliser du purin ou de la fougère repousse-chenille dans son jardin, mais personne n’a le droit de promouvoir ou de vendre ces recettes ancestrales. Depuis des années, l’administration -surtout celle du ministère de l’agriculture- cherche des noises au purin, mais aussi à la prêle, la consoude, la fougère, le margousier, …, bref à toutes les plantes qui font du bien aux plantes.

Remarquez, c’est la faute à la loi, pas à ceux qui l’appliquent. En 2006, quand le projet de loi d’orientation agricole a été discuté à l’Assemblée, certains ont découvert avec effroi qu’un des articles allait empêcher la diffusion de recettes et de savoirs naturels et ancestraux destinés à protéger les plantes par les plantes. La même année, en plein milieu de l’été, des agents de la Direction générale de l’agriculture et de la forêt (Draf) et de la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (Dgccrf) ont perquisitionné chez un paisible horticulteur de l’Ain. Son crime ? Dispenser des stages sur les soins des arbres par les plantes en refilant moult bons tuyaux sur la confection de préparations naturelles. Le procès verbal alors dressé avait provoqué l’ire des jardiniers du dimanche, des amateurs de bio et des professionnels d’une agriculture sans chimie de synthèse. Quoi ? L’engrais de mémé hors-la-loi ?

Gêné aux entournures, le ministère de l’agriculture avait promis de simplifier l’échange et la commercialisation des « préparations naturelles peu préoccupantes », les PNPP. Le décret vient de sortir et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne simplifie rien du tout. Pire même, il bloque tout. Que dit-il? Que les préparations naturelles doivent avoir « fait l’objet d’une procédure d’inscription sur la liste communautaire des substances actives ». En français: qu’il faut claquer 300 000 à 500 000 euros d’études en écotoxicologie pour prouver l’innocuité d’une recette qui a fait ses preuves depuis que l’être humain sait biner.

« Avant le décret, donner ou vendre du purin d’ortie était interdit. Après le décret, ça l’est encore. » explique Vincent Mazière de l’Association pour la promotion des PNPP. A l’Institut technique de l’agriculture biologique, on a essayé de jouer le jeu communautaire et de constituer un dossier pour inscrire la prêle à la fameuse liste de substances actives. Pfiou, presque deux ans de travail et quelque 80 000 euros n’ont pas suffi pour y parvenir. Il se murmure qu’il faut Lire la suite

Tout ce qu’il faut savoir sur la taxe carbone

rue89.com, Sophie Verney-Caillat, le 26 juillet 2009 

Tout ce qu’il faut savoir sur la taxe carbone

Qui paiera ? Quel prix ? Où ira l’argent ? Rue89 décrypte les enjeux de cette future taxe, qui pourrait être appliquée dès janvier 2010.

Peut-être que si on l’appelait par son vrai nom, « contribution climat énergie  », ça passerait mieux. La commission Rocard, chargée d’y réfléchir, n’a pas encore rendu son rapport que les premières déclarations de l’ancien Premier ministre socialiste font déjà vivement réagir… Décryptage.

1. Donner un prix au carbone

Pour décourager l’usage des énergies fossiles, sources principales d’émissions de gaz à effets de serre, l’idée est de les taxer et avant cela de donner un prix au carbone (plus exactement aux émissions de CO2). Et ce afin d’encourager les ménages et les entreprises à adopter d’autres technologies (énergies renouvelables par exemple) ou à faire des économies d’énergie.

Comme le fait remarquer Jacques Le Cacheux, directeur du département des études de l’OFCE, la France est très en retard par rapport aux pays Scandinaves, où des taxes carbone existent depuis des années. De plus, en France toujours, « le prix du carburant relativement au coût de la vie n’est pas plus haut que dans les années 60 » (voir le graphique reproduit sur ce site).

Concrètement, un consensus semble se dégager pour facturer le CO2 à 32 euros la tonne aujourd’hui (certains vont jusqu’à 45), 100 euros en 2030, 150 à 350 en 2050.

Ce qui provoquerait une hausse des prix à la pompe : 8 centimes aujourd’hui, 25 centimes en 2030, 40 à 80 euro en 2050. Et une hausse de la facture de chauffage évaluée entre 60 euros (logement collectif au gaz) et 170 euros par an (maison individuelle au fioul).

2. Du prix du carbone pour quelques uns au prix du carbone pour tous

Le marché du carbone existe déjà pour les plus gros pollueurs, à travers la bourse d’échange d’émissions de CO2, qui concerne 1000 à 1200 sites industriels, qui représentent environ la moitié des émissions françaises et à qui l’Etat a attribué des quotas d’émissions autorisées. C’est pour mettre sous pression l’autre moitié des pollueurs français que le gouvernement souhaite que la taxe soit votée dans le prochain budget et soit applicable au 1er janvier 2010.

3. Quelle forme aura la taxe ?

La taxe carbone augmente le prix des énergies fossiles, pétrole, gaz, charbon (dont la combustion émet des gaz effet de serre), sur la base de ce prix de 32 euros la tonne de CO2. Ce qui représenterait un coût total pour les ménage de 300 euros par an.

Le gouvernement aurait pu choisir de taxer le carbone contenu dans chaque produit de consommation vendu, c’est-à-dire de rendre la « vérité des coûts en carbone », ce qui aurait été plus limpide pour le consommateur. Mais c’était Lire la suite

L’Etat de New York se met aux média sociaux

readwriteweb.com, Fabrice Epelboin, le 17 juillet 2009

L’Etat de New York se met aux média sociaux

Le département des nouvelles technologies de l’Etat de New York a publié une série de directives pour les agences régionales, les incitant à utiliser le web 2.0, les nouveaux média et les outils collaboratifs en ligne. Pour lancer le mouvement, l’Etat a annocé la sortie de son propre site web de démocratie locale destiné à consulter les New Yorkais sur les projets technologiques à mettre en œuvre.

L’idée de la directive “Empire 2.0″ publiée par l’Etat de New York prend forme dans un portail, lieu privilégié d’interaction avec les citoyens, appeléNew York State Tech Talk”. Les visiteurs peuvent y soumettre des idées et voter (pour ou contre) celles des autres, à la façon d’un Digg. Une vision simple mais néanmoins efficace, en terme d’interaction, de la relation au citoyen et de ce que peut être la démocratie participative. De tels systèmes avaient été mis en place lors de la campagne de Barack Obama, notamment sur le site Change.gov.

Mais les promesses du site vont plus loin que ce qu’avait mis en place le président des Etats-Unis – il faut dire que l’eGouvernement local est bien plus facile à mettre en œuvre, et que Michael Bloomberg, électron libre de la politique aux USA, a bien l’intention de surfer sur la vague de l’eDemocratie, avec la ferme intention d’aller aussi loin que possible, plus loin en tout cas que le président des Etats-Unis.

Ainsi, le site incite à déposer ses idées, à brainstormer au sein de la communauté des New Yorkais, à voter pour les meilleures idées ou contre les mauvaises, mais également à suivre leur mise en œuvre concrète. Rien de bien clair sur ce dernier aspect, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il promet une véritable démocratie participative et transparente.

Pour l’instant, il n’y a pas beaucoup de participation sur le site qui a ouvert début juin, et le top des idées qui remontent fait ressortir une nette prévalence d’une tendance ‘geek écolo’ que l’on retrouve un peu partout dans les milieux de l’innovation sur la planète : vrai tendance de fond ou Lire la suite