NPA : Intégrer la question de l’écologie dans le programme socialiste

porcieu-amblagnieu-municipales-2008.over-blog.com, Bruno Bajou, le 25 juillet 2009

NPA : Intégrer la question de l’écologie dans le programme socialiste

La question de l’écologie suscite de nombreux débats parmi tous ceux qui militent pour un projet de transformation révolutionnaire de la société.

S’il semble acquis pour tous que l’ampleur de la crise écologique en fait une question centrale, s’il est clair qu’il n’est plus possible de faire de l’écologie un supplément d’âme d’un programme socialiste… la discussion reste ouverte et nécessaire sur comment intégrer, en opposition à l’écologie moralisatrice des partis institutionnels, la critique écologique dans ce qu’elle à de plus subversif, à notre combat anticapitaliste, à notre perspective socialiste.

Pour certains camarades la nécessité de prendre en compte les conséquences de la crise écologique devrait conduire à une intégration de l’écologie politique au programme socialiste, en rejoignant le courant « écosocialiste ». C’est ce qui a été défendu au congrès de fondation du NPA dans le débat autour du mot même d’écosocialisme.

Le débat ne porte pas sur le fait de savoir s’il faut ou pas intégrer les données de l’écologie à notre critique du capitalisme. Rajouter le préfixe « éco » signifie rejoindre un courant politique, l’écosocialisme, qui a sa propre existence et qui se définit pour reprendre une formulation de Michael Löwy comme « un courant de pensée et d’action écologique qui fait siens les acquis fondamentaux du marxisme – tout en le débarrassant de ses scories productivistes. » 

Cela pose deux problèmes, d’une part le problème de définir ce qu’est réellement l’écologie politique en tant que courant et son apport et, d’autre part, le problème que certains camarades semblent confondre le bilan du socialisme réel, des régimes staliniens, des régimes nationalistes prétendument socialistes avec la critique marxiste du capitalisme.

« Ecosocialisme », actualisation du marxisme ou concession à l’écologie politique radicale ?

L’expression « écologie politique » a toujours été volontairement confuse. Utiliser le nom de ce qui est avant tout une science pour désigner un courant politique a toujours permis aux courants se revendiquant uniquement de l’écologie politique de prétendre se situer au-dessus des clivages politiques traditionnels et de ne pas se situer sur le terrain de la lutte des classes et de la critique du capitalisme. La grande majorité de ces courants et partis, souvent très institutionnels, acceptent globalement le cadre du capitalisme et n’ont d’autres perspectives que de s’en remettre aux bons vouloirs des dirigeants et de leurs administrations. Cela revient au final à s’aligner sur un « capitalisme vert » dont tous les gouvernements se font maintenant les champions.

Le courant écosocialiste est né, en réaction à cette écologie institutionnelle et bien pensante, de la volonté de lier le combat écologique et le combat social, démarche sur laquelle on ne peut que se retrouver. Mais quand ces camarades discutent de réactualiser notre projet d’émancipation en introduisant « à part égale » l’apport des courants écologiques et du celui du marxisme, ils introduisent en réalité beaucoup de confusion politique. Car plus qu’une actualisation du marxisme, cela revient avant tout à faire Lire la suite

Quand M. Allègre invente « l’écologie productive », la planète pleure

lespetitspoissonsrouges.org, Corinne Morel Darleux, le 17 juillet 2009

Quand M. Allègre invente « l’écologie productive », la planète pleure

Dans une tribune publiée ce jour dans Libération, M. Allègre poursuit son entreprise de sape. Avec des positions pour le moins partielles et partiales…

Mal informé, l’ancien Ministre ? Aidons-le un peu.

Quand il mentionne le Club de Rome, le concept de décroissance et la notion de frugalité (pour les taxer d’écologie « dénonciatrice et punitive »), on mesure bien l’étendue de son cadre de référence politique. Le plus loin qu’il daigne aller sur le terrain de la radicalité, c’est Nicolas Hulot et les Verts, ces dangereux extrémistes… Visiblement M. Allègre n’a jamais entendu parler des objecteurs de croissance ni de la sobriété joyeuse… Chiche, on l’abonne à la Décroissance ?

Quand il évoque le nucléaire, c’est pour nous annoncer que la 4e génération multipliera les réserves d’uranium par 100 (il doit vouloir dire le temps d’épuisement des réserves, mais passons) et détruira les déchets à vie longue. Petit décryptage d’utilité publique : sous l’appellation de « 4e génération », c’est en fait le retour en fanfare du projet Superphénix, pourtant fermé en 1997 sous la pression de l’opinion publique (aka nous, les rétrogrades). Et ce, après avoir englouti 10 milliards d’euros ! Un réacteur fonctionnant au sodium, hautement inflammable au contact de l’air et de l’eau, une centrale toujours en cours de démantèlement et à hauts risques… La seule chose certaine dans ce type de projet, c’est sa capacité à engloutir plusieurs milliards d’euros, sans garantie de résultats. Autant d’argent public qui ne sera pas affecté aux nécessaires programmes de maîtrise de l’énergie ou de développement des renouvelables… On l’inscrit à Sortir du Nucléaire ?

Quand il dénonce les méfaits de l’agriculture chimique, on se prend à espérer à un salutaire retour à la réalité. Raté. C’est pour mieux nous livrer sa solution miracle : les plantes génétiquement modifiés (PGM) ! On se pince. Et si on suggérait à Sarkozy, qui voulait en faire son Ministre, de l’inviter lors de son prochain déplacement éclair dans les pays du Sud ? Pourquoi pas en Inde, tiens, où les paysans sont acculés à la ruine par Monsanto, ou en Afrique du Sud où 82 000 hectares de maïs génétiquement modifiés se sont avérés stériles ? Mais fi de la souveraineté alimentaire ! Pour M. Allègre, l’avenir de l’agriculture doit être envisagé à l’aune du droit des agriculteurs (du Nord, sans doute) à « être compétitifs sur un marché désormais international de plus en plus sévère ». Allez, on l’abonne à une AMAP ?

Enfin, la coupe ne saurait être pleine sans cette bonne tarte à la crème de la foi scientiste volant au secours du climat. Kyoto est un fiasco, Copenhague ne sera pas mieux ? Pourquoi pas… Une seule solution : l’innovation ? Pourquoi pas… Mais pas n’importe laquelle, attention, car après quelques considérations floues sur les renouvelables, on sent bien que l’avenir de l’ « écologie dynamique », celle qui crée des emplois et relance la compétitivité, s’appelle pour M. Allègre : capture et stockage du CO2 ou encore voitures électriques (voilà qui assurerait la croissance de l’industrie nucléaire, au moins ce monsieur est cohérent). Dites, on lui offre un vélo ?

Pour Allègre, l’écologie « non productive » signerait l’arrêt du progrès. Lui appelle de ses voeux une « société de liberté, de libre entreprise et de progrès constant », enfin, une « vision Lire la suite