A Washington, défenseurs de l’industrie et ONG s’affrontent sur le plan climat-énergie

lemonde.fr, Gilles van Kote, le 24 juillet 2009

A Washington, défenseurs de l’industrie et ONG s’affrontent sur le plan climat-énergie

Comme la plupart des sujets qui comptent aux Etats-Unis, la politique américaine de l’environnement se joue en grande partie entre K Street et Capitol Hill. Deux points stratégiques sur la carte du pouvoir à Washington. Au sommet de Capitol Hill siègent sénateurs et représentants. A quelques encablures de là, K Street abrite les bureaux de tous ceux qui cherchent à se faire entendre des institutions fédérales : entreprises de lobbying, associations professionnelles, organisations non gouvernementales (ONG), etc.

Bob Bissen et Franz Matzner ne se connaissent pas. Malgré tout, peut-être se sont-ils croisés fortuitement dans les couloirs du Capitole, entre deux réunions avec un membre de l’équipe d’un sénateur ou d’un représentant, ou bien à l’occasion d’un événement organisé sur une thématique liée à l’énergie ou à l’environnement. Tous deux travaillent dans le même bloc d’immeubles, fréquentent probablement les mêmes restaurants. Ils exercent à peu de choses près le même métier, même s’ils ne lui donnent pas le même nom.

Bob Bissen assume sans complexe l’étiquette de lobbyiste. Une profession que ce quinquagénaire avenant exerce depuis seize ans, après avoir notamment travaillé au département de l’énergie pendant le mandat de George Bush père. Autant dire que Washington n’a plus de secret pour lui. Il est aujourd’hui vice-président d’Apco Worldwide, l’une des grandes firmes de relations publiques et de lobbying, et s’occupe particulièrement des intérêts de Dow Corning, le premier producteur mondial d’éléments en silicone, devenu un acteur majeur de l’industrie de l’énergie solaire aux Etats-Unis.

« Il existe des lobbyistes qui pourraient travailler pour n’importe quel client, reconnaît-il. Personnellement, je ne travaillerai jamais pour un client dont je ne partage pas les convictions. Et je crois en l’énergie solaire. »

La mission de Bob Bissen est de défendre les intérêts de Dow Corning auprès de tous ceux qui détiennent un peu de pouvoir à Washington. Il s’est donc battu pour que le plan climat-énergie adopté fin juin par le Congrès mais qui doit encore passer devant le Sénat soit le plus favorable possible à l’industrie de l’énergie solaire, multipliant les entretiens avec les lawmakers (législateurs) ou les membres de leurs équipes.

Fin juin, il a organisé une rencontre entre la direction de Dow Corning et Henry Waxman, l’influent président de la commission de l’énergie et du commerce à la Chambre des représentants, et Carol Browner, la conseillère de Barack Obama pour l’énergie et le changement climatique. Mais ce n’était qu’un coup d’essai : le coup de maître a eu lieu le 2 juillet, quand la présidente de Dow Corning a été reçue à la Maison Blanche par le président Obama, à l’occasion d’une réunion sur les énergies renouvelables.

Franz Matzner, 33 ans, n’a pas encore le même carnet d’adresses. Récemment, il est devenu Lire la suite

Grenelle environnement, le Grenelle 1 adopté à la quasi-unanimité.

actualites-news-environnement.com, Jean-Charles Batenbaum, le 24 juillet 2009

Grenelle environnement, le grenelle 1 adopté à la quasi-unanimité.

Le projet de loi de mise en œuvre du Grenelle environnement, dite Grenelle 1, a été adopté à la quasi-unanimité par le parlement. Jean-Louis Borloo a remercié le Parlement français qui, selon le ministre de l’environnement, « se situe à l’avant-garde de la mutation écologique ».

Après deux lectures dans chaque chambre du Parlement, l’Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi Grenelle 1, par un vote quasi unanime, projet de loi qui transcrit les engagements pris par les acteurs du Grenelle de l’environnement.

Selon le ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo, les chantiers engagés dans le cadre du projet de loi Grenelle 1 permettront de réduire « de 25% la consommation d’énergie fossile de la France d’ici 2020. » Ces chantiers permettront aussi « de maintenir ou de créer plus de 600 000 emplois sur 2009-2020 dans tous les secteurs de la croissance verte. »

A noter que les parlementaires ont introduit des avancées au projet de loi Grenelle 1 comme le renversement de la charge de la preuve au bénéfice des décisions respectueuses de l’environnement, la création d’un carnet de santé individuel pour les salariés, ou l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique français de 20% à 23% à l’horizon 2020.

France Nature Environnement et ses associations membres, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) et la Ligue ROC ainsi que la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme dressent un premier bilan non exhaustif du processus Grenelle environnement.

Lancée au début de l’été 2007, ce processus a commencé par la mise en place de groupes de travail thématiques associant différents acteurs de la société française regroupés dans 5 collèges (Etat, collectivités territoriales, ONG, syndicat, patronat). Ces groupes de travail avaient pour mission de faire émerger des propositions consensuelles pour amorcer la transition écologique de notre pays. Fin octobre 2007, les négociations finales entre les 5 collèges du Grenelle ont abouti à l’adoption de 273 engagements.

La seconde étape du Grenelle environnement, celle de la mise en œuvre des engagements a alors démarré. Elle prend différentes formes : les lois spécifiquement dédiées au Grenelle mais aussi d’autres lois intégrant certaines mesures (cf. OGM, loi de finance et responsabilité environnementale), des textes réglementaires ou des accords volontaires entre acteurs.

La loi Grenelle 1, rendue publique par le gouvernement en avril 2008, a pour objet d’entériner les grands objectifs et les principales mesures adoptées en octobre 2007. C’est une loi de caractère général. Son adoption est loin de marquer la fin du processus : la direction générale est désormais fixée mais la traduction réelle, dans notre quotidien, de la majorité des engagements du Grenelle devra attendre l’adoption d’autres textes législatifs (Grenelle 2 en particulier) et surtout réglementaires déclinant concrètement les grands objectifs.

Ainsi, au-delà de l’analyse du contenu de Grenelle 1, les organisations « tiennent à souligner la lenteur du processus. Il a fallu deux ans pour inscrire dans la loi les grands objectifs et les principaux outils. Certes, de nombreux chantiers ont avancé en parallèle. Ainsi, l’étude sur la Contribution Climat Energie ou le doublement du crédit d’impôt pour les installations en agriculture biologique prévus dans Grenelle 1 ont déjà été réalisés. De même le processus de création de parcs nationaux a débuté. »

De façon générale, les organisations écologistes « tiennent à souligner l’investissement des parlementaires sur la loi Grenelle 1 dont témoigne le fait qu’à chaque lecture le Sénat et l’Assemblée Nationale ont voté de façon quasi unanime. Les débats ont, par ailleurs, révélé une prise de conscience croissante de ces enjeux parmi les parlementaires. Les travaux parlementaires ont enrichi la loi sur certains points, comme le renversement de la charge de la preuve. »

Grenelle 1 et renversement de la charge de la preuve

Dans son discours de restitution des tables rondes d’octobre 2007, le Président de la République avait insisté sur un principe essentiel : le renversement de la charge de la preuve. L’adoption de ce principe pour structurer la prise de décision serait véritablement le signe d’une transformation de notre société.

En effet, il revient aujourd’hui aux autorités publiques ou aux acteurs de la société civile de prouver qu’un projet porte atteinte à l’environnement pour empêcher sa mise en œuvre. Le renversement de la charge de la preuve se manifesterait par le fait que ce serait désormais à l’initiateur d’un projet de démontrer que celui-ci n’a pas Lire la suite

Cantau : Le Centre de ressources technologiques spécialisé dans la construction durable Nobatek dans ses murs

sudouest.com, Philippe Hemmert, le 24 Juillet 2009

Nobatek dans ses murs

ENVIRONNEMENT. Le Centre de ressources technologiques spécialisé dans la construction durable vient d’investir son nouveau siège à proximité de Cantau

Ce devait être un bâtiment exemplaire et d’évidence, il l’est. Le nouveau siège de Nobatek, à l’arrière de Montaury et près de Cantau, est à l’image de la vocation de ce centre de ressources technologiques dédié, à la construction durable.

La quinzaine d’ingénieurs, actuellement opérationnels chez Nobatek, étaient jusque-là hébergés dans une petite bâtisse vétuste, voisine de Bernain. Ils viennent d’emménager dans un immeuble qui rompt avec les habitudes.

D’emblée, la grande verrière qui fait office de paroi sur le côté sud de l’immeuble frappe le regard. Elle est destinée à emmagasiner de la chaleur en saison froide, de manière à limiter les besoins en chauffage du bâtiment.

Se présentant sous la forme d’un cube compact, l’intérieur est un vaste milieu ouvert, très peu cloisonné, de manière, là aussi, à éviter la déperdition d’énergie. Les trois niveaux sont séparés par des dalles de béton volontairement apparent, car le matériau laissé brut conserve de la sorte une forte inertie thermique.

Innover est, on l’aura compris, le maître mot des lieux. On retrouve ce souci dans l’isolation du bâtiment, réalisée de l’extérieur. C’est en effet sur l’enveloppe externe des murs qu’a été posée la laine de verre. Celle-ci est ensuite recouverte d’un bardage en pin des Landes. Cette façade en bois attire d’emblée le regard et confère un aspect résolument moderne à l’ensemble.

« La conception du bâtiment traduit une nouvelle philosophie de vie », se réjouit Caroline Coste, ingénieur en charge du projet de construction de ce nouveau siège social. « Elle ne s’exprime pas au travers des matériaux, qui restent relativement classiques, mais par la recherche de nouveaux procédés et de nouvelles technologies. »

Économe en énergie

Nobatek mène, on le sait, de multiples projets, à l’échelle régionale, dans le domaine de l’aménagement durable. Il coulait donc de source que ses propres locaux soient remarquables en termes de qualité environnementale.

On retrouve cet objectif dans une multitude de parti pris innovants, loin de constituer des coquetteries. Ainsi le mobilier lui-même est-il entièrement réalisé en pin des Landes, tandis que les boiseries des passerelles et les escaliers sont en chêne. Du local et non de l’exotique.

Dans les espaces de travail, Lire la suite

Estuaire de la Gironde : L’état ne veut plus du terminal méthanier

sudouest.com, Jean-Bernard Gilles, le 24 Juillet 2009

LE VERDON. L’État demande au port de Bordeaux de ne pas signer l’avenant à la convention foncière nécessaire à 4Gas. La société annonce des recours contentieux

L’état ne veut plus du terminal méthanier

Coup de théâtre hier en début d’après-midi, à l’ouverture du conseil de surveillance du Grand Port maritime de Bordeaux. Le commissaire du Gouvernement a indiqué que l’État demandait à la directrice générale du Port de ne pas accorder à la société néerlandaise 4Gas la prolongation de la convention qui lui réserve 20 hectares au Verdon pour y construire un terminal méthanier.

La société néerlandaise avait besoin d’un temps supplémentaire pour poursuivre les études de son projet. Celui-ci prévoit la construction sur la pointe du Médoc d’un équipement destiné à faire transiter du gaz naturel liquéfié, importé par bateau vers Bordeaux et le Sud-Ouest de la France.

Cette annonce confirme la position exprimée par courrier le 8 juillet par Dominique Bussereau, le secrétaire d’État aux Transports et Jean-Louis Borloo, le ministre de l’écologie, de l’énergie, du Développement durable et de la Mer.

Ambition environnementale

Ce projet n’est pas conforme aux ambitions environnementales de l’État pour l’estuaire de la Gironde. Telle est la position officielle aujourd’hui. Rappelons que ce terminal proposait une opportunité de diversification des approvisionnements énergétiques pour le Sud-Ouest. Il est peut-être encore trop tôt pour annoncer la fin de ce projet qui représente un investissement de 600 millions d’euros, et qui a semé la colère en Médoc et en Charente-Maritime.

Mais le gouvernement dit qu’il ne veut pas ou plus de terminal au Verdon, alors que les services de l’État étaient venus en justifier la construction lors du débat public. Car il apparaît bien clair que la société 4Gas ne poursuivra pas son projet sans confirmation de la prolongation de la convention. « Comment imaginez-vous que nous poursuivions un projet de cette ampleur sans certitude foncière », réagit à chaud, Enk Jonkman.

Contentieux financier

Le patron français de 4Gas n’était pas informé hier des positions de l’État. Il annonce une série de recours auprès d’instances françaises et européennes de la concurrence. Le contentieux pourrait s’avérer lourd de conséquences financières pour le port car l’état interrompt une procédure contractuelle, avant même qu’elle ne soit instruite officiellement par ses services compétents pour des installations classées Seveso 2.

Hier le conseil de surveillance du Grand Port maritime de Bordeaux a voté par 6 voix contre 3 la poursuite de la convention. Mais son avis n’est que consultatif. Il souhaite que la société néerlandaise Lire la suite