Le vélo couché, véhicule d'(après-)demain

 lemonde.fr, Romain Vaslot, le 21 juillet 2009

Le vélo couché, véhicule d'(après-)demain

Tous les matins, Jérôme Chappellaz va au travail couché. Chercheur au laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement, à Grenoble, il parcourt quotidiennement les 25 km aller-retour qui séparent son domicile de son bureau sur un drôle de vélo couché. A première vue, cet engin n’est encore qu’un objet étrange susceptible d’attiser la curiosité des passants et des automobilistes. Pourtant, le vélo couché semble devoir faire de nouveaux adeptes. Le « vélorizontal », comme on l’appelle également, apparaît comme un bon compromis entre déplacement rapide et protection de l’environnement. « Avec un vélo classique, en appuyant bien sur les pédales, je fais du 28 km/h. Couché, je suis à 38 voire 40 km/h, explique Jérôme Chappellaz. La raison tient à l’aérodynamisme. A partir de 30 km/h environ, 80 % de l’énergie du cycliste sert à déplacer de l’air en vélo droit. Le coefficient de pénétration dans l’air d’un vélo couché est meilleur de 30 % à 40%. »

Selon le chercheur, cette position épargnerait aussi davantage le coeur : « On observe souvent une différence de 10 à 15 pulsations par minute à effort équivalent. » La ville de Detroit, berceau de l’industrie automobile américaine et fief de General Motors, vient d’accueillir une compétition réunissant les meilleurs spécialistes de la discipline. La Française Barbara Buatois y a établi un nouveau record de l’heure féminin en parcourant 82 766 km. Ce qui fait croire à Jérôme Chappellaz qu’avec une assistance électrique, le vélo couché préfigure le véhicule de demain.

Avec à peine 5 000 pratiquants, le vélo couché n’en est qu’à ses débuts en France. Difficile à trouver, il reste onéreux. « Il faut compter entre 1 100 et 1 200 euros pour s’équiper d’un vélo de bonne qualité », assure Philippe Dussart, responsable de Pulsar Cycles à Savigny-sur-Orge (Essonne), seul magasin spécialisé dans le vélo couché en Ile-de-France. Autre handicap de taille : il est peu adapté au déplacement urbain. Au sein d’un trafic dense, l’assise basse réduit la visibilité et le visage se trouve au niveau des pots d’échappement. Il est moins aisé de poser le pied à terre pour marquer un arrêt. Les premiers coups de pédale sont plus lourds et, en montée, il est impossible de se relancer en danseuse. En résumé, mieux vaut pouvoir rouler sur du plat et des pistes cyclables. Il faudra donc encore patienter pour voir des Vélib’ couchés dans Paris. Aux Pays-Bas, peut-être, où le vélo couché se développe comme un vrai mode de transport alternatif.

Pulsar-cycles.com

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