Affichage publicitaire : bientôt la loi de la jungle

liberation.fr, Nicolas Hervé membre du Collectif des déboulonneurs, Charlotte Nenner présidente de Résistance à l’agression publicitaire, Cyril Ronfort coprésident de Paysages de France, le 21 juillet 2009

Affichage publicitaire : bientôt la loi de la jungle

Il y a maintenant un an, dans l’euphorie du Grenelle de l’environnement, le gouvernement s’est aperçu que le paysage avait tout simplement été… oublié. La France est pourtant dans ce domaine la mauvaise élève : entrées de ville défigurées, panneaux sauvages qui enlaidissent les paysages urbains et périurbains, passants dont on monnaye cher le temps de cerveau humain disponible… Il y avait donc urgence à s’attaquer à la réforme de la loi encadrant la publicité extérieure, demandée depuis près de vingt ans par les associations. Datant de 1979, très complexe, honteusement permissive, cette loi est régulièrement et ouvertement bafouée par les professionnels du secteur.

Une session de rattrapage a alors été organisée au sein du Conseil national du paysage (CNP), ressuscité pour l’occasion. Ce matin, la session plénière de ce conseil se réunit. On s’oriente finalement vers le pire scénario : un démantèlement du principal outil permettant d’assurer le respect de la loi.

C’est bien là que se trouve le scandale de cette pseudo-réforme. On peut mettre toutes les meilleures intentions du monde dans une loi, qualifier la publicité extérieure d’«agression permanente», vouloir la «remettre à sa place» et en finir avec «l’effet dévastateur sur le paysage de la prolifération des panneaux publicitaires», il faut s’assurer qu’elle soit respectée. Sans une police de l’affichage efficace et des sanctions réellement dissuasives, tout le reste n’est que du vent.

Dans ce domaine, le pouvoir de police est exercé conjointement par les maires et les préfets. Globalement, pour des raisons qui leur sont propres, ni les uns, ni les autres ne s’attardent sur cette question et la prolifération publicitaire continue. Les maires font face à la complexité de la loi, aux pressions des professionnels et des commerçants. De plus, avec la taxe sur la publicité extérieure qu’ils apportent, certains maires, à la fois juge et partie, sont peu enclins à faire démonter les dispositifs publicitaires. Au niveau des départements, des circulaires sont régulièrement envoyées aux préfets pour leur enjoindre d’allouer des moyens humains suffisant à la police de l’affichage. Circulaires aussitôt oubliées, les effectifs ont ainsi baissé de 25 % entre 2006 et 2007 (derniers chiffres connus). Souvent prompts à déployer des effectifs policiers en nombre pour d’autres questions de société, on ne peut pas dire que cette tendance soit observée sur les questions environnementales. Dans les faits, on constate pourtant que ce sont principalement certaines préfectures, malgré leurs faibles moyens, qui tentent de faire respecter la loi, infligent les amendes et obtiennent des démontages. Elles sont les interlocutrices privilégiées des associations, telle que Paysages de France, qui veillent au respect de la loi.

Le projet actuel consiste à dessaisir les préfets de leurs pouvoirs de police au profit des seuls maires ! Le gouvernement se tire une balle dans le pied en supprimant le seul maillon de la chaîne qui agisse. La logique est pour le moins surprenante : la loi est très mal appliquée ? Faisons en sorte qu’elle le soit encore plus ! Comment peut-on croire que les maires se mettront miraculeusement à agir demain, alors qu’ils Lire la suite

Plans Climat territoriaux : «Répondre à un déploiement massif»

journaldelenvironnement.net, Sonia Pignet, le 22 juillet 2009 

Plans Climat territoriaux : «Répondre à un déploiement massif»

Le projet de loi dit Grenelle I incite les régions, les départements, les communes et groupements de communes de plus de 50.000 habitants à mettre en œuvre un plan Climat territorial (PCT). S’ils relèvent encore aujourd’hui d’une démarche volontaire, le Grenelle II les rendrait obligatoires. Julie Laulhère, experte à l‘Ademe sur le sujet, explique comment préparer leur généralisation.

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Que doit contenir un PCT ?

Un PCT est un projet territorial de développement durable mis en place par une ou plusieurs collectivités ; il vise la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation du territoire aux effets du changement climatique. Il doit mobiliser l’ensemble des partenaires de la collectivité et des acteurs locaux pour atteindre les objectifs de réduction des émissions définis dans le PCT. En lien avec les autres finalités du développement durable, il sert également des objectifs économiques et sociaux tels que le développement de filières locales d’emploi et la lutte contre la précarité énergétique.

La construction du PCT débute par la mise en place d’une organisation interne solide, la réalisation du diagnostic initial (repérer notamment les sources d’émissions de GES les plus importantes sur le territoire), la détermination d’objectifs de réduction et la définition de moyens pour les atteindre ; il s’agit ensuite de construire, en lien avec les acteurs du territoire, un plan d’actions pour le territoire, s’organiser pour le mettre en œuvre et en évaluer les résultats. Comme tout projet de territoire, le PCT doit s’inscrire dans une boucle d’amélioration continue, rythmée par des programmes pluriannuels d’actions opérationnelles, des phases importantes de concertation et des temps d’évaluation.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées par les collectivités ?

La principale difficulté consiste à fixer des objectifs de réduction des émissions à long terme (de nombreux facteurs présentant des incertitudes comme l’évolution des contextes politiques, des progrès technologiques ou des coûts de l’énergie) et à mesurer les effets des actions engagées. Généralement, les collectivités essaient de se caler sur les objectifs nationaux et européens : le facteur 4 et le «3 fois 20» (20% d’énergie renouvelable, 20% de réduction des émissions et 20% d’économies d’énergie). Certaines collectivités développent des méthodes de prospective pour vérifier la tenue de leurs engagements : c’est le cas de la communauté urbaine de Nantes par exemple.

Autres difficultés : le manque de moyens humains et financiers pour les petites collectivités. Les leviers d’actions sont très différents d’une collectivité à une autre en fonction de la disponibilité de ces moyens, mais aussi des compétences associées au statut. Une petite collectivité ou une collectivité plus démunie en terme de compétences aura tout intérêt à s’inscrire dans une dynamique portée Lire la suite

Lot et Garonne : Conservatoire végétal régional de Montesquieu

sudouest.com, Rémy Dodet, le 22 Juillet 2009

MONTESQUIEU. Sous la férule d’Évelyne Leterme, le Conservatoire végétal recense et valorise les espèces fruitières de la région

Fruits défendus à la pelle Pratique

Alors qu’il se promène dans cette verdoyante vallée de la Garonne, soudain, une pomme bien mûre lui frappe violemment la tête… Détrompez-vous, point d’Isaac Newton et de gravitation universelle, cette scène est courante pour les visiteurs parcourant les allées fleuries du Conservatoire végétal régional de Montesquieu.

C’est Évelyne Leterme qui, en 1980, fonda ce dernier sur le domaine de Barolle après avoir constaté que certains arbres fruitiers étaient en voie de disparition : « L’objectif était de rechercher les variétés anciennes plantées dans nos campagnes. » En 1996, c’est encore elle qui dota le lieu d’un verger musée dans l’idée de sensibiliser le public à sa noble cause : protéger et valoriser le patrimoine végétal aquitain. On la soupçonnerait presque, le vin en moins, d’avoir du sang dionysien dans ses veines. Depuis 2006, cinq passionnés l’assistent à plein-temps pendant que les 737 bénévoles de l’association de soutien lui apportent une aide précieuse.

Une diversité spectaculaire

De nombreux vergers annexes du Conservatoire sont éparpillés aux quatre coins de la région, mais seul celui de Montesquieu peut se targuer d’offrir aux papilles des curieux l’ensemble des ressources fruitières régionales. Sur un éventail de 16 espèces, pas moins de 550 variétés fruitières et 140 cépages locaux sont répertoriés dans le verger musée. Les pommiers, pruniers, cerisiers, abricotiers et pêchers voient pousser sur leurs branches des douceurs dont les visiteurs se délectent en toute impunité ! Comme à l’époque des Romains, fruitiers et vignes se côtoient sur les mêmes rangées et nous rapprochent un peu plus des racines de l’agriculture locale.

Le fruit dicte sa loi

À Montesquieu, le fruit dicte sa loi. Et l’injonction de manger cinq fruits et légumes par jour fait sourire. Même les haies ceignant les vergers sont ornées de cerises, noisettes et autres amandes : « Les parasites se concentrent sur les haies et s’attaquent moins aux cultures, ce qui limite nos besoins en insecticides » explique la propriétaire du lieu, fière de promouvoir une « agriculture moderne aux techniques traditionnelles ».

Vendre pour diffuser

L’exploitation n’est financée par les fonds publics qu’à hauteur de 30 %. Elle assume le reste grâce aux visites et par la vente de fruits, de livres et de 30 000 arbres à l’année. Pourtant, la fondatrice n’a cure des considérations mercantiles inhérentes à toute exploitation agricole : « la vente d’arbres constitue le seul moyen de les sortir de l’oubli ». Si les nécessités financières sont évidentes, le Conservatoire vend surtout pour diffuser ses variétés.

La pêche Roussane de Monein illustre à merveille cette volonté Lire la suite

Claude Allègre : L’écologie non productive, c’est quoi ?

liberation.fr, Claude Allègre, ancien ministre, le 17 juillet 2009

L’écologie non productive, c’est quoi ?

Présentant la fondation que je suis entrain de créer avec pour titre Ecologie productive, un journaliste s’est interrogé. Qu’est ce que l’écologie non-productive ? Il m’incombait donc d’éclairer sa lanterne.

L’écologie productive est la démarche qui consiste à résoudre les problèmes écologiques en créant de nouveaux emplois et de nouvelles richesses. C’est ce que l’on appelle parfois la croissance verte, concept que j’ai contribué à définir et à développer depuis vingt ans (dans mes livres Economiser la planète, Fayard, 1990 et Ecologie des villes, écologie des champs, Fayard, 1993). Cette démarche s’oppose radicalement à la vision, hélas très répandue, qui a vu le jour dans les années 1970 avec le fameux rapport du Club de Rome «Halte à la croissance» et qui s’est prolongée plus récemment avec les concepts de décroissance et de frugalité prospective, qui constituent la base du livre de Nicolas Hulot le Pacte écologique aussi bien que le programme des Verts.

A une écologie dénonciatrice et punitive, qui ne voit l’écologie que comme l’annonce de catastrophes, la multiplication de taxes, des interdictions diverses et, l’arrêt du progrès, («le progrès pose problème», écrit Hulot), nous souhaitons substituer une écologie de la création, de l’invention, du dépassement, de la réparation qui débouche sur la croissance économique en même temps que l’établissement d’une certaine harmonie entre l’homme et la nature mais dans laquelle l’homme n’est jamais sacrifié aux exigences écologiques.

Prenons trois exemples pour illustrer cette démarche. L’énergie nucléaire est à l’évidence une source d’énergie essentielle à notre développement futur et l’on ne dénoncera jamais assez les dommages créés à l’Europe par les verts allemands en interdisant à ce pays cette source d’énergie ! Mais peut-on, d’un autre côté, ignorer qu’avec la technologie actuelle nous produisons des déchets potentiellement dangereux et que les réserves d’uranium ne dépassent pas un siècle ? La solution ce n’est pas l’abandon du nucléaire, c’est de développer la technologie dite de «quatrième génération» qui utilisera 97 % de l’uranium multipliant les réserves par 100 et qui détruira les déchets à vie longue rendant cette filière plus sûre.

Second exemple, les pesticides, insecticides et engrais. Il est exact que le développement excessif de la «chimie agricole» a conduit à créer des problèmes de pollution alimentaire pour les humains, les animaux domestiques mais aussi les animaux sauvages. La décroissance des populations d’oiseaux, des rivières trouve sans aucun doute sa source dans la pollution. Faire semblant de l’ignorer n’est pas responsable pas plus qu’accuser les agriculteurs et leur interdire les moyens de continuer a être compétitifs sur un marché désormais international de plus en plus sévère. La solution, c’est de développer les plantes génétiquement modifiées qui permettront d’éviter les pesticides, les insecticides, en partie les engrais et qui permettront de minimiser les besoins en eaux ou les contraintes de salinité. L’avenir de l’agriculture est là !

Troisième exemple, le contrôle du gaz carbonique. Laissons de côté la question des prévisions climatiques car elle sera réglée par les faits d’observations à condition de ne pas les masquer (pourquoi cache-t-on ces jours-ci le fait que la banquise arctique Lire la suite

L’innovation au cœur de la crise… et de la reprise

blogs.lesechos.fr, Philippe Escande, le 20 juillet 2009

L’innovation au cœur de la crise… et de la reprise

Au cœur des grandes crises économiques, se love toujours un couple infernal, celui formé par l’innovation, entendue comme une invention qui trouve son marché, et son double, la consommation. C’est cet extraordinaire mouvement qui traverse les siècles et reste central dans l’explication de nos déboires actuels, que raconte le nouvel et foisonnant ouvrage des économistes Jean-Hervé Lorenzi et Alain Villemeur (1).

Quel rapport entre la crise actuelle et l’innovation ? Côté pile, l’innovation est un peu responsable de nos malheurs. Ce sont les technologies de l’information, grande révolution industrielle de la fin du siècle dernier, qui ont permis la circulation continue des capitaux, l’imagination financière débridée et la connexion en temps réel de toutes les économies de la planète.
Côté face, le choc de l’environnement et des matières premières nous renvoie aujourd’hui en pleine figure l’impréparation de nos sociétés à des mouvements pourtant visibles depuis de nombreuses années. On n’a pas assez innové dans ce domaine. C’est pourquoi, pour les auteurs, le tremblement de terre actuel n’est pas uniquement une crise de la demande et de la finance, comme l’affirment certains, mais aussi une crise de la consommation et de l’innovation. D’un coup, il n’y a plus adéquation entre le consommateur, ses désirs, ses moyens financiers et les produits qu’on lui propose. La norme de consommation est en train de changer.

L’économiste David Flacher distingue 4 normes dans l’histoire récente. La première, la plus rudimentaire, était celle d’avant le XVII siècle, la seconde est apparue au XVIII avec le développement fantastique des indiennes, ces cotonnades venues d’Asie, mais aussi de la porcelaine. On passe de l’inusable au cassable et l’on découvre la mode. La troisième norme est celle du XIX, caractérisée par l’apparition d’un début de classe moyenne avide de produits moins haut de gamme, plus industriels, donc moins chers. La quatrième est la société de consommation de l’après-guerre, enfantée dans la douleur par la crise de 1929. Celle-ci est née d’une inadéquation entre une innovation technologique et industrielle débridée, notamment dans l’automobile, face à l’absence d’une vraie classe moyenne solvable. Les profits des entreprises, insuffisamment redistribués, ont alimenté une spéculation boursière effrénée. Dix ans de récession et une guerre ont été nécessaires pour donner naissance à une grande classe moyenne qui a alimenté la croissance des Trente Glorieuses.
La mondialisation a cassé ce progrès continu, maintenu artificiellement par l’endettement au début des années 2000. Une nouvelle norme émerge donc avec de nouveaux besoins, plus qualitatifs, plus en phase avec les nouvelles préoccupations mondiales, du moins dans les pays développés : l’énergie, l’écologie, la démographie et le vieillissement. Or l’histoire nous enseigne que ces normes de consommation ne naissent pas des innovations mais souvent les précèdent, puis les accompagnent et les attisent, comme le vent sur la braise. La folie des indiennes du XVIII siècle a créé le terreau pour le développement de l’industrie du tissage, point de départ de la première révolution industrielle. C’est donc maintenant que se jouent les vingt prochaines années et qu’il faut mettre en place des structures et des moyens pour favoriser et accélérer l’émergence de cette nouvelle innovation répondant à ces nouveaux besoins. Cela passe à la fois par une stimulation financière forte. On en trouve la trace dans de nombreux plans de relance, en Amérique, au Japon ou en Corée.
Mais cela demande aussi la mise en place de ce qu’Alain Villemeur appelle le « système d’innovation ». C’est-à-dire l’environnement favorable au Lire la suite

Le vélo couché, véhicule d'(après-)demain

 lemonde.fr, Romain Vaslot, le 21 juillet 2009

Le vélo couché, véhicule d'(après-)demain

Tous les matins, Jérôme Chappellaz va au travail couché. Chercheur au laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement, à Grenoble, il parcourt quotidiennement les 25 km aller-retour qui séparent son domicile de son bureau sur un drôle de vélo couché. A première vue, cet engin n’est encore qu’un objet étrange susceptible d’attiser la curiosité des passants et des automobilistes. Pourtant, le vélo couché semble devoir faire de nouveaux adeptes. Le « vélorizontal », comme on l’appelle également, apparaît comme un bon compromis entre déplacement rapide et protection de l’environnement. « Avec un vélo classique, en appuyant bien sur les pédales, je fais du 28 km/h. Couché, je suis à 38 voire 40 km/h, explique Jérôme Chappellaz. La raison tient à l’aérodynamisme. A partir de 30 km/h environ, 80 % de l’énergie du cycliste sert à déplacer de l’air en vélo droit. Le coefficient de pénétration dans l’air d’un vélo couché est meilleur de 30 % à 40%. »

Selon le chercheur, cette position épargnerait aussi davantage le coeur : « On observe souvent une différence de 10 à 15 pulsations par minute à effort équivalent. » La ville de Detroit, berceau de l’industrie automobile américaine et fief de General Motors, vient d’accueillir une compétition réunissant les meilleurs spécialistes de la discipline. La Française Barbara Buatois y a établi un nouveau record de l’heure féminin en parcourant 82 766 km. Ce qui fait croire à Jérôme Chappellaz qu’avec une assistance électrique, le vélo couché préfigure le véhicule de demain.

Avec à peine 5 000 pratiquants, le vélo couché n’en est qu’à ses débuts en France. Difficile à trouver, il reste onéreux. « Il faut compter entre 1 100 et 1 200 euros pour s’équiper d’un vélo de bonne qualité », assure Philippe Dussart, responsable de Pulsar Cycles à Savigny-sur-Orge (Essonne), seul magasin spécialisé dans le vélo couché en Ile-de-France. Autre handicap de taille : il est peu adapté au déplacement urbain. Au sein d’un trafic dense, l’assise basse réduit la visibilité et le visage se trouve au niveau des pots d’échappement. Il est moins aisé de poser le pied à terre pour marquer un arrêt. Les premiers coups de pédale sont plus lourds et, en montée, il est impossible de se relancer en danseuse. En résumé, mieux vaut pouvoir rouler sur du plat et des pistes cyclables. Il faudra donc encore patienter pour voir des Vélib’ couchés dans Paris. Aux Pays-Bas, peut-être, où le vélo couché se développe comme Lire la suite

Entropia n°6 « Crise éthique, éthique de Crise ? »

 entropia-la-revue.org, revue d’étude théorique et politique de la décroissance

Entropia n°6 « Crise éthique, éthique de Crise ? » 

Malgré les caricatures dont elle est l’objet, et face à la crise systémique sans précédent qui sévit partout en tout domaine, l’idée de décroissance a commencé à s’insinuer dans les charnières d’un système sans avenir. Dans un climat de désenchantement général, il se pourrait bien qu’elle puisse introduire un sursaut de conscience collective modifiant tout à la fois les mentalités et les actes, en particulier dans nos relations avec la nature qui sont inséparables de nos rapports avec les autres et avec nous-mêmes.

La voie étroite de la décroissance est une éthique générale. C’est une mobilisation contre l’absurdité, le cynisme et la déréliction dont souffrent la planète et ses habitants. Si elle n’est pas « le remède-miracle » et encore moins un projet normatif et moralisant, elle est bien un engagement qui invite impérativement à ne plus séparer pour dominer, à ne plus morceler pour humilier et qui convie à reconnaître les liens qui unissent fondamentalement la condition humaine localisée à l’espèce entière et à la totalité du vivant.

À ces relations d’« harmonie conflictuelle », l’histoire ne cesse de substituer l’inertie où les choses suivent leur cours, mais aussi les menaces de barbarie dont l’impérialisme de l’économie fait le lit. Comprendre comment nous en sommes arrivés là peut aider à inventer une éthique de la décroissance. Et c’est aussi un appel à retrouver un art de vivre, la joie de la connaissance, la gratuité et la beauté, sans lesquels disparaît le monde commun.

Alors que nous participions à l’assemblée réunie par Entropia, le 29 mars 2008 en un séminaire intitulé « André Gorz, Décroissance, Utopie« , nous vous avions diffusé en quatre documents sonores originaux et en différé, les tribunes de Thierry Paquot, Alain Gras,  Serge Latouche et Edgar Morin :

– Thierry Paquot Lire la suite