Les légumes biologiques du Jardin de Cocagne d’Ambarès

sudouest.com, Dominique Andrieux, le 25 Juin 2009

AMBARÈS, BIOSÈVE. Dévastées par la tempête Klaus, les serres de l’Association d’insertion par le maraîchage sont refaites à neuf grâce à la mobilisation de la Fondation de France

Le miracle de la solidarité

La vision apocalyptique des serres dévastées par la tempête de janvier n’est plus qu’un mauvais souvenir à Biosève (1), cette association d’insertion par le maraîchage qui produit des légumes biologiques. « Nous venons juste de finir la couverture de la dernière serre », confie le sourire aux coins des lèvres Anthony Sanchez, le chef de culture.

Au lendemain du passage de Klaus, le constat était simple. Toutes les structures de protection étaient hors service. Micheline Menezo, la présidente, et ses collègues du conseil d’administration se trouvant alors dans une situation quasi inextricable dans la mesure où l’association n’avait ni les moyens de s’assurer contre le risque tempête ni la trésorerie pour mener la remise en état.

Le messie est arrivé

« La Fondation de France s’est mobilisée pour venir en aide à des associations, des familles s’étant retrouvées en situation délicate après le passage de la tempête », explique Claire Jodet, une des bénévoles de cette association collectant et redistribuant des fonds à des imitatives ou actions comme celles de Biosève. La Fondation de France sauvait la structure ambarésienne et surtout ses 15 salariés en insertion en apportant une aide financière de 5 000 euros.

Cette somme permettait de faire face à la dépense essentielle, l’achat des 1 200 mètres carrés de plastique nécessaires à la couverture des deux serres.

1 200 mètres carrés

On s’en sort plutôt bien, apprécie Micheline Menezo. « Le fait d’avoir mis à l’époque les cultures sous tunnels, a évité aux cultures de prendre du ressort de sorte qu’il n’y a eu aucune incidence sur les commandes des adhérents. » La présidente tient à rendre hommage aux salariés qui ont bravé un hiver plutôt rigoureux, y compris par temps de neige.

Anthony Sanchez mérite aussi un beau coup de chapeau. La remise en état des armatures ne posait de problèmes particuliers à l’équipe des jardiniers à la différence de la pose de l’enveloppe plastique. « Nous avons sollicité le réseau Cocagne, dont Pascal Maingour, mon collègue d’Angoulême qui maîtrise bien le problème pour avoir 5 000 mètres carrés de serre. » Le Charentais est venu à plusieurs reprises aider.

La semaine dernière, les dirigeants étaient tout heureux de montrer que tout était rentré dans l’ordre à Jean-Guy Henckel, le fondateur du réseau Cocagne qui s’est prêté à des entretiens publiés sous le titre « Dans un pays de Cocagne ». Micheline Menezo a expliqué que Biosève était en cours de négociations avec le port autonome de Bordeaux pour qu’il cède 2 hectares de terrain destinés à la culture. Une extension nécessaire au développement de l’association, justifié par la liste d’attente des consommateurs.

« Les crises économiques et écologiques font que cette nouvelle forme de consommation ne peuvent que se développer », constate M. Henckel. « La croissance pouvant être parfois à double tranchant, ce projet d’agrandissement qui implique plus de moyens humains et matériels est une question à bien étudier. »

(1) Biosève : 67, rue André-Lignac, 05 56 77 71 37.

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