CUB : Consultation, concertation, démocratie participative…

sudouest.com, Xavier Sota, le 25 Juin 2009

CUB. Deux chercheuses québécoises interviennent aujourd’hui dans le cadre de la mise en place d’une charte

Une boîte à outils pour la concertation

Consultation, concertation, démocratie participative… Le vocabulaire est pléthorique dès lors qu’il s’agit d’impliquer le citoyen dans l’élaboration et la mise en oeuvre de projets à caractère publics. Quant à la pratique, elle se révèle aussi diverse que les questions abordées.

Une charte dans les cartons

Le conseil de développement de la CUB (lire ci-dessous) planche sur cette question de la concertation depuis le mois de janvier. « À la demande du Président de la CUB, nous travaillons à la mise en place d’une charte de la participation des citoyens à l’action communautaire », relève Fabienne Brugère, professeure de philosophie à Bordeaux 3 et présidente du conseil de développement. En clair, il s’agit de mettre sur pied un cadre et une boîte à outil de la concertation. Une charte, qui une fois, discutée et validée par les élus communautaires pourrait être lancée pour la rentrée de septembre.

En attendant, la réflexion se poursuit. Elle sera étoffée, par deux intervenantes venues de Montréal, spécialistes des questions de la participation citoyenne. Il est vrai que la belle province émarge au rang des pionniers de la chose. Louise Roy est une véritable praticienne de la concertation. Elle exerce en tant que présidente de l’office de consultation publique de Montréal. Ce type de structure apparu au début des années 80 n’a cessé d’évoluer pour arriver au dispositif actuel. « Depuis 2002, 35 000 Montréalais se sont exprimés sur 85 projets. De l’ensemble immobilier, à l’agrandissement d’un hôpital en passant par des questions de transports ou encore l’aménagement des zones en déshérence. »

L’exemple québécois

La mécanique est bien huilée : « Il s’agit de prendre des décisions conjointes, hors des enjeux électoraux. C’est un espace ouvert à tous qui repose sur les principes de transparence, la recherche du bien commun, l’égalité et la capacité réelle d’influer sur les décisions. » Au Québec, les 28 commissaires sont nommés par le Conseil municipal. « Un tiers doit être neutre politiquement », poursuit Louise Roy. Sa structure s’offre même le luxe d’édicter des règles de consultation et de former les élus à la concertation.

La concertation fait figure d’étape obligatoire pour chaque projet d’envergure. Le conseil de développement de la CUB entend s’inspirer de l’exemple canadien. Laurence Bherer, professeure de sciences politiques à Montréal, qui intervient également aujourd’hui, a mené une étude comparative sur l’action consultative à Bordeaux et à Québec. Il en ressort quelques divergences : « Ce qui est frappant en France Lire la suite

Les légumes biologiques du Jardin de Cocagne d’Ambarès

sudouest.com, Dominique Andrieux, le 25 Juin 2009

AMBARÈS, BIOSÈVE. Dévastées par la tempête Klaus, les serres de l’Association d’insertion par le maraîchage sont refaites à neuf grâce à la mobilisation de la Fondation de France

Le miracle de la solidarité

La vision apocalyptique des serres dévastées par la tempête de janvier n’est plus qu’un mauvais souvenir à Biosève (1), cette association d’insertion par le maraîchage qui produit des légumes biologiques. « Nous venons juste de finir la couverture de la dernière serre », confie le sourire aux coins des lèvres Anthony Sanchez, le chef de culture.

Au lendemain du passage de Klaus, le constat était simple. Toutes les structures de protection étaient hors service. Micheline Menezo, la présidente, et ses collègues du conseil d’administration se trouvant alors dans une situation quasi inextricable dans la mesure où l’association n’avait ni les moyens de s’assurer contre le risque tempête ni la trésorerie pour mener la remise en état.

Le messie est arrivé

« La Fondation de France s’est mobilisée pour venir en aide à des associations, des familles s’étant retrouvées en situation délicate après le passage de la tempête », explique Claire Jodet, une des bénévoles de cette association collectant et redistribuant des fonds à des imitatives ou actions comme celles de Biosève. La Fondation de France sauvait la structure ambarésienne et surtout ses 15 salariés en insertion en apportant une aide financière de 5 000 euros.

Cette somme permettait de faire face à la dépense essentielle, l’achat des 1 200 mètres carrés de plastique nécessaires à la couverture des deux serres.

1 200 mètres carrés

On s’en sort plutôt bien, apprécie Micheline Menezo. « Le fait d’avoir mis à l’époque les cultures sous tunnels, a évité aux cultures de prendre du ressort de sorte qu’il n’y a eu aucune incidence sur les commandes des adhérents. » La présidente tient à rendre hommage aux salariés qui ont bravé un hiver plutôt rigoureux, y compris par temps de neige.

Anthony Sanchez mérite aussi un beau coup de chapeau. La remise en état des armatures ne posait de problèmes particuliers à l’équipe des jardiniers à la différence de la pose de l’enveloppe plastique. « Nous avons sollicité le réseau Cocagne, dont Lire la suite

Remaniement : Borloo, toujours plus super ministre

developpementdurablele journal.com, Jacques Cortie, le 25 juin 2009

Remaniement : Borloo, toujours plus super ministre

La nouvelle équipe Fillon, dévoilée hier par le secrétaire général de l’Elysée fait la part belle au ministère de Jean-Louis Borloo qui voit ses prérogatives accrues et son champ d’action élargi. Flanqué de quatre secrétaires d’état, il devient, notamment, le négociateur en chef pour la France dans la perspective du sommet de Copenhague sur le climat en décembre.

L’appellation devra changer. L’on avait à peine commencé à intégrer le sigle Meeddat que l’aménagement du territoire quitte les dossiers du cabinet Borloo et la fin de l’intitulé de son ministère. Le territoire et son aménagement passe sous la coupe d’un nouveau venu, Michel Mercier, dont le portefeuille ministériel concerne aussi l’Espace rural. Hormis ce problème sémantique Jean-Louis Borloo a tout pour être satisfait. Il reste ministre d’Etat et se retrouve aux commandes d’un super ministère dont la dénomination montre l’importance des thèmes qui lui sont confiés : ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat.

Borloo, super promu

Conséquence, avouée ou pas, de la percée écologiste aux dernières élections européennes, Jean-Louis Borloo, que l’on disait lassé de la bataille durable et des enjeux écologiques, se retrouve en fait en porte-drapeau de la volonté gouvernementale d’agir sur le front de la planète. Selon ses premières déclarations cela lui convient et lui redonne même un regain notable d’énergie. Ses nouvelles attributions étant justifiées selon lui par « la course contre la montre du défi écologique ». Preuves du nouveau statut de l’ancien député-maire de Valenciennes les apparitions des intitulés « mer », «  technologies vertes » et « négociations sur le climat  ». Le premier intitulé valide ses efforts avec le Grenelle de la Mer. Les deux suivants des enjeux importants. Les technologies vertes peuvent constituer, pour le Président de la République, la possibilité d’un point de croissance dans un contexte de récession. Il s’agit donc d’un dossier où des résultats seront attendus très vite. Les négociations sur le climat, enfin, sont l’élément qui confortent la nouvelle épaisseur du statut de Borloo dans le panorama. Voilà le ministre d’Etat mandaté pour mener, au nom de la France, des négociations importantes et très suivies par l’opinion publique. Dès août à Bonn, puis en septembre à Bangkok, à Barcelone en novembre et finalement à Copenhague en décembre Jean-Louis Borloo sera l’un des acteurs essentiels du devenir de la planète. D’autant que, hier, Nicolas Sarkozy a affirmé à Rajendra Kumar Pachauri, président du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec), que le « défi » à relever était de parvenir à « un accord mondial » sur ce sujet. Voilà Borloo prévenu.

Une équipe élargie

Pour mener à bien ses multiples tâches, le ministre se voit adjoindre quatre secrétaires d’état. Lire la suite

Que restera-t-il du Grenelle de l’environnement ?

actu-environnement.com, Yves Cochet, le 19 juin 2009

Que restera-t-il du Grenelle de l’environnement ?

Au fil des lectures du projet de loi Grenelle 1 au Parlement, le texte s’est affaibli, empli d’erreurs environnementales graves et d’exceptions en tout genre. Toutes ces concessions accumulées nous promettent des effets destructeurs et fatals à l’esprit initial. Le Grenelle serait-il devenu qu’une caution écologique pour le Gouvernement ? Le Grenelle de l’environnement : tentative pour une obsolescence programmée des écologistes

A la fin de l’année 2007, le processus Grenelle s’apparentait à un bouleversement des consciences : les dirigeants donnaient l’impression de s’être enfin emparés des problématiques que les écologistes portaient depuis trente ans ; les engagements issus des tables rondes étaient ambitieux, exhaustifs, prometteurs ; nos cris d’alarme semblaient entrer en résonance avec l’agenda politique. Une sorte de vague verte et consensuelle était venue submerger les parties prenantes : associatifs, experts, élus, syndicats, presse, ainsi que l’opinion publique.

« Mais tout le monde est écolo maintenant » est une phrase qui revenait souvent lorsque les Verts tractaient durant la campagne des élections municipales en 2008 ; comme si notre discours était désormais absorbé dans tous les programmes partisans, comme si nos propositions n’offraient plus aucune originalité. Nous vivions un paradoxe : nous avions réussi à convaincre et par ce succès même, nous perdions notre raison d’exister à part entière. Derrière la démarche louable du Grenelle, sensée accorder une orientation plus écologiste à la politique gouvernementale, se cachait une stratégie d’appropriation mensongère. Il fallait brouiller les pistes, faire croire que l’on pourrait faire de l’écologie sans les écologistes. En usurpant le discours des Verts, en mettant en scène tambours battants le Grenelle de l’environnement, l’objectif était de remettre en cause le rôle des écologistes dans le débat public et de substituer une action gouvernementale à un militantisme partisan.

Un Grenelle lacunaire : les questions occultées trahissent l’engagement partiel du gouvernement
Trois manques importants sont venus d’emblée ternir le processus du Grenelle : ni le nucléaire, ni les OGM, ni la raréfaction des ressources non renouvelables du sous-sol, ne seraient pris en compte. Jamais. C’était une condition initiale du président de la République. La loi OGM a été votée au printemps 2008. Il n’était plus question d’y revenir. Nous nous retrouvons donc dans cette situation tangente où la clause de sauvegarde est activée, mais où un texte normatif autorise la coexistence entre cultures OGM et non OGM. Question nucléaire, les gouvernements successifs s’obstinent à vouloir maintenir l’exception française : être le pays le plus nucléarisé au monde. Insécurité, risques immenses, raréfaction de l’uranium, coût astronomique, pollutions sur des milliers d’années, problème des déchets, prolifération. Aucun argument Lire la suite

Yves Cochet : Anti-manuel d’écologie

actu-environnement.com, Camille Saïsset, le19 juin 2009

Anti-manuel d’écologie

Dans la série Anti-manuels, les éditions Bréal publient l’Anti-manuel d’écologie d’Yves Cochet. Un ouvrage entre science, philosophie et politique, qui offre au lecteur une fenêtre grande ouverte sur l’écologie politique.

AE : En librairie, on trouve votre ouvrage dans la rubrique d’écologie scientifique, le qualifiez-vous comme tel ?

YC : Non, c’est un livre qui expose toutes les facettes de l’écologie, pas exclusivement la science écologique. Il serait mieux dans la rubrique d’écologie politique, mais elle n’apparaît pas en librairie. Ce courant de pensée existe pourtant depuis longtemps. Quand René Dumont évoquait le changement climatique pendant la campagne présidentielle de 1974, les gens se demandaient de quoi il parlait. Il fait partie de ceux que je considère comme des déclencheurs de mon amour pour l’écologie, de même qu’Ivan Illich, André Gorz et Alexandre Grothendieck. Ce dernier était un mathématicien brillant de l’Institut des Hautes études scientifiques de Bures-sur-Yvette. Il a publié le bulletin écologiste « Survivre et Vivre » avant de décider de se retirer, en 1970.

AE : Au centre de votre réflexion, on perçoit une dimension particulière de la nature.

YC : En effet, dans la pensée occidentale et cartésienne, on a tendance à placer l’homme en surplomb de l’écosphère. Au contraire d’autres civilisations, il existe pour nous une différence et une distance incommensurable entre l’humanité et le reste, entre les activités et préoccupations humaines et la Terre que nous habitons. Or, en méprisant la nature en amont et en aval de l’économie, en l’évacuant de son domaine de pensée exceptée comme source de matières premières ou réceptacle des déchets et des pollutions, l’humanité sape les bases de sa propre vie. La base matérielle de notre richesse est fournie par la prodigalité de la nature, mais les décideurs politiques ne le comprennent pas. J’en fais l’expérience tous les jours à l’Hémicycle. La crise que nous vivons aujourd’hui est une catastrophe écologique née du déni de la nature.

AE : A la fin de votre ouvrage, vous projetez le lecteur à l’horizon 2022, pourquoi ?

YC : Cette année-là marquera le 50ème anniversaire du 1er sommet de la Terre qui s’est déroulé à Stockholm en 1972. Depuis, Lire la suite

Un projet d’écologie sociale dans les zones rurales

bulletins-electroniques.com, Julien Sialelli, le 17 juin 2009

Un projet d’écologie sociale dans les zones rurales

Toutes les structures de gouvernance doivent se mobiliser et définir des alternatives efficaces en réponse aux changements climatiques et énergétiques actuels, ce sont les grands défis environnementaux de la société moderne. Au niveau local, les communes peuvent notamment privilégier les énergies propres au détriment des énergies fossiles. Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » (EE-Regionen: Sozial-Okologie der Selbstversorgung) s’inscrit dans cette volonté et vise à promouvoir et à développer l’utilisation de sources d’énergies propres dans quatre communes test en Allemagne.
Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » est le premier de douze projets de recherche dans le domaine de l’écologie sociale, que le Ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche (BMBF) prévoit de soutenir dans les quatre prochaines années. Avec ce projet, le BMBF souhaite également soutenir de jeunes groupes de scientifiques dans des champs d’étude aussi variés que la biodiversité, les biocarburants, les politiques énergétiques, les initiatives civiles en faveur de la protection de la nature, l’éthique dans les activités commerciales, etc. Le BMBF a mis à disposition des groupes de chercheurs impliqués dans le projet une enveloppe de 22 millions d’euros jusqu’à 2013.

« Avec ces projets, les spécialistes de demain peuvent se qualifier sur une thématique importante pour le futur« , a affirmé, lundi 17 juin 2009, le secrétaire d’Etat au BMBF, Frieder Meyer-Krahmer. Le projet « EE-Régions : écologie sociale de l’autonomie énergétique » doit contribuer à une utilisation effective des potentiels d’économie d’énergie. La conversion aux énergies renouvelables de la part d’un grand nombre de communes constituerait, au niveau national, une avancée considérable dans le domaine de l’approvisionnement en énergie. En formulant de nouvelles approches en termes d’approvisionnement en énergies renouvelables, le projet permettra aux communes de subvenir à leurs propres besoins énergétiques et calorifiques.

L’Université de Fribourg-en-Brisgau, l’Université Hohenheim de Stuttgart et l’Institut d’économie écologique de Berlin participent à ce projet. Les communes choisies pour le projet EE-Régions sont les suivantes : Lüchow-Dannenberg, Schwäbisch Hall, Morbach et Wolpertshausen. Les régions et les communes sélectionnées seront accompagnées et bénéficieront d’un soutien scientifique au cours des quatre années à venir.

Au terme du projet, les connaissances acquises sur les quatre sites test permettront Lire la suite