Un nouveau réseau pour défendre les victimes des pesticides

lemonde.fr, Claire Ané, le 18 juin 2009

Un nouveau réseau pour défendre les victimes des pesticides

Aurèle Clémencin est chargé de mission santé au sein de l’ONG Mouvement pour les droits et le respect des générations futures, affiliée à l’organisation européenne Health and environment alliance (HEAL).

Quel est l’objectif du réseau des victimes des pesticides lancé aujourd’hui ?

Nous voulons rassembler les victimes au niveau national, les conseiller et les soutenir, pour montrer qu’il y a un véritable problème. Le site victimes-pesticides.org, lancé jeudi 18 juin, rassemble notamment les témoignages d’une dame en Isère dont le fils a développé une leucémie après une surexposition aux pesticides, d’un particulier dont le fils a des problèmes de tyroïde, et d’un agriculteur atteint de la maladie de Parkinson après un accident.

Nous souhaitons mettre en place des actions juridiques, en faisant valoir le principe de précaution inscrit dans la législation française. Il faut engager la responsabilité des pollueurs, qu’ils soient agriculteurs ou fabricants de pesticides, et obtenir des pouvoirs publics une restriction de l’usage de ces substances.

Quels sont les dangers de l’exposition aux pesticides ?

Certaines des substances qui les composent sont cancerogènes, tout particulièrement pour les professionnels, ou mutagènes (elles induisent des mutations des gènes, pouvant causer des déséquilibres physiologiques ou des cancers), ou encore toxiques pour la reproduction : on parle alors de substances CMR. Et certains pesticides contiennent des perturbateurs endocrinaux, qui modifient les systèmes hormonaux, pouvant entraîner des problèmes des organes sexuels, et des problèmes neurologiques (maladie de Parkinson, troubles psychomoteurs).

Existe-t-il des lois permettant de diminuer les risques et de condamner les dérives ?

Oui, mais pas assez. Au niveau européen les molécules classées CMR 1 et 2 sont interdites. Mais elles sont peu nombreuses. Nous avons recensé, en croisant les listes d’autres organismes à l’international, tels le Centre international contre le cancer et l’Agence américaine pour l’environnement (EPA), plus de 70 molécules CMR sur les 350 autorisées en France. La classification des perturbateurs endocrinaux n’en est qu’à ses balbutiements, donc ces substances peuvent être commercialisées.

Il est aberrant qu’aujourd’hui, il n’y ait pas de normes fixant un seuil de concentration maximale des pesticides dans l’air. Pour l’eau, ces normes fixent un maximum de Lire la suite

Sauvegarde du climat : c’est maintenant ou jamais

sudouest.com, Jean Sireyjol, président de l’association TACA (1), tribune libre, le 15 Juin 2009

La surprise écologique des élections européennes va-t-elle enfin mettre en marche les partis politiques et les gouvernements pour s’occuper réellement de la sauvegarde du climat ?

Depuis plusieurs années, la réalité du réchauffement climatique a été clairement analysée et expliquée par les experts du Giec (Groupe intergouvernemental d’experts du climat). Leurs dernières mesures communiquées en mars 2009 montrent que nous sommes dans le pire des scénarios avec une accélération du réchauffement qui, par exemple, entraînerait une augmentation du niveau de la mer comprise entre 1 à 2 mètres d’ici à 2100 (contrairement aux 30 à 60 centimètres précédemment prévus).

Sachons lire entre les lignes : cette façon qu’a le Giec d’avoir l’air de repousser les échéances à 100 ans et qui nous rassure tous, n’est pour lui qu’une prudence de scientifique. Disons 15 centimètres tous les dix ans et allons voir sous le pont de pierre à Bordeaux si nous pourrons nous y promener avec le chien en 2050 !

Face à cette menace, il y a pourtant des solutions, mais c’est tout de suite !

Pour éviter que la couverture qui réchauffe notre planète ne s’épaississe toujours plus, il suffit de diviser par 2 nos émissions de gaz à effet de serre avant 2050 au niveau mondial ! Ce n’est pas la mer à boire !

Pourquoi reculons-nous l’échéance alors que nous n’aurons jamais assez de dollars ou d’euros pour réparer les dégâts sur le climat ? C’est maintenant ou jamais !

Les émissions de gaz à effet de serre, et de gaz carbonique en particulier, sont directement liées au mode de vie de chaque être humain. Dis-moi combien de kilomètres tu fais par an en avion et aussi en voiture, combien tu dépenses pour chauffer ton logement et éventuellement tes résidences secondaires, combien de kilos de viande rouge tu ingurgites, quel est ton budget de biens de consommation, et je te dirai combien de carbone tu émets par an (voir site Web Bilan carbone personnel, validé par l’Ademe).

En moyenne par habitant, les pays riches comme la France émettent de 2 à 4 fois plus que la moyenne mondiale, et 10 à 20 fois plus que les pays du tiers-monde.

C’est pourquoi cette réduction d’émissions au niveau mondial concerne tout d’abord les pays riches ; c’est bien ce qu’a déclaré Jean-Louis Borloo en décembre 2008 : « La réduction des émissions de gaz à effet de serre, c’est notre problème et notre responsabilité de pays développé, on n’a pas besoin d’attendre les autres. » Lueur d’espoir, Barack Obama vient de tenir des propos analogues ce 5 juin en Allemagne

Pour nous Français, l’objectif de réduction est Lire la suite

Sud Gironde : La mobilisation anti-LGV s’organise autour des élus

sudouest.com, Barnabé Chaix, le 18 Juin 2009

La mobilisation anti-LGV s’organise autour des élus

LANGON. La plupart des élus dont les communes seraient traversées par la Ligne à grande vitesse sont contre le projet, encouragé par les riverains qui apprécient le nécessaire soutien

Ils s’y étaient engagés la semaine passée, lors de la réunion publique contre la Ligne à grande vitesse (LGV) qui pourrait bientôt traverser le Sud-Gironde : une trentaine de membres du comité anti-LGV, regroupant diverses associations, se sont rassemblés hier à 14 heures devant la sous-préfecture de Langon afin de manifester leur soutien aux élus qui s’opposent aussi au tracé qui prend forme.

Ces derniers étaient réunis à partir de 14 h 30 dans la sous-préfecture dans le cadre d’un comité consultatif d’élus de la bande d’étude afin de se voir exposer les possibilités de mixité de la LGV avec du fret et du trafic régional, mixité demandée par les élus locaux.

« Amadouer les élus »

« On étudie nos requêtes comme pour nous amadouer mais nous n’y croyons pas vraiment », explique le conseiller général de Captieux Jean-Luc Gleyze. Pourtant, Daniel Province, directeur des infrastructures et des transports à la Région, veut croire qu’une desserte interrégionale grâce à la LGV sera possible pour les gares de Mont-de-Marsan, Dax, Bayonne et peut-être Captieux et Agen.

« L’autre problème, explique Jean-Luc Gleyze, c’est la division entre élus et associations lors des consultations, qui nous empêche de porter une parole commune et favorise un report de responsabilité sur les élus. » Si les élus ne veulent pas être tenus à l’écart du projet, ils doivent participer aux consultations et accusent Réseaux ferrés de France (RFF) de se servir de leur présence. Ce qui a valu à Étienne Picher, responsable du pôle RFF de Bordeaux en charge du projet de LGV entre Bordeaux et l’Espagne, d’être interpellé par la conseillère générale de Villandraut, Isabelle Dexpert : « Ne cherchez pas à faire croire que vous avez l’aval des élus locaux simplement parce que nous participons à vos réunions ! »

« Fabrique de consentement»

Autour d’eux, les manifestants acquiescent. « On nous vend, de force, quelque chose de très cher, s’indigne Philippe Barbedienne, directeur régional de la Sepanso, un collectif d’associations de protection de l’environnement. Ce débat public est un contre-exemple de démocratie participative. » « Ce n’est pas de la concertation, commente son voisin, c’est de la fabrique de consentement. »

« Les élus sont mandatés par la nation, répond Daniel Province, ils doivent respecter les décisions de la nation. Ils ne sont pas contents, mais quand une décision est prise, il faut avancer. Ils ont compris que le tracé le plus à l’ouest, qui traverse les Landes, est le plus logique. » « On avait l’impression que tout était verrouillé, Lire la suite

109 nouveaux OGM à l’assaut de l’Europe

bastamag.net, Ivan du Roy, le 4 juin 2009

109 nouveaux OGM à l’assaut de l’Europe

Vous reprendrez bien une assiette de riz « LL62 » de Pioneer ? Ou une portion de patates sautées BASF ? Peut-être une cuillère de maïs « BT11 » de Syngenta, ou de « Mon 810 » de Monsanto ? Vous imaginez la scène… Cette fiction n’est pas si loin de la réalité. Les multinationales biotech n’ont pas renoncé à disséminer leurs OGM en Europe. Plusieurs demandes d’autorisation seront étudiées fin juin par les Etats membres. Les associations écologistes travaillent à des alternatives pour leur barrer la route. Car les conséquences écologiques, économiques et sociales des OGM se révèlent chaque jour plus catastrophiques.

La contre-offensive des OGM en Europe est lancée. Pas moins de 109 plantes transgéniques font l’objet d’une demande d’autorisation à l’importation auprès de la Commission européenne. Plus de la moitié de ces demandes concernent du maïs, comme le « BT11 » de Syngenta ou le « TC 1507 » de Pioneer. On trouve aussi du coton, du colza, du soja, des betteraves sucrières, des tournesols ainsi qu’une pomme de terre de BASF ou un riz, le « LL62 » de Bayer. Ces deux dernières cultures risquent d’être directement destinées à l’alimentation humaine. Autant de noms évocateurs de l’inquiétante mainmise des multinationales de biotechnologies sur l’agriculture qu’Hélène Gassie, de l’association écologiste Les amis de la terre, détaille ici :

Ces multiples demandes d’autorisation montrent que les multinationales de biotechnologies n’ont pas renoncé à s’ouvrir de force le marché européen. Plusieurs de ces demandes (les maïs OGM de Syngenta et de Pioneer) doivent être soumises au vote des ministres de l’Environnement des Etats membres le 25 juin prochain. Une majorité des deux tiers des voix est requise pour décrocher le précieux sésame, indispensable à la commercialisation d’un OGM au sein de l’Union européenne. Le rapport de force est pour l’instant favorable aux anti-OGM. La défiance des « opinions publiques » et la détermination des associations écologistes ont permis de limiter les cultures OGM à 0,2% de la surface agricole européenne.

Lobbying agressif

Du côté des Etats, l’Autriche, la Hongrie, la France, la Grèce et le Luxembourg ont décrété un moratoire suspendant la culture du seul OGM autorisé dans les champs européens, le MON 810 de la tristement célèbre firme Monsanto. Ils ont été rejoints en avril par l’Allemagne. « Si l’Allemagne commence à voter systématiquement contre les OGM, on peut espérer des issues positives », commente Hélène Gassie, des Amis de la terre. Ces six pays, avec le renfort des pays scandinaves traditionnellement hostiles aux cultures transgéniques, sont en mesure de bloquer toute nouvelle demande d’importation. Mais la pression est forte. « Au sein des instances européennes, seule l’action du commissaire à l’environnement Stavros Dimas freine l’industrie biotech. Il ne faut pas le laisser tout seul », s’inquiétait Hélène Gassie lors des états généraux de la biodiversité, organisés près de Toulouse mi-avril. Le commissaire européen grec a publiquement considéré en novembre dernier que les maïs OGM de Syngenta et de Pioneer constituaient, au vu de certaines études scientifiques, un « risque trop élevé pour l’environnement ».

Face à cette résistance, le lobbying industriel de Monsanto et consorts est qualifié de Lire la suite

CUB : L’agenda de 10 000 écoliers s’appelle 21

sudouest.com, Laurie Bosdecher, le 19 Juin 2009

BLANQUEFORT. Jusqu’à ce soir, ils montrent les actions qu’ils réalisent dans leur établissement

L’agenda de 10 000 écoliers s’appelle 21

De la difficulté de communiquer « durable » 500 000

 «Mon père, maintenant, ne laisse plus le robinet ouvert pendant une heure quand il se brosse les dents. Si c’est le cas, je vais le fermer moi-même. » Margault, 9 ans, en CM1 à l’école Saint-Gery à Gradignan, est incollable sur le sujet de l’eau. Et même bavarde. Devant le stand de sa classe dans le parc Fongravey à Blanquefort, elle avertit les petits comme les grands. « Il faut arrêter de gaspiller. L’eau est précieuse. »

Toute la journée d’hier, elle a participé avec sa classe aux Juniors du développement durable. La manifestation aura réuni d’ici ce soir 3 500 enfants de l’agglomération sur le site blanquefortais. Son objectif ? Montrer pendant une semaine les actions concrètes pour le développement durable mises en place dans les écoles. Le programme qui concerne 10 000 enfants, soit un tiers des élèves en maternelle et élémentaire sur l’agglomération, est piloté par la Communauté urbaine.

Trousse et quiz écolos

L’initiative peut surprendre. Ce sont les mairies, et non la collectivité intercommunale, qui gèrent les écoles. Le dispositif est né au début des années 2000. Il s’appelait alors Tram’minots. Alain Juppé, président de la CUB à cette époque, propose aux écoliers de découvrir le chantier du tramway. Outre des visites sur le terrain, des actions sont montées dans quelques classes.

« Les années suivantes, d’autres thèmes se sont ajoutés à l’opération », explique Alexandra Siarri, qui travaille au service écocitoyenneté de la CUB. L’énergie, le recyclage des déchets, l’eau ont ainsi intégré les projets pédagogiques. En 2003, l’Inspection d’académie signe une convention avec la collectivité pour s’associer au dispositif.

« Le développement durable est l’un des objectifs prioritaires de l’Éducation nationale. Il ne s’ajoute pas aux programmes, il est transversal », souligne André Mercier, l’inspecteur d’académie.

La classe de Margault a créé une fontaine à pompe et une expo sur l’eau. Au Taillan, les CM1 et CM2 ont fabriqué un quiz interactif sur l’éco-consommation. Au Bouscat centre, un spectacle sous forme de manifestation appelant à soigner la planète a été préparé. Derrière chaque projet, une ou plusieurs associations ont apporté l’expertise aux enseignants. Une vingtaine gravite aujourd’hui autour de ces actions. « L’idée est que ces projets ne finissent pas au placard à la fin de l’année scolaire. Ils doivent être vivants », relève Stéphanie Baltardive, au service écocitoyenneté de la CUB.

Moins de viande à la cantine

Toujours dans le cadre de cette action, 14 écoles de la Communauté urbaine ont aujourd’hui un Agenda 21. « Mais Lire la suite