Arthus-Bertrand, l’image de marque

lemonde.fr, Michel Guerrin et Nathaniel Herzberg, le 3 juin 2009

Arthus-Bertrand, l’image de marque

Il bouge tout le temps, parle plus qu’il n’écoute, fait de vous un ami en dix minutes. Impossible de lui résister. « J’en sais quelque chose, ça m’a coûté 10 millions », sourit François-Henri Pinault, sponsor du film Home, alors que son groupe PPR (Fnac, Gucci…) vient d’annoncer 1 800 licenciements. « Je vais vite parce que dans dix ans, si on ne fait rien, la planète sera foutue », se justifie Yann Arthus-Bertrand, qui ajoute : « Le Prince Charles a adoré le film ; c’est un mec génial. »

Home est le premier film documentaire du photographe Yann Arthus-Bertrand, 63 ans. C’est aussi un projet inédit. Le film sort le 5 juin au cinéma dans 126 pays – 200 salles en France, souvent en séance unique et gratuite le soir du 5 – sur 65 chaînes de télévision, dont France 2 et 23 chaînes en Afrique ; sur YouTube ; sur écran géant à la tour Eiffel, Central Park à New York, Londres, Mexico, Moscou, Damas ; et partout en DVD.

Home montre, vu d’hélicoptère, que la planète est belle et qu’elle est menacée. On y retrouve – concept, financement, tournage, diffusion – les ingrédients de La Terre vue du ciel, son best-seller de 1999. « Ce livre, j’ai hypothéqué ma maison pour le faire, mais ensuite, il a changé ma vie », reconnaît-il. On le comprend, c’est le livre illustré le plus vendu de l’histoire : 3,5 millions d’exemplaires.

La beauté des images, la précision des textes, le prix attractif, en ont fait un livre historique. Succès amplifié par un système d’expositions inédit. Les musées ne veulent pas de ses « jolis paysages » ? Yann Arthus-Bertrand les expose dans la rue. Sur les grilles du jardin du Luxembourg puis dans 120 sites à travers le monde. L’entrée est gratuite, villes et sponsors paient les frais : 1 million de dollars pour celle prévue à New York. « Yann touche 14 200 euros de droits d’auteur par expo, mais il réduit ou abandonne ses droits quand les pays n’ont pas d’argent », explique Véronique Jaquet, collègue de vingt ans.

Yann Arthus-Bertrand confie qu’il a touché 6 millions d’euros de droits d’auteur avant impôts avec le livre. Il faut ajouter les résultats des petits frères : 365 Jours pour la terre (500 000 exemplaires), La Terre racontée aux enfants (200 000), L’Avenir de la Terre raconté aux enfants (100 000), La France vue du ciel ou L’Algérie vue du ciel (100 000 chacun), les agendas, (plus de 150 000 chaque année), les cartes postales, les puzzles…

« Je suis devenu riche, mais je ne suis pas un homme d’argent, plaide-t-il. Je vis mal qu’on parle de fric. On voit trop mon côté entreprise et on a sûrement fait trop de produits dérivés. Mais le public est là. » Lire la suite

Nicolas Hulot : «Mobilisons les consciences»

hebdo.ch, Philippe Le Bé, le 4 juin 2009

Nicolas Hulot. «Mobilisons les consciences»

Bouleversements. Le responsable de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme estiment que de toutes les crises que nous traversons, celle de la spiritualité est la plus profonde.

«Donner une dimension spirituelle au progrès», ce sera le thème de la visioconférence donnée par Nicolas Hulot lors du colloque international Environnement et spiritualité organisé du 4 au 6 juin 2009 par l’Université de Lausanne (Unil) et parrainé par L’Hebdo (www.unil.ch/ipteh). Le reporter, écologiste et écrivain français était l’un des invités du Forum des 100 en 2007.

Le réchauffement climatique n’est désormais plus contestable. Pourtant, nous hésitons encore à prendre des mesures vraiment efficaces pour y faire face. Comment l’expliquez-vous ?

Contrairement à d’autres civilisations du passé qui, faute d’indicateurs fiables, avaient de la peine à imaginer leur évolution possible, la nôtre dispose de données scientifiques toujours plus précises. Ainsi, les modélisations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous donnent une idée claire de la crise climatique à venir avec les désordres écologiques, géopolitiques et économiques qu’elle va engendrer. Pourtant, en effet, ces alertes ne suffisent pas à nous faire bouger. Si demain un tsunami est annoncé en Méditerranée, nous allons sans doute immédiatement réagir. Mais, pour le plus grand nombre, le dérèglement climatique demeure encore trop abstrait.

Nous n’y croyons pas ?

Le positivisme scientifique élaboré par Auguste Comte il y a 150 ans est toujours très prégnant dans notre conscience collective. Nous pensons généralement que les choses vont toujours finir par s’arranger, que la science et la technologie apporteront les réponses adéquates à tous nos problèmes. Par ailleurs, comme ballottés sur un fleuve en crue, nous avons de la peine à appréhender le précipice qui surgit à l’horizon. Tout va trop vite. Depuis quelques mois, les crises financière, économique, sociale et maintenant sanitaire avec la fièvre porcine, qui s’enchaînent les unes aux autres, ne nous accordent aucun répit. Au lieu d’être prospectifs, nous sommes réactifs.

 De toutes ces crises que nous traversons, quelle est la plus profonde ?

La crise spirituelle. Lire la suite

Attention, attention, c’est la vélorution ! le 6 juin à Bordeaux

Vélorution, Communiqué, le 3 juin 2009

Attention, attention, c’est la vélorution !

Samedi 6 Juin à Pey-Berland

14h30 : décoration de vélos

15h : départ en déambulation festive

Et quand les jambes seront fatiguées : goûter requinquatoire

On compte sur vous pour être là,

Pour faire passer le message autour de vous,

Bref : à samedi !

Contact et plus d’infos : Lire la suite

Art et Eau : Festival Ecocitoyen à Brouqueyran près de Langon les 12 et 13 juin

Réveil Nature, Communiqué, le 2 juin 2009

Art et Eau : Festival Ecocitoyen à Brouqueyran près de Langon

L’association Réveil Nature organise les 12 et 13 juin, un spectacle citoyen sur les bords du lac de Brouqueyran…. en relation directe des assises se déroulant la même journée !

Cette action finalise un projet pilote sur le territoire sud Gironde, à destination de scolaires et de jeunes de Langon et Auros.

L’objectif est de réunir des publics enfants différents autour d’un enjeu environnemental commun, l’eau, pour mener une action artistique à visée d’un plus large public : il s’agit d’un spectacle vivant écrit par des enfants et des jeunes, de l’enregistrement d’un CD commun et de la représentation de leurs créations lors d’un festival écocitoyen.

Tous les artistes du festival reprennent une des chansons écrite par les enfants de l’école de Bieujac.

Gratuit pour les moins de 12 ans, 3€ le vendredi, 5€ le samedi, 7€ le pass pour deux jours

En savoir plus et contact : Lire la suite

Climat : tensions et divergences sur l’après Kyoto

novethic.fr, Anne Farthouat, le 29 mai 2009

Climat : tensions et divergences sur l’après Kyoto

A bientôt six mois de la conférence internationale sur le climat de Copenhague, les perspectives de « l’après-Kyoto » restent encore floues. En cause, l’arrivée tardive des Etats-Unis à la table des négociations et la difficulté de trouver un consensus satisfaisant entre pays développés et pays émergents.

Le deuxième Forum des économies majeures sur l’énergie et le climat (MEF) vient de fermer ses portes, après deux jours de discussions à huis clos entre les 17 pays les plus pollueurs de la planète. Après un premier opus à Washington fin avril 2008, et en attendant le troisième forum de Mexico, prévu pour fin juin 2008, les plus gros émetteurs de gaz à effets de serre (GES) se rendront à la conférence de Bonn début juin pour commencer à élaborer le texte final de Copenhague. Un texte loin d’être acquis, compte-tenu des divergences qui opposent certains états, et de la difficulté d’intégrer les Etats-Unis aux négociations en cours.

La nouvelle donne des Etats-Unis

En matière de lutte contre le changement climatique, l’administration d’Obama tourne définitivement la page de l’ère Bush. Preuve en est, l’adoption, par la Commission de l’Energie et du Commerce de la Chambre des Représentants, du projet de loi American Clean Energy and Security Act, le 21 mai dernier. Si la loi est votée, elle obligera notamment les usines, raffineries et centrales thermiques à réduire leur émissions de GES de 80% à l’horizon 2050, avec un premier objectif de réduction de 17% d’ici 2020. L’année 2005 faisant office de référence.

Et c’est justement sur ce point que les tensions se sont focalisées lors des rencontres du MEF. Les recommandations du GIEC et le protocole de Kyoto prennent en effet comme référence les émissions de GES de 1990. Ramenés à ce référentiel, les engagements américains avoisinent alors les 6% de réduction d’ici 2020. Loin des 25 à 40 % préconisés pour les pays développés, pour permettre de stabiliser le réchauffement à 2° suivant les recommandations du GIEC. Certes, les Etats-Unis amorcent tout juste leur politique de lutte contre le changement climatique, mais si volontariste soit-elle, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Environnement, la jugeait « insuffisante » au micro d’Europe 1, le 26 mai au matin. Propos qu’il étayait plus tard dans la journée en conférence de presse : « nous ne sommes pas dans la dénonciation de l’autre, mais tout le monde doit faire des efforts. L’Europe est prête à s’engager sur une réduction des 30%, mais on ne peut agir seuls. Tous les pays développés doivent s’y mettre. » En réponse, l’envoyé spécial des Etats-Unis sur le changement climatique, Todd Stern, mise sur les engagements de long terme : « vu la situation actuelle de notre pays, notre position est extrêmement ambitieuse. Nous sommes les seuls à mettre en place un processus avec des échéances à 2020, mais aussi 2030 et 2050. »

La solution pourrait bien s’articuler autour d’un partage échelonné et variable des efforts des pays développés. C’est en tout cas ce qu’avance Jean-Louis Borloo. L’idée est en effet de créer des « blocs d’engagements », à l’intérieur desquels les pays qui en ont la capacité immédiate accélèreraient dans un premier temps la réduction de leurs émissions, pour alléger leurs efforts dans un second temps et passer le flambeau, notamment aux Etats-Unis. « Par exemple, la France est objectivement en avance sur les objectifs du Paquet Climat-Energie européen. On pourra le mettre au pot à un moment pour équilibrer la balance. » Encore faut-il avoir la garantie que les suivants rempliront leurs objectifs… Et là encore, la question divise. D’une part parce que les objectifs américains de 17% en 2020 suivis de 80% en 2050 semblent peu réalistes, à moins d’un essor technologique considérable, entre ces deux dates. D’autre part, la garantie de ces objectifs suppose a priori la création d’un système de contrôle juridique international. Or, il est peu probable pour des raisons culturelles, que les Etats-Unis acceptent de se soumettre à une juridiction supranationale.

Le financement de l’aide aux pays en développement toujours à l’étude

De toute évidence, les quatre groupes de travail créés après la conférence de Bali en décembre 2007, sur la vision partagée à adopter, le financement des technologies, l’atténuation du réchauffement climatique et l’adaptation à celui-ci, sont loin de trouver un consensus. Néanmoins, Emmanuel Guérin, membre de l’équipe Climat de l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales) souligne un progrès notoire : « il y a un élément vraiment positif, qui est l’abandon progressif de l’incantation pour aborder les sujets qui fâchent. » Et parmi eux, la question du financement de l’aide aux pays en développement.  A en croire Jean-Louis Borloo, un accord tacite aurait été trouvé entre quasiment tous les participants au MEF pour adopter la proposition mexicaine. Celle-ci consiste en la création d’un « fonds vert mondial », qui serait alimenté par tous (excepté les pays les moins avancés), et réparti en fonction des émissions historiques et actuelles de chacun, pondérées par le PIB. Or, pour Emmanuel Guérin, le débat sur cette question est en réalité « au point mort ». Rien n’est encore discuté au sujet du montant de ce fonds ni des mécanismes pour l’alimenter, et encore moins des moyens de contrôler sa mise en œuvre.

Quant à l’implication des pays émergents dans le processus, elle devient de plus en plus conflictuelle, notamment à cause des revendications chinoises. Chef de file des émergents, la Chine réclame en effet que les pays développés se fixent un objectif de 40% de réduction de leurs émissions nationales d’ici 2020,  et refuse toute collaboration bilatérale avec les Etats-Unis. De son côté, l’Inde refuse catégoriquement la proposition mexicaine, qui l’obligerait à alimenter le fonds vert mondial au même titre que les autres pays en développement.

La feuille de route de Bali prévoyait une phase de négociation de deux ans avant la rédaction d’un texte final fin 2009. Elle semble désormais de plus en plus difficile à tenir.

François Moisan, directeur scientifique de l’ADEME : La vie verte devant soi

liberation.fr, Vahé Ter Minissian, le 2 juin 2009

La vie verte devant soi

Vision. La réduction drastique des émissions de C02 imposera une révolution des comportements, selon le directeur scientifique de l’Ademe.

Diviser par quatre les émissions de CO2 d’ici à 2050, est-ce possible ? Oui, s’il y a une volonté politique, de bons choix technologiques et des changements radicaux de mode de vie, estime François Moisan, directeur scientifique de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Il sera l’invité, demain, du nouveau cycle de conférences organisé par l’Université de tous les savoirs (UTLS), à Paris et Bordeaux, sur le thème «Développement durable : la croissance verte, comment ?» (1).

Un petit rappel sur l’évolution des émissions de CO2 : en quoi sont-elles alarmantes et quels sont les objectifs ?

Malgré la signature du protocole de Kyoto, les émissions mondiales de CO2, le principal gaz à effet de serre, continuent à augmenter. Au cours du dernier siècle, sa concentration dans l’atmosphère est déjà passée de 280 à 365 ppm. Si rien n’est fait pour inverser la tendance actuelle, les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) estiment qu’elle pourrait atteindre les 900 ppm à la fin du siècle. Or, les scientifiques sont formels : pour limiter le réchauffement climatique à 2° C, il faudra qu’à cette date, la teneur en dioxyde de carbone dans l’air ne dépasse pas les 450 ppm. Cela signifie que d’ici à 2050, il faudra diviser par deux les émissions de CO2 dans le monde, et par quatre celles des pays industrialisés. D’ores et déjà, plusieurs Etats européens dont la France s’y sont engagés. Et de son côté, le président Obama a annoncé un objectif de réduction de 80 % des émissions des Etats-Unis d’ici à 2050.

Comment s’y préparer ?

En prenant, d’abord, des engagements politiques à plus court terme. En décembre, l’Union européenne a adopté un paquet «Energie-Climat» qui prévoit une réduction de 20 % des émissions pour les pays membres d’ici à 2020. Si d’autres Etats dans le monde s’y engagent eux aussi, ce chiffre pourrait être porté à 30 % lors d’une conférence internationale qui se tiendra à la fin de l’année à Copenhague. En France, le Grenelle de l’environnement a pris des décisions répondant à cet objectif : diminution significative des émissions et de la consommation d’énergie des véhicules. Et réduction de 40 % de la consommation d’énergie des logements. Ces premières mesures vont nous propulser sur une trajectoire plus vertueuse que celle d’aujourd’hui.

On sera loin du compte…

Il est évident que l’objectif de 2050 est beaucoup plus ambitieux Lire la suite

Paul Aries sur France-Inter – La décroissance : nouvelle mode ou phénomène durable

France-Inter, Isabelle Giordano, Service public, le 3 juin 2009

La décroissance : nouvelle mode ou phénomène durable

Paul Ariès, politologue, auteur de « Apprendre à faire le vide » (éditions Milan) et directeur du Sarkophage, nouveau journal des gauches antiproductivistes (en kiosque depuis le 14 juillet 2007)

Philippe Frémeaux, Directeur des publications d’Alternatives économiques

Eric Allodi, directeur de Integral Vision, conseils en stratégie alternative

Martine Picouet, Journaliste Le Monde pour son article sur le boom des campings à paraître dans l’édition datée du jeudi 4 juin.

Le reportage

Ils s’appellent Christian et Monique. Ils habitent un pavillon à Bondy, en Seine Saint Denis. Depuis les années 70, ils pratiquent une forme de simplicité volontaire, ou une forme de décroissance, ou attention au développement durable… bref, ils font attention, notamment aux matières premières, sans pour autant se revendiquer d’un mouvement particulier, et encore moins militant. La première action qu’ils ont menée, c’est quand ils ont agrandi leur maison, c’est de faire une isolation parfaite. Résultat : ils ont divisé par deux leur consommation de fuel. (et ont la même chaudière depuis les années 70). Je suis donc allé chez eux, voir comment simplement, on peut faire un geste. Thomas Chauvineau Ré-écouter l’émission Lire la suite